La forme cyclique (poussées-rémissions) est caractérisée par des poussées imprévisibles mais clairement définies qui provoquent l’apparition de nouveaux symptômes ou l’aggravation de symptômes existants. Ces « poussées » sont aussi appelées « crises », « attaques » ou « exacerbations ». En règle générale, les poussées se manifestent en quelques heures ou quelques jours. Elles durent au moins 48 heures, mais peuvent s’étaler sur plusieurs mois. Ce type d’évolution est ponctué de rémissions qui peuvent être complètes (Figure 1a) ou partielles (Figure 1b) par rapport à l’état pré-poussée, et persistent de manière évidente pendant un certain temps. Les rémissions peuvent durer des mois, voire des années. Environ 85 pour cent des gens touchés par la SP présentent cette forme de la maladie au moment du diagnostic.
La forme cyclique de SP est parfois divisée en deux groupes :
La SP bénigne dans laquelle les rémissions sont presque complètes, de sorte qu’on n’observe toujours qu’une incapacité légère, sinon aucune, de 15 à 20 ans après le diagnostic. Dans la plupart des cas de SP bénigne, les symptômes affectent surtout la vue et le toucher. La proportion des gens considérés comme ayant cette forme de la maladie diminue avec le temps. En effet, des études récentes donnent à penser que le taux d’incidence réel de la forme bénigne de SP est peut-être plus faible qu’on ne l’a d’abord cru, si la fonction cognitive est évaluée. Vu qu’on ne sait pas d’emblée que la SP sera bénigne, il importe de considérer le recours aux médicaments modificateurs de l'évolution de la SP, dans tous les cas.
Le syndrome clinique isolé (SCI) fait référence à un épisode unique de symptômes neurologiques. On peut alors parler de « SP probable ». L’IRM ou l’étude des potentiels évoqués ou les deux permettent souvent au médecin de découvrir la preuve d’une deuxième poussée, répondant ainsi à la définition de la SP cyclique. Au stade précoce de la sclérose en plaques, il peut être nécessaire de suivre le patient et de répéter les examens au bout de quelques mois afin de surveiller l’apparition d’une deuxième poussée qui mènerait à un diagnostic de SP.
La forme progressive primaire de SP se caractérise par une lente accumulation d’incapacités, sans rémissions (Figure 2a). Elle peut se stabiliser pendant un certain temps et même donner lieu à une légère amélioration passagère de l’état de la personne (Figure 2b). Mais généralement, elle ne comporte pas de rémission. Environ 10 pour cent des personnes touchées par la SP présentent une forme progressive primaire de la maladie. Il s’agit de la seule forme de SP qui touche les hommes et les femmes dans une même proportion. Elle est habituellement diagnostiquée chez les personnes de plus de 40 ans.
La forme progressive secondaire de SP apparaît à la suite de la phase cyclique. Avec le temps, les poussées et les rémissions se font moins évidentes et la maladie s’aggrave progressivement (Figure 3a). Des poussées occasionnelles, de légères améliorations et même des périodes de stabilité peuvent survenir, mais dans l’ensemble, on assiste à l’accumulation des incapacités (Figure 3b). À peu près 50 pour cent des personnes présentant une forme cyclique (poussées-rémissions) de SP voient leur état évoluer vers une forme progressive secondaire, dans les dix années suivant le diagnostic. On ne dispose pas encore de données à long terme fiables sur l’impact des immunomodulateurs et l’évolution de la maladie vers une forme progressive secondaire.
La forme progressive récurrente de SP est la forme la plus rare de SP. En effet, elle ne se manifeste que chez environ 5 pour cent des personnes atteintes de cette maladie. Caractérisée par une aggravation continue dès le départ, son évolution comporte également des poussées bien définies, suivies (Figure 4a) ou non de rémissions (Figure 4b). Ces rémissions ne sont pas identiques à celles de la forme cyclique. Quelquefois, les personnes atteintes d’une forme progressive récurrente de SP reçoivent un diagnostic de SP progressive primaire, puis, à la suite d’une poussée aiguë, le diagnostic exact est posé.