Des chercheurs d'Edmonton expérimentent un traitement pour la sclérose en plaques
Communication médicale
Réviséé le 19 Mars 2004
(Publiée Initialement le 4 Mai 2001)
Résumé
Deux chercheurs, Kenneth Warren, M.D., et Ingrid Catz, M. Sc., de l’Université de l’Alberta, ont mis au point un traitement qui pourrait être efficace dans la forme progressive de sclérose en plaques, selon des informations obtenues de la compagnie qui commanditera l’essai clinique du médicament en question. Il s’agit d’un segment synthétique de la protéine basique de la myéline, appelé MBP8298. Cette protéine est l’un des principaux constituants de la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses du système nerveux central. Les résultats d’une vaste étude contrôlée (phase II) menée auprès de 32 personnes atteintes de la forme progressive primaire ou progressive sedondaire de SP ont révélé un ralentissement de l’évolution de la maladie dans le groupe traité. Une vaste étude contrôlée (phase III) pourrait débuter en 2004. La Société canadienne de la sclérose en plaques se réjouit du lancement de cette 3e phase qui nous permettra d’être fix és sur l’efficacité du MBP8298.
Détails
Kenneth Warren, M.D., directeur de la Clinique de SP d’Edmonton, et Ingrid Catz, M.Sc., chercheuse à l’Université de l’Alberta, ont mis au point un segment synthétique de la protéine basique de la myéline (PBM), appelé MBP8298. Selon des informations obtenues de EPS Capital Corp, compagnie établie à Edmonton, ce produit arrêterait l’évolution de la SP chez les personnes atteintes d’une forme progressive de cette maladie, en favorisant une diminution du nombre d’anticorps à la PBM dans le liquide céphalo-rachidien. Les chercheurs avaient déjà constaté que le nombre d’anticorps à la protéine basique de la myéline était plus élevé chez les personnes ayant cette forme de SP. Le calcul est effectué à partir d’un échantillon de liquide céphalo-rachidien obtenu par ponction lombaire. Avant l’utilisation à grande échelle de l’Imagerie par résonance magnétique, le diagnostic de SP était confirmé par la présence d’un nombre élevé de ces anticorps dans le liquide céphalo-rachidien.
Ces chercheurs travaillent à la mise au point du MBP8298 depuis plus de 20 ans. Ils ont administré ce produit à environ 100 personnes au cours des dix dernières années, soit durant les deux premières phases de leur essai clinique. En se basant sur le nombre d’anticorps présents dans le liquide céphalo-rachidien, on peut dire que la maladie a cessé d’évoluer chez 61 pour 100 des 41 participants à l’étude, atteints d’une forme progressive de SP. Les chercheurs n’ont relevé aucun effet secondaire jusqu’ici chez les personnes traitées avec le MBP8298. Ce médicament est administré par voie intraveineuse (dans une veine) à tous les quelques mois.Dans la 2e phase de l’étude s’étalant sur quatre ans, menée auprès de 32 participants atteints de la forme progressive primaire ou progressive secondaire
de SP, seize personnes ont reçu 500 mg de MBP8298 par voie intraveineuse tous les six mois, pendant deux ans, et les 16 autres ont reçu un traitement fictif. Par la suite, les deux groupes ont reçu le traitement par MBP8298. Le premier paramètre étudié était la progression de la maladie selon l’échelle élaborée des incapacités de Kurtzke (ÉÉIK). Cinq participants sur 16 dans le groupe traité ont vu leur état s’aggraver, comparativement à neuf personnes sur 16 dans le groupe témoin. Cependant, ces résultats ne sont pas concluants sur le plan statistique en raison du nombre restreint de cas étudiés. En ce qui concerne les deux autres paramètres étudiés (marcher 22 mètres dans un temps donné), les participants du groupe traité ont obtenu de meilleurs résultats que le groupe témoin. Cependant la différence ne s’est pas avérée significative sur le plan statistique.Une vaste étude contrôlée, à double insu, (phase III) pourrait être menée en 2004. De plus amples renseignements vous seront transmis, dès leur réception. « La Société canadienne de la sclérose en plaques est heureuse des nouvelles obtenues sur le MBP8298 et attend avec impatience la mise sur pied de la phase III qui devrait nous éclairer davantage sur les effets de ce produit », a commenté Dr William J. McIlroy, conseiller médical national.
Étapes des essais cliniques
La sclérose en plaques est une maladie tout à fait imprévisible, caractérisée par des poussées et des rémissions spontanées, surtout à ses premiers stades. C’est pourquoi il est alors très difficile de dire si une rémission est attribuable au traitement ou à l’évolution naturelle de la maladie. Pour résoudre ce problème, les essais de traitements pour la SP et d’autres maladies sont rigoureusement contrôlés. Vous trouverez ci-dessous les protocoles de recherche habituellement suivis.
Essai contrôlé – Étude comparant les résultats observés chez deux groupes de patients choisis au hasard : un groupe reçoit la substance active, tandis que l’autre reçoit un placebo. Elle est généralement à double insu, c’est-à-dire que ni le médecin examinateur ni les patients ne savent qui prend la substance active et qui prend le placebo.
Essai de phase I – Courte étude non contrôlée sur un traitement expérimental, menée auprès de quelques personnes (malades ou non). But principal : évaluer la sûreté du médicament.
Essai de phase II – Étude contrôlée d’innocuité, menée auprès d’un petit groupe de personnes, recueillant des données préliminaires sur l’efficacité du traitement.
Essai de phase III – Étude contrôlée menée auprès d’un grand nombre de sujets, souvent dans plusieurs centres de recherche, durant plusieurs mois. Des données sur la sûreté du médicament, son efficacité et ses effets secondaires sont alors colligées. Celles-ci doivent d’ailleurs accompagner toute demande d’homologation d’un médicament, soumise à Santé Canada.
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