Une étude canadienne démontre
que les cas de SP
augmentent chez les femmes
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Communication médicale 31 octobre 2006
RÉSUMÉ
Des chercheurs ont découvert, grâce à une
base de données pancanadienne, que les cas de sclérose
en plaques chez les femmes ont presque triplé depuis les
60 dernières années et que le ratio de femmes à hommes
dépasse maintenant trois femmes pour chaque homme atteint
(3,5:1). L’étude est publiée dans l’édition
de novembre 2006 de Lancet Neurology. Plusieurs débats
ont récemment été soulevés afin de
savoir si on observait une réelle augmentation des cas
de SP : la plupart des observateurs l’attribuent plutôt à une
meilleure sensibilisation et éducation vis-à-vis
la maladie, un plus grand nombre de neurologues et de remnographes
(pour effectuer les examens par IRM) ou encore une combinaison
de tous ces facteurs. L’accroissement du ratio femmes :
hommes au Canada est précurseur de changements dans les
probabilités de diagnostic. Ces résultats devraient
donc régler cette question. Les données longitudinales
soutiennent aussi les rapports produits au cours du XXe siècle
dans lesquels il est démontré que le ratio a déjà été de
un pour un. Ce changement rapide et sur une courte période
est probablement environnemental, mais aussi en lien avec une
interaction probable des gènes. Les gouvernements et les économistes
des soins de santé doivent donc tenir compte de cette
nouvelle information lorsqu’ils auront à prévoir
les dépenses, tant courantes que futures, liées à la
gestion des soins thérapeutiques et à la recherche.
L’étude a été subventionnée
par la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP, un
organisme affilié à la Société canadienne
de la sclérose en plaques.
DÉTAILS
Les chercheurs principaux Georges Ebers, M.D. (Université d’Oxford)
et A. Dessa Sadovnick, Ph.D. (Université de Colombie-Britannique)
ont publié dans l’édition de novembre 2006
de Lancet Neurology que les cas de SP chez les femmes
ont augmenté depuis
les 60 dernières années. Grâce à une
base de données pancanadienne de plus de 27 000 personnes
atteintes de SP, ces derniers ont découvert que le ratio
femmes : hommes dépassait maintenant 3,5 femmes pour chaque
homme atteint (3,5:1). Ce rapport était de un pour un
dans les premières décennies du XXe siècle.
Les chercheurs ont utilisé la base de données
développée par l’Étude coopérative
canadienne sur la susceptibilité génétique à la
SP (Canadian Collaborative Project on Genetic Susceptibility
to MS) qui est subventionnée par la Fondation pour la
recherche scientifique sur la SP depuis le début des années
1990. La Fondation est affiliée à la Société canadienne
de la sclérose en plaques. L’Étude coopérative
canadienne a recueillie des informations détaillées
sur les données démographiques, les antécédents
familiaux et les aspects cliniques de la SP chez des personnes
atteintes de la maladie et fréquentant les cliniques SP
canadiennes participantes.
Pour cette étude, les chercheurs ont identifié 27
074 personnes atteintes de SP, nées entre 1931 et 1980.
De ce nombre, 19 417 étaient des femmes et 7 657 des hommes.
Les participants étaient regroupés par tranches
d’âge de cinq ans afin de calculer le ratio femmes
: hommes et la variation de l’incidence. La comparaison
des rapports a démontré une augmentation significative,
progressive et graduelle de la proportion de canadiennes atteintes
de SP comparativement aux hommes et ce, depuis au moins les 60
dernières années. Aucun indice ne permettait de
démontrer que la proportion d’hommes avait changé depuis.
La durée observée du changement permet d’éliminer
les variables confusionnelles comme le diagnostic précoce
chez les femmes, et son arrivée précède
les examens par IRM et la sensibilisation du public face à la
SP.
Les Drs Ebers, Sadovnick et leurs collègues ont fait
remarquer que les facteurs ayant causé une augmentation
du nombre de cas chez les femmes étaient purement empiriques
pour le moment. Ils suggèrent, étant donné la
courte période durant laquelle l’augmentation s’est
produite, que ceux-ci sont probablement environnementaux, peut-être
le résultat d’une interaction entre gènes
et environnement. L’accroissement du nombre de cas s’est
produit avant l’arrivée de la pilule contraceptive,
mais la cigarette et le tabagisme ne peuvent être exclus
aussi facilement. D’autres aspects du mode de vie mentionnés
incluaient le nombre plus élevé de femmes sur le
marché du travail et les nouveaux rôles et responsabilités
qui leur ont ainsi été attribuées, les périodes
passées à l’extérieur, les facteurs
alimentaires et les changements dans l’âge de procréation.
Les chercheurs suspectent un lien entre le fort effet maternel
découvert précédemment par l’étude
(Ebers et al. Lancet 2004). Dans cette étude, qui portait
sur les demi-fratries toutes deux atteintes de SP et avec un
seul parent commun, la mère était plus susceptible
d’être le parent commun.
Les chercheurs ont noté que ces résultats pourraient
donner plus de détails sur les causes probables de la
maladie et avoir des répercussions dans les stratégies
de soins de santé pour la gestion et le traitement de
la SP, ainsi que sur le centre de leurs efforts de recherche.
Les données supposent que la SP peut être évitée
dans le pays de résidence et que les femmes deviennent
susceptibles de développer la SP de manière indépendante
ou accessoire. L’année de naissance et le rapport
des sexes semblent fournir une façon simple de dépister
l’incidence de la maladie. Ces données pourraient
donc être utilisées comme mesures pour les études
sur le terrain ou de prévention, selon les Drs Ebers et
Sadovnick.
Cette étude effectuée par les membres de l’Étude
coopérative canadienne sur la susceptibilité génétique à la
SP fait partie des plus de 50 documents publiés depuis
que le projet a débuté. « Dans son ensemble,
le projet nous a permis d’acquérir des connaissances
essentielles sur les aspects génétiques de la SP
et leur association avec les facteurs environnementaux »,
a déclaré Dr William J. McIlroy, Conseiller médical
national à la Société canadienne de la sclérose
en plaques.
Code INFO-SP : 2.3.3.c
Service national de recherche
Service national des communications et du marketing

Décharge de responsabilité
La Société canadienne de la sclérose en plaques est un organisme de bienfaisance bénévole et indépendant. Elle n'approuve ni ne recommande aucun produit ou thérapie, mais renseigne sa clientèle afin que celle-ci puisse prendre des décisions éclairées.
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