Plus de 11 000 neurologues, chercheurs et stagiaires se sont réunis à Seattle, à la fin d’avril dernier, pour le congrès annuel de l’académie américaine de neurologie. Cet événement constitue l’une des plus importantes plates-formes d’échanges sur les avancées de la recherche clinique dans le domaine de la sclérose en plaques et d’autres maladies neurologiques. Cette année, le programme proposait plus d’exposés oraux et de présentations par affiches que jamais sur les progrès réalisés en SP. Les résultats d’une multitude d’études de courte et de longue durée ont été livrés sur l’emploi des immunomodulateurs présentement homologués pour le traitement de la SP, qui continuent de produire des effets bénéfiques et, parfois, de susciter des modes d’action imprévus. Mais le clou du congrès fut sans contredit les présentations publiques sur les résultats positifs des essais cliniques en phase 3 sur des médicaments oraux expérimentaux utilisés dans la forme cyclique (poussées-rémissions) de SP, soit la cladribine et le fingolimod.
Détails
Cladribine. Les résultats de l’étude sur la cladribine administrée par voie orale (CLARITY) regroupant 1 326 personnes ayant une forme cyclique (poussées-rémissions) de SP ont été présentés pour la première fois par Gavin Giovannoni, MBBCh, PhD (Queen Mary, Université de Londres, et Barts and The London NHS Trust). L’étude était commanditée par Merck Serono. La cladribine est un agent chimiothérapeutique qui détruit les cellules T et les cellules B du système immunitaire. Ces cellules participeraient aux attaques immunitaires dans la SP. Au bout de 96 semaines (près de deux ans) d’étude, le taux de poussées « annualisé » chez les personnes traitées par la cladribine avait diminué dans une proportion allant de 54,5 pour cent à 57,5 pour cent, selon la dose administrée, par rapport aux témoins (groupe ayant reçu le placebo). (Pour ce qui est de ce principal critère d’évaluation, les témoins ont subi en moyenne 0,33 poussée par année, comparativement à 0,14 ou 0,15 poussée-année chez les participants traités.) Environ 80 pour cent du groupe traité n’ont pas eu de poussée au cours des deux années de l’étude, comparé à environ 60 pour cent du groupe témoin. Les deux doses de cladribine ont également permis de diminuer de manière importante l’activité de la maladie, mesurée par l’IRM, et de réduire le risque d’aggravation de la SP d’environ 32 pour cent par rapport au placebo. Les données relatives aux effets du médicament sur l’atrophie cérébrale (diminution de volume du cerveau) n’ont pas encore été analysées.
Le Dr Giovannoni a rapporté que l’étude d’innocuité avait permis de constater que 8,7 pour cent des participants traités avaient subi de graves événements indésirables, comparativement à 6,4 pour cent des témoins. Cinq cas de cancer de diverses formes ont été relevés parmi les 889 personnes traitées, et l’un des principaux effets indésirables observés chez ces dernières fut une lymphopénie (diminution du nombre des lymphocytes ou globules blancs) qui s’avère prévisible lorsqu’on recourt à ce genre de médicament, d’où la nécessité probable d’une surveillance médicale si jamais ce médicament était approuvé pour le traitement de la SP. Le fabricant de la cladribine a laissé entendre dans un communiqué qu’il pourrait demander l’autorisation de mettre son produit en marché, plus tard cette année. (Résumé LBS.001)
Fingolimod. Jeffrey Cohen, MD (Clinique de Cleveland) a présenté les résultats préliminaires de TRANSFORMS. L’étude de un an, commanditée par Novartis, avait pour but de comparer les effets de deux doses différentes de fingolimod oral (FTY720) à ceux de AvonexMD (interféron bêta-1a, Biogen Idec). Au total 1 292 personnes présentant une forme cyclique (poussées-rémissions) de SP et ayant subi au moins une poussée au cours de l’année précédant l’étude (ou deux poussées au cours des deux années précédant l’étude), ont été réparties au hasard dans trois groupes qui prenaient soit Avonex, soit la faible dose de fingolimod, soit la dose élevée de fingolimod. Au terme de l’étude, le taux de poussées des personnes qui prenaient la faible dose de fingolimod était de 52 pour cent inférieur à celui des personnes qui prenaient Avonex. Par ailleurs, de 80 pour cent à 83 pour cent des groupes qui prenaient l’une ou l’autre dose de fingolimod n’ont pas subi de poussée cette année-là, comparativement à 69 pour cent du groupe Avonex. L’effet du fingolimod sur l’évolution à long terme des incapacités n’a pas été évalué.
Les effets indésirables étaient plus fréquents dans les groupes traités. Ils comprenaient une diminution temporaire du rythme cardiaque en début de traitement, un léger accroissement de la tension artérielle et de l’œdème maculaire (gonflement en fond d’œil) dans quelques cas. Deux décès attribuables à une infection herpétique sont survenus dans le groupe traité par la forte dose de fingolimod, et sept cas de cancer localisé de la peau sont survenus dans les deux groupes traités. Plusieurs essais cliniques en phase 3, de plus longue durée que celui-ci, sont en cours. L’un d’eux comprend des personnes présentant une forme progressive primaire de SP. Ces études devraient nous permettre de voir si les événements indésirables observés étaient liés ou non au traitement expérimental. Dans un communiqué, le fabricant du fingolimod a laissé entendre qu’il avait l’intention de demander l’autorisation de mettre son produit en marché à la fin de 2009. (Résumé S21.004)
Contient des informations de l'organisme américain de la SP (National Multiple Sclerosis Society)
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