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Analyse de la forme bénigne de SP grâce à l’IRM et à d’autres techniques d’imagerie, réalisée par des chercheurs européens

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Communication médicale
Le 22 julliet 2009

Résumé

Un groupe de spécialistes du domaine de l’imagerie de la SP vient de publier de nouvelles données cliniques et d’imagerie qui pourraient expliquer pourquoi certaines personnes ne sont atteintes que d’une forme légère de sclérose en plaques (SP), qu’on dit aussi « bénigne ». Ils recommandent de prendre en compte non seulement les fonctions physiques, mais aussi les fonctions cognitives, avant de poser un diagnostic de SP bénigne. Massimo Filippi, M.D. (Scientific Institute and University Ospedale San Raffaele, Milan, Italie) et ses collègues du groupe de travail MAGNIMS (groupe européen s’intéressant à la SP et à l’imagerie par résonance magnétique), présentent les résultats de leurs travaux dans la revue Neurology (2009;72:1693-1701).

Détails

Contexte : La SP est une maladie bien connue pour son caractère imprévisible. La forme bénigne de SP englobe généralement les personnes qui sont atteintes de cette maladie depuis une période allant de 15 à 20 ans et dont les incapacités physiques demeurent très légères. Il n’existe encore aucune façon de savoir si une personne sera atteinte d’une forme bénigne de SP, forme qui, chez certains, peut par ailleurs évoluer vers une autre forme, au fil du temps.

Trouver une façon fiable de prédire qui sera atteint d’une forme légère de SP permettrait aux médecins de mieux conseiller leurs patients et peut-être même d’éviter à certains d’entre eux les dépenses et les inconvénients associés à la prise d’un agent modificateur de l’évolution de la SP aux premiers stades de la maladie, ce qui est généralement recommandé pour la SP cyclique (poussées-rémissions). Les études ayant pour but d’approfondir nos connaissances sur la forme bénigne de la SP visent également à identifier les facteurs contribuant à la préservation des différentes fonctions, ce qui permettrait peut-être d’améliorer le traitement des formes plus invalidantes de la SP. 

 
Compte rendu : L’article rend compte des conclusions de l’atelier du 28 mai 2008 du groupe de travail MAGNIMS, durant lequel les spécialistes ont passé en revue les principales études d’IRM qui avaient été menées auprès de personnes atteintes d’une forme bénigne de SP. Les études au cours desquelles on a comparé ces dernières aux personnes atteintes de formes plus typiques de SP, comme la SP cyclique (caractérisée par des poussées (attaques) suivies d’un rétablissement partiel ou complet) et la SP progressive secondaire (caractérisée par une forme initiale cyclique suivie d’une progression continue de la maladie, avec ou sans poussées), ont donné lieu à quelques résultats d’IRM propres à la forme bénigne de SP ou qui pourraient être utilisés comme facteurs prédictifs d’une forme légère de SP. 

Ils ont découvert qu’en règle générale, le nombre de lésions (régions marquées par une détérioration tissulaire ou l’activité de la maladie) chez les personnes atteintes d’une forme bénigne de SP était moindre que chez les personnes atteintes de SP cyclique, et ce, particulièrement dans les régions du cerveau associées au mouvement, tels la région cervicale supérieure de la moelle épinière et le cervelet. Comparées aux personnes atteintes de SP progressive secondaire, les personnes atteintes d’une forme bénigne de SP présentaient en outre une activité inflammatoire plus légère et une atrophie moins importante (diminution du volume des tissus) dans les régions du cerveau associées aux incapacités cliniques, comme le cervelet, la moelle épinière et la substance grise (région du cerveau où sont situés les corps cellulaires des neurones), et une détérioration tissulaire moins importante dans les lésions et dans la substance grise. 

Les auteurs précisent que ces signes ne constituent pas des facteurs prédictifs et qu’ils ne doivent pas être utilisés comme critères de diagnostic de la SP bénigne. En outre, ces anomalies mises en évidence par l’IRM dans les cas soupçonnés de SP bénigne peuvent aussi être associées à une autre forme de SP. Les chercheurs ajoutent qu’il sera nécessaire de procéder à des études de grande envergure auprès de personnes ayant reçu un diagnostic de SP bénigne pour valider ces résultats. Ils suggèrent qu’un ou plusieurs des facteurs énumérés plus haut, ainsi que la capacité adaptive du cerveau en réaction aux lésions, pourraient expliquer la forme légère de la maladie, typique de la SP bénigne. 

Il importe de noter que les chercheurs du groupe MAGNIMS se sont aussi penchés sur les troubles cognitifs rapportés dans une proportion aussi élevée que 45 pour cent des personnes chez qui la SP avait une évolution légère. Ils ont constaté que les personnes qui avaient reçu un diagnostic de SP bénigne et qui souffraient des troubles cognitifs présentaient un plus grand nombre d’anomalies mises en évidence par IRM que les autres. Le groupe croit qu’il est urgent de redéfinir la SP bénigne et précise que la nouvelle définition devrait mentionner l’absence de troubles cognitifs, confirmée par une évaluation neuropsychologique.

Recherche et programmes nationaux

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