Les travaux de recherche axés sur
les enfants continuent de livrer de nouvelles informations sur
la SP
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Communication médicale
Le 7 avril 2010
Résumé
Sont présentées ci-dessous deux études portant
sur l’établissement du diagnostic et du pronostic
de la SP chez l’enfant et l’adolescent.
Détails
1. Comparaison des critères IRM retenus pour le diagnostic
différentiel de l’EMAD et de la SP chez l’enfant
Un faible pourcentage des personnes qui ont subi un épisode
d’inflammation et de démyélinisation du système
nerveux central (SNC) présentera d’autres symptômes
neurologiques par la suite et finira par recevoir un diagnostic
de SP. Toutefois, force est de constater que l’on éprouve
bien des difficultés à évaluer le risque
d’évolution vers la SP en se servant des critères
dont on dispose à l’heure actuelle. Les auteurs
de l’article ont suivi un groupe d’enfants qui avaient
subi leur tout premier épisode d’inflammation et
de démyélinisation du SNC afin de déterminer
dans quelle mesure les différents critères retenus
permettent d’évaluer le risque d’évolution
vers la SP, et afin de les comparer entre eux à cet égard.
Neurology. 24 mars 2010
L’examen d’IRM du cerveau s’avère utile
pour diagnostiquer les lésions inflammatoires et démyélinisantes
chez l’enfant; cela dit, on ignore parmi les critères
utilisés pour distinguer la sclérose en plaques
(SP) d’affections monophasiques telles que l’encéphalomyélite
aiguë disséminée (EMAD) lesquels sont les
plus fiables.
Des chercheurs ont mené une étude auprès
d’une cohorte d’enfants hollandais en vue de comparer
les quatre ensembles de critères IRM dont on dispose à l’heure
actuelle et de déterminer ainsi ceux qui sont les plus
utiles en clinique pour différencier l’EMAD de la
SP. L’étude a porté sur 49 enfants qui avaient
subi un épisode de démyélinisation et qui
avaient passé un examen d’IRM dans les 2 mois ayant
suivi cette première poussée. Vingt-et-un (21)
d’entre eux avaient une EMAD et n’ont été en
proie à aucune autre poussée au cours du suivi
qui a duré au moins 2 ans, et les 28 autres ont reçu
un diagnostic positif de SP. Les quatre ensembles de critères
diagnostiques dont on a évalué la sensibilité et
la spécificité étaient les critères
de Barkhof, les critères de l’étude KIDMUS,
les critères MS-ADEM (ou SP-EMAD en français) de
Callen et les critères diagnostiques de la SP de Callen.
Ce sont les critères MS-ADEM de Callen qui ont donné les
meilleurs résultats dans l’ensemble : leur sensibilité a
atteint 75 %, et leur spécificité 95 %. La spécificité des
critères de l’étude KIDMUS était nettement
plus élevée (100 %), mais leur sensibilité était
par ailleurs nettement moindre (11 %). Les critères de
Barhof ont quant à eux été associés à une
sensibilité de 61 % et à une spécificité de
91 %. Ce sont les critères diagnostiques de la SP de Callen
qui ont été associés à la plus grande
sensibilité (82 %); cela dit, leur spécificité n’a
atteint que 52 %.
Les chercheurs ont conclu d’après les résultats
observés dans cette cohorte que les critères les
plus utiles pour distinguer une première poussée
de SP d’une EMAD (maladie monophasique) sont les nouveaux
critères diagnostiques définis par Callen, les
critères MS-ADEM (ou SP-EMAD). Les critères diagnostiques
de la SP de Callen sont plus sensibles que ces derniers; toutefois,
leur spécificité n’est pas assez grande pour
que l’on puisse s’en servir pour distinguer la SP
de l’EMAD.
2. Influence d’un épisode d’inflammation et
de démyélinisation du SNC sur les résultats
scolaires dans une cohorte d’enfants
L’étude visait à examiner les facteurs qui
contribuent à une faible performance scolaire dans une
cohorte d’enfants ayant subi un seul épisode d’inflammation
et de démyélinisation du SNC. Les auteurs ont découvert
que le sexe masculin, le fait d’appartenir à un
milieu social modeste ou d’être âgé de
plus de 11 ans lorsque l’épisode s’est déclaré étaient
associés à de mauvais résultats scolaires.
Ils ont également constaté que les enfants dont
le premier épisode s’était manifesté par
une névrite optique ou un syndrome cérébelleux,
en particulier lorsque cet épisode avait entraîné des
incapacités irréversibles plus ou moins graves,
obtenaient de moins bons résultats scolaires que les autres.
Eur J Paediatr Neurol. 5 mars 2010
Chez l’enfant, un épisode d’inflammation
et de démyélinisation aiguës du SNC peut entraîner
un déficit cognitif irréversible. Pourtant, aucune étude épidémiologique
des facteurs pronostiques de la performance scolaire n’avait été menée
jusqu’à ce jour dans une cohorte d’enfants
ayant subi un tel épisode.
La cohorte étudiée regroupait 344 enfants de la
cohorte française KIDSEP, qui avaient subi au moins un épisode
d’inflammation et de démyélinisation du SNC
bien défini sur le plan clinique avant l’âge
de 16 ans et qui avaient fait l’objet d’un suivi
d’au moins deux ans (admission à l’étude
entre 1990 et 2003, et suivi jusqu’à juin 2007).
On a effectué une analyse de la survie à plusieurs
variables (modèle de Cox), afin d’évaluer
la valeur pronostique de variables liées tant à la
situation socio-économique des parents qu’aux caractéristiques
initiales de la maladie quant au risque de redoublement, de la
première année d’école primaire (vers
l’âge de 6 ans) jusqu’à la fin du secondaire
(vers 17-18 ans).
La cohorte a été surveillée pendant 8,0 ± 3,4
ans en moyenne. On a dénombré 151 cas de redoublement
(43,9 % des sujets) après l’apparition des symptômes.
Le risque de redoublement était nettement plus élevé chez
les garçons, les jeunes issus d’un milieu modeste
et vivant dans de mauvaises conditions de logement, les jeunes
qui avaient plus de 11 ans lorsque les symptômes sont apparus,
et ceux dont le premier épisode s’était manifesté par
une névrite optique ou un syndrome cérébelleux
ou avait entrainé des incapacités irréversibles,
même si celles-ci étaient modérées.
Les auteurs ont conclu que les facteurs de risque de mauvais
résultats scolaires sont liés au fait d’appartenir à un
milieu socio-économique modeste et à des facteurs
laissant prévoir une évolution par poussées,
laquelle amène à poser un diagnostic de SP.
Recherche et programmes nationaux
Available in English.

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