Le lieu de résidence durant l'enfance peut influencer les risques de développer la SP
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Communication médicale
1er août 2006
Résumé
Un étude menée par des chercheurs Canadiens auprès d'enfants et d'adultes atteints de SP a démontré que les enfants étaient plus susceptibles de descendre d'habitants des Caraïbes, d'Asie ou du Moyen-Orient comparativement aux adultes, qui eux étaient principalement d'origine caucasienne et nord-européenne. Les chercheurs avancent deux hypothèses pour expliquer ce constat : le lieu de résidence durant l'enfance détermine le risque de développer la SP, peu importe l'origine ethnique des personnes atteintes; ou les personnes ayant grandi dans des régions avec une forte prévalence de la SP, mais dont les ancêtres sont originaires de régions où la SP est rare, développent la SP à un âge plus précoce. L'étude a été publiée dans le journal Neuroepidemiology du 21 février 2006 et a été soutenue par la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP, un organisme affilié à la Société canadienne de la SP.
Détails
Les chercheurs du Hospital for Sick Children et du St. Michael's Hospital, deux établissements de Toronto, et ceux de l'Université de Toronto et de l'Université de Colombie-Britannique ont comparé l'origine ethnique de 43 enfants et 552 adultes, tous atteints de SP. Les participants étaient respectivement des patients de la Clinique de SP pédiatrique du Sick Children et de la clinique de SP du St. Michael's Hospital. Les chercheurs ont découvert que les personnes dont la SP s'était manifestée dans l'enfance (avant 18 ans) étaient plus susceptibles de descendre d'habitants des Caraïbes, de l'Asie et du Moyen-Orient et donc moins susceptibles d'être d'ascendance européenne, comparativement aux personnes atteintes de SP ayant développé la maladie à l'âge adulte. Les groupes d'étude ont démontré que tous les enfants avaient grandi en Ontario et que 79 pour cent des adultes avaient passé une partie ou toute leur enfance en Ontario. Le Canada, y compris l'Ontario, est reconnu pour être une région à risque élevé de développer la SP.
Les chercheurs qui ont participé à cette étude sont
- Dr Brenda Banwell du Hospital for Sick Children et de l'Université de Toronto,
- Julia Kennedy du Hospital for Sick Children,
- Dr Paul O'Connor et Maureen Perara du St. Michael's Hospital et
- Dr A. Dessa Sadovnick et Irene Yee de l'Université de Colombie-Britannique.
Partant de l'hypothèse selon laquelle le lieu de résidence durant l'enfance, plutôt que l'origine ethnique, est leur facteur déterminant le risque de développer la SP, les chercheurs ont comparé les résultats de l'étude avec les données des recensements de 1971 à 2001. Des chercheurs en Angleterre ont déjà constaté une augmentation de la fréquence de la SP chez les descendants de première génération des immigrants provenant de l'Asie, l'Afrique et des Antilles et habitant le Royaume-Uni. L'étude menée à Toronto est la première à examiner le phénomène chez les enfants.
La SP a été jusqu'à maintenant plus souvent observée chez les descendants des peuples de l'Europe du Nord, et l'Écosse, l'Irlande du Nord et le Canada sont reconnus pour être des régions à risque élevé de développer la maladie, avec une prévalence dépassant les 200 cas de SP pour 100 000 habitants. En revanche, la prévalence de la SP dans les régions à faible risque, comme l'Asie, le Moyen-Orient et les Caraïbes, est de moins de cinq pour 100 000 habitants. Une des questions que se posaient les chercheurs depuis plusieurs années était de savoir si les personnes des régions à « faible risque » maintenaient ce taux lorsqu'elles déménageaient dans les régions à plus haut risque de SP. L'Ontario est un endroit idéal pour étudier cette question. En effet, depuis les 30 dernières années, les données d'immigration de la province démontrent que de plus en plus d'immigrants proviennent des régions à faible risque.
Les chercheurs ont découvert que plus de 90 pour cent des adultes atteints de SP ayant participé à l'étude étaient d'origine européenne. Les données du recensement de 1971 - l'année où la majorité des adultes atteints de SP de l'étude étaient eux-mêmes des enfants qui grandissaient en Ontario - démontrent que 84 pour cent des habitants de la province à l'époque descendaient d'habitants d'Europe. Par contre, les enfants atteints de SP de l'étude étaient plus susceptibles de descendre de peuples non européens comparativement aux adultes. Moins de 60 pour cent des enfants étaient d'ascendance européenne : plus de 25 pour cent étaient originaires d'Asie; plus de 10 pour cent, originaires des Caraïbes; et moins de 10 pour cent, originaires du Moyen Orient. Les résultats de l'étude reflètent l'accroissement de l'immigration en Ontario et de sa population plus multiculturelle, comme l'indique les données du recensement de 2001.
Les chercheurs de l'étude suggèrent qu'il est fort probable que les personnes qui seront atteintes de SP au Canada dans l'avenir auront des origines d'une plus grande diversité ethnique puisque les enfants d'immigrants ayant grandi au Canada atteindront alors l'âge auquel les premiers symptômes de SP apparaissent habituellement. Des études éventuelles sur les populations d'enfants et d'adultes atteints de SP au cours de 15 prochaines années nous donnerons plus d'informations à ce sujet.
Cette étude donne donc un meilleur aperçu des populations qui seront potentiellement à risque de développer la SP. Le Dr William J. McIlroy, conseiller médical de la Société, souligne que l'interaction entre gènes et environnement est souvent la cause à l'origine d'une maladie. Les travaux entrepris au Canada par les Drs Sadvnik et George Ebers de l'Université Oxford et de leurs collègues indiquent clairement l'importance des facteurs génétiques dans la prédisposition à la SP. La plus importante étude portant sur cette prédisposition génétique à la SP est actuellement menée au Canada. Celle-ci est aussi soutenue par la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP.
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