Quel sera l’impact de la recherche sur les
cellules souches pour la sclérose en plaques?
Du 16 au 19 janvier 2007, la National Mutiple Sclerosis Society
(É.-U.)
et la Fédération internationale
de sclérose en plaques, avec le soutien de la Société canadienne
de la SP, étudiaient cette question durant le sommet sur
les cellules souches à San Francisco
pour les experts internationaux dans le domaine.
Les participants
mettaient leurs efforts en commun afin de mieux
comprendre la portée de la recherche sur les cellules
souches et pour déterminer les prochaines étapes à suivre
pour s’assurer que toutes les avenues de la recherche sur
la SP seront explorées.
Les cellules souches et la sclérose en plaques
La Société canadienne de la sclérose en
plaques croit que les personnes atteintes de SP ont raison de
croire qu’elles pourraient grandement bénéficier
de la recherche portant sur les cellules souches.
Actuellement, les fonds amassés par la Société canadienne
de la SP et son organisme affilié, la Fondation pour la
recherche scientifique sur la SP, appuient deux projets dans
lesquels les scientifiques étudient les percées
potentielles suivantes :
» Transformer les propres cellules souches
du corps en cellules productrices de myéline
Titre du projet :
Remyélinisation dans la sclérose en plaques – Stimuler
la reconstitution intrinsèque
Financement :
2,25 millions de dollars sur trois ans par la Fondation pour
la recherche scientifique sur la SP – approuvé en
avril 2005
Chercheurs principaux :
Jack Antel, M.D., Institut Neurologique de Montréal, Université McGill
Samuel Weiss, Ph.D., Hotchkiss Brain Institute, Université de
Calgary
Moses Rodriguez, M.D., Clinique Mayo, Rochester, MN
La deuxième phase de cette vaste étude coopérative
vise à voir si certaines cellules autologues du système
nerveux central peuvent être mobilisées pour réparer
les lésions infligées à la myéline
par la sclérose en plaques. Les cellules ciblées
par l’équipe de recherche sont appelées progéniteurs.
Il s’agit de cellules autologues qui n’ont pas encore
de fonction précise. Le but de ces travaux est de les
amener à se transformer en oligodendrocytes, cellules
productrices de myéline.
Les Drs Antel, Weiss et Rodriguez ont décidé d’utiliser
des progéniteurs autologues, présents dans le système
nerveux central adulte, pour éviter les interventions
chirurgicales effractives, mais aussi les problèmes liés
au nombre limité de cellules disponibles pour transplantation
et au routage des cellules vers les régions lésées.
Cette équipe pluridisciplinaire, composée de neurologues
et de spécialistes de la recherche fondamentale, pense
que la ligne de conduite qui consiste à utiliser des cellules
autologues pour réparer la myéline se prête
bien au traitement d’une maladie dans laquelle les lésions
peuvent survenir n’importe où dans le système
nerveux central. Les travaux ciblent des progéniteurs
déjà localisés dans l’organisme, qui
détournent diverses protéines et hormones vers
les parties lésées du cerveau et de la moelle épinière à remyéliniser.
Les chercheurs ont également mis au point de nouvelles
techniques d’IRM pour mesurer, de manière non effractive,
la production de nouvelle myéline et la vitesse à laquelle
l’organisme se remet des poussées de SP. Il est
essentiel de pouvoir générer de la myéline
et de vérifier si elle s’enroule efficacement autour
des fibres nerveuses pour réduire les incapacités
associées à la SP. Bref, ces équipes, à l’œuvre
dans trois centres de recherche, tentent de découvrir
l’« interrupteur » qui permettra d’enclencher
le processus de remyélinisation. S’ils arrivent à leurs
fins, les chercheurs espèrent mettre en évidence
des stratégies précises pour réparer la
myéline et mener ensuite des études cliniques pour
voir si la remyélinisation se traduira par une baisse
réelle des incapacités chez les personnes atteintes
de SP.
» Reconstituer le système immunitaire à partir
des cellules souches de la moelle épinière
Titre du projet :
Traitement de la sclérose en plaques comme une maladie
auto-immune par un traitement immunoablatif intensif et une reconstitution
immunologique – thérapie curative potentielle dans
les cas de SP au pronostic sombre
Financement :
4 millions de dollars sur six ans par la Fondation pour la recherche
scientifique sur la SP –
approuvé en août 2000
Chercheurs principaux
Harold Atkins, M.D., Programme de greffe de moelle osseuse, Hôpital
d’Ottawa – Campus général
Mark Freedman, M.D., Clinique de recherche sur la SP, Hôpital
d’Ottawa – Campus général
La Fondation pour la recherche scientifique sur la SP subventionne
un projet multicentrique visant à voir si la greffe de
moelle osseuse peut arrêter l’évolution de
la sclérose en plaques. Mené par le Dr Mark Freedman
(neurologue spécialisé en SP) et le Dr Harold Atkins
(spécialiste de la greffe de moelle osseuse), tous deux
de l’Université d’Ottawa, ce projet mettra à contribution
36 personnes ayant une forme progressive rapide de SP, qui risquent
de devenir gravement handicapées. Vingt-quatre d’entre
elles subiront une greffe, alors que les douze autres, présentant
la même forme de la maladie, mais ne désirant pas
subir de greffe, formeront le groupe témoin. Le recrutement
a commencé en octobre 2000. Les centres participant à ce
projet sont situés à Ottawa, Toronto et Montréal.
La greffe de moelle osseuse est couramment utilisée dans
le traitement de la leucémie. Chez un très petit
nombre de personnes atteintes à la fois de SP et de leucémie,
elle a donné des résultats positifs. L’étude
devrait permettre aux chercheurs de voir si ce traitement est
efficace chez des personnes atteintes de SP, soigneusement appariées à un
groupe témoin. Si la greffe de moelle osseuse n’arrête
pas complètement l’évolution de la sclérose
en plaques, les chercheurs espèrent au moins pouvoir identifier
les déclencheurs de cette maladie et les modifications
immunitaires qui surviennent au début de la SP. Ils surveilleront étroitement
tout signe d’activité de la maladie chez les participants, à tous
les stades de l’étude, de l’admission jusqu’à la
fin du projet. Ce suivi comprendra des tests immunologiques complexes
et le dépistage de certaines modifications génétiques
liées au système immunitaire, dans l’espoir
de découvrir les gènes de susceptibilité à la
SP.