Société canadienne de la sclérose en plaques

Présentation des chercheurs

Dre Anastassia Voronova

Hôpital pour enfants malades

Titulaire d’une bourse de recherche postdoctoraleDomaine de recherche : Dégénérescence et régénération neuronales

Titre de l’étude : Redéfinition de la niche des cellules souches neuronales : détermination de nouveaux rôles pour les signaux émis par les neurones des lobes frontaux dans l’oligodendrogenèse des progéniteurs corticaux

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Qu’est-cequi vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP?

J’ai toujours été fascinée par le fait que les cellules souches du cerveau puissent se transformer en divers types de cellules, tels des neurones, des astrocytes ou des oligodendrocytes. La SP peut être vue comme un trouble neurologique causé par la perte d’un type particulier de cellules neuronales, soit les oligodendrocytes. Compte tenu du rôle déterminant que ces cellules jouent supposément dans la pathogenèse de la SP, je m’intéresse aux indices environnementaux qui amènent les cellules souches cérébrales à se transformer en oligodendrocytes plutôt qu’en un autre type de cellule.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

Dans le cadre de mon étude, j’utilise un modèle ayant pour objet le cortex murin en développement. Mon objectif est de répondre aux questions suivantes : 1) Les facteurs connus pour être secrétés par les neurones provenant du cortex ou d’une structure adjacente, soit les lobes frontaux du cerveau, ont-ils une incidence sur la transformation des cellules souches corticales en oligodendrocytes? 2) Quels sont les facteurs secrétés par les nouveaux neurones et pouvant influer sur la formation des oligodendrocytes?

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

En étudiant le développement normal du cortex, notre laboratoire a cerné dernièrement une voie de régénération faisant appel aux cellules souches cérébrales et pouvant avoir des retombées importantes d’un point de vue thérapeutique. Cette voie peut être activée par la metformine, un médicament couramment utilisé dans le traitementdu diabète. Il importe donc qu’on étudie le développement normal des oligodendrocytes à partir des cellules souches du cerveau dans le contexte d’une intervention pharmacologique visant à réparer les tissus endommagés par la SP. Les résultats de cette étude auront un impact direct sur la compréhension de la fonction des cellules souches dans un cerveau sain ou malade. Sur le plan pharmacologique, ils serviront de tremplin pour l’élaboration de nouvelles stratégies consistant à mobiliser et à recruter des cellules souches en vue de la réparation des tissus cérébraux touchés par la SP.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

Je suis très reconnaissante envers la Société de la SP de consacrer une partie de son budget non seulement au financement de la recherche fondamentale sur la SP, mais aussi au soutien de stagiaires de recherche par l’attribution de bourses de recherche ou d’études. Sans l’appui d’organismes comme la Société de la SP, il me serait impossible de faire de la recherche sur la SP ou de poursuivre ma carrière scientifique. C’est donc grâce au soutien essentiel de la Société de la SP que j’espère pouvoir mettre sur pied un important programme de recherche sur la sclérose en plaques qui nous aidera à mieux connaître le rôle des cellules souches neuronales dans le contexte de cette maladie et me permettra de m’établir comme chercheuse principale indépendante au Canada.

Curtis Benson

Université de l’Alberta

Titulaire d’une bourse de stagiaire de recherche au doctorat

Domaine de recherche : Gestion des symptômes et qualité de vie

Titre de l’étude : Effets de la phénelzine et de ses dérivés sur les symptômes moteurs et les symptômes non moteurs de l’encéphalomyélite allergique

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Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la recherche sur la SP?

Tout au long de la préparation de mon baccalauréat spécialisé en immunologie à l’Université de l’Alberta, j’ai été exposé à la recherche consacrée à l’immunologie, ce qui m’a donné l’occasion de m’intéresser à la recherche scientifique. Aussi, en me basant sur ce que j’avais appris, je souhaitais contribuer à améliorer la compréhension d’une maladie tout en espérant pouvoir aider les personnes touchées par celle-ci. C’est donc pourquoi je n’ai pas hésité à saisir la possibilité qui m’était offerte d’étudier la sclérose en plaques.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

Dans le cerveau et la moelle épinière des personnes atteintes de SP, il se produit des changements touchant les messagers chimiques qui transmettent les signaux entre les cellules nerveuses. On appelle ces composés chimiques des « neurotransmetteurs ». Or, je m’intéresse tout particulièrement à certains d’entre eux, soit la sérotonine, la noradrénaline, la dopamine et le GABA. Selon un modèle animal de SP, ces changements intervenant dans la signalisation chimique ont un lien avec la douleur, l’anxiété ainsi que les troubles cognitifs et moteurs associés à la SP. Dans le cadre de mon étude, je me penche sur les neurotransmetteurs impliqués dans la progression de ces symptômes.

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

Mes travaux visent à approfondir notre compréhension des implications que peuvent avoir les troubles de la neurotransmission dans le contexte de la SP. Ils pourraient mettre en évidence de nouvelles cibles pour d’éventuels traitements contre la SP et ses symptômes.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

Je suis fier et heureux d’être soutenu financièrement par la Société de la SP et je tiens à exprimer ma reconnaissance envers les personnes qui font don de leur temps et de leur argent pour appuyer la recherche sur la SP. Leur soutien me permet de continuer à travailler ardemment pour en savoir plus sur la SP. Merci.

Dr George Robertson

Université Dalhousie

Titulaire d’une subvention de fonctionnement

Domaine de recherche : Progression et traitements

Titre de l’étude : Neuroprotection et remyélinisation dans le contexte de la SP par l’amélioration de la fonction mitochondriale

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Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la recherche sur la SP?

Mon père a reçu un diagnostic de SP alors que je n’avais que onze ans. Durant les années pénibles où son état n’a cessé de décliner, j’ai pu me familiariser malgré moi avec cette maladie invalidante et prendre conscience de la nécessité de trouver des traitements efficaces contre celle-ci.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

Chaque cellule du cerveau contient des milliers de mitochondries qui consomment de l’oxygène et du sucre pour synthétiser une molécule riche en énergie, appelée ATP, qui constitue la base des réactions chimiques essentielles au maintien de la vie dans notre organisme. Les lésions subies par les mitochondries se traduisent par un manque d’énergie qu’on croit être à l’origine de la mort des cellules cérébrales associée à la SP. Les travaux que je dirige ont pour but la mise au point d’un mélange de composés naturels qui aurait pour effet de protéger le cerveau en renforçant les mitochondries des cellules cérébrales et constituerait ainsi une nouvelle option thérapeutique contre la SP.

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

La mort des cellules cérébrales, dite neurodégénérescence, est ce qui cause l’invalidité permanente chez les personnes atteintes de SP, et on pense que la détérioration des mitochondries joue un rôle clé dans le processus neurodégénératif. Mon laboratoire a cerné plusieurs composants naturels connus pour leur effet
protecteur sur la fonction mitochondriale des souris atteintes d’une forme expérimentale de SP. La Société de la SP nous a accordé une subvention pour nous aider à déterminer la combinaison optimale de ces composés pouvant améliorer la fonction des mitochondries et protéger le cerveau. Ces composés sont connus comme étant sans danger. Dès que la meilleure combinaison aura été trouvée, nous devrions obtenir rapidement l’autorisation de procéder à des essais sur des humains.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

Une fois que sera terminée la phase d’expérimentation sur les animaux, consistant à évaluer l’innocuité et l’activité thérapeutique du traitement envisagé, nous serons bien placés pour demander l’autorisation nécessaire à la poursuite d’essais cliniques. Sans l’aide financière de la Société canadienne de la SP, l’étude dont il est ici question n’aurait jamais pu être menée.

Dre Jiwon Oh

Hôpital St. Michael

Titulaire de la bourse de transition études-carrière – Famille Decker, du Réseau de recherche et de formation stopSP

Domaine de recherche : Progression et traitements

Titre de l’étude : Mise en corrélation d’images obtenues par l’lRM multiparamétrique avec un dysfonctionnement sensorimoteur de la moelle épinière dans le contexte de la sclérose en plaques

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Pouvez-vous décrire brièvement votre parcours et préciser ce qui vous a amenée à vous intéresser à la SP?

J’ai reçu ma formation clinique en neurologie et, pendant ma résidence dans ce domaine à l’Université de Toronto, j’ai été fréquemment exposée à la sous-spécialité que constitue la SP. En fait, j’ai été attirée par le domaine de la SP pour diverses raisons. Tout d’abord, je trouve que la pratique clinique auprès de patients atteints de SP est gratifiante, puisque cette affection constitue une maladie neurologique chronique qui touche des gens dans la fleur de l’âge et que l’intervention de cliniciens comme moi peut avoir un impact indéniable sur la vie de ces personnes. Ensuite, la SP constitue un domaine qui connaît un essor rapide et donc extrêmement stimulant d’un point de vue intellectuel. Finalement, un nombre non négligeable de mes modèles et mentors universitaires ont fait de la SP leur sous-spécialité, ce qui m’a naturellement incitée à me spécialiser dans ce domaine. Après avoir terminé ma résidence en neurologie à l’Université de Toronto en 2010, j’ai entamé une formation clinique et en recherche axée sur la SP à l’Université Johns Hopkins, tout en préparant un doctorat dans le cadre du programme de formation des diplômés en recherche clinique de cet établissement. Ce qui m’intéresse en premier lieu est l’étude de la moelle épinière des personnes atteintes de SP, à l’aide de techniques avancées d’IRM.

Que signifie pour vous la bourse qui vous a été accordée?

Cette bourse constitue un tremplin important pour ma carrière, alors que je m’apprête à passer du statut de chercheuse-boursière à celui de professeure indépendante. Les périodes de transition sont généralement difficiles pour les chercheurs, car elles exigent une adaptation à un nouvel environnement et à des conditions de travail différentes. Cette bourse revêt une importance extrême pour moi dans la mesure où elle me permettra de consacrer une bonne partie de mon temps à la recherche clinique durant les premières années de ma carrière et qu’elle m’aidera à asseoir sur des bases solides mon avenir professionnel. J’espère que, grâce à cette bourse, je pourrai contribuer de façon importante à l’accroissement des connaissances scientifiques sur la SP et, par là même, à l’amélioration de la qualité de vie des patients aux prises avec cette maladie.

Quels sont vos objectifs à long terme?

Lorsque j’aurai achevé ma formation clinique et mon programme de doctorat à l’Université Johns Hopkins, je retournerai à l’Université de Toronto pour y occuper un poste de professeure à titre de chercheuse clinique. Je prévois consacrer mon temps à la pratique clinique auprès de patients atteints de SP et prendre part à des travaux de recherche en SP axés sur l’IRM et les aspects cliniques de la maladie.

Que diriez-vous pour compléter la phrase suivante : « Grâce à l’initiative stopSP de la Société de la SP, j’ai… »

… pu participer à de nombreuses activités éducatives qui ont éveillé mon intérêt pour la SP. De plus, durant ma formation clinique, j’ai pu bénéficier d’un appui éducationnel et financier qui a eu un impact majeur sur mon parcours en recherche clinique. Ce type d’aide a une valeur inestimable pour les jeunes chercheurs comme moi, puisqu’il nous permet d’obtenir le soutien matériel et éducationnel dont nous avons besoin dans la poursuite d’objectifs qui contribueront à étendre les connaissances dans le domaine de la SP.

Que diriez-vous pour compléter la phrase suivante : « Je pense que ce programme de bourses aidera le Canada à rester un chef de file dans le domaine de la recherche en SP, car... »

… il apporte à de jeunes chercheurs qui en sont à une étape critique de leur carrière un soutien qui les aidera à établir et à développer des champs d’intérêt importants, ce qui aidera à renforcer la contribution du Canada à la recherche en SP effectuée dans le monde entier.

Dre Marcia Finlayson

Université Queen’s

Titulaire d’une subvention de fonctionnement

Domaine de recherche : Gestion des symptômes et qualité de vie

Titre de l’étude : Étude longitudinale et multiméthodes de la transition des personnes atteintes de sclérose en plaques vers un centre d’accueil

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Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP?

Différentes choses m’ont amenée à m’intéresser à la SP, à savoir ma pratique clinique d’ergothérapeute, mon travail de bénévole auprès de la Société de la SP au Manitoba ainsi que mon expérience personnelle. Ma mère a la SP, et son expérience aux côtés de cette maladie m’a permis de prendre conscience de nombreuses questions au sujet de cette dernière. C’est ainsi que je me suis penchée sur la nécessité d’offrir aux personnes atteintes de SP des soins efficaces et complets suivant une approche axée sur les besoins des patients.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

L’objectif de notre étude consiste à déterminer les principaux indices précurseurs de l’admission des personnes atteintes de SP dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Dans cette optique, nous nous appuierons sur des données longitudinales provenant de dossiers médicaux ainsi que sur des entrevues menées auprès de personnes ayant la SP et de leurs familles. Les résultats de l’étude pourraient servir de base à l’élaboration de programmes et de services visant à prévenir ou à retarder l’admission dans des CHSLD de personnes atteintes de SP qui pourraient rester chez elles grâce à un soutien approprié.

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

Un certain nombre d’études ont démontré que les personnes atteintes de SP sont inquiètes à la perspective de devoir séjourner dans un centre d’hébergement. Or, si elles pouvaient bénéficier d’un soutien et de services appropriés au moment opportun, certaines d’entre elles pourraient rester plus longtemps chez elles, voire ne jamais être admises dans un centre d’hébergement. L’étude en question vise à établir quels seraient les événements et les situations pouvant servir d’indices pour la mise en place de mesures préventives destinées à aider ces personnes à demeurer chez elles.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

Les défis liés à la SP (p. ex. apparition ou évolution de symptômes, difficultés dans l’exécution de certaines tâches) peuvent toucher divers aspects de la vie quotidienne et découler des inquiétudes relatives à l’avenir. Notre étude vise essentiellement à générer des données pouvant guider l’élaboration de programmes et de services qui permettront d’atténuer les préoccupations liées à une éventuelle admission en centre d’hébergement. Le fait d’aider les personnes atteintes de SP à éprouver moins d’inquiétude par rapport à cette question pourrait redonner de l’espoir à ces dernières quant à l’avenir.

Sandra Magalhaes

Université McGill

Titulaire d’une bourse de stagiaire de recherche au doctorat

Domaine de recherche : Cause et facteurs de risque

Titre de l’étude : Étude étiologique de la sclérose en plaques : mesures et analyse

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Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP?

Mes débuts dans le domaine de la recherche en SP remontent à 2007, année où j’ai obtenu un poste de chef de projet de recherche clinique à l’Hôpital pour enfants malades, aux côtés de la Dre Brenda Banwell. Au sein de l’équipe dirigée par cette dernière, j’ai pris part à d’importants travaux de recherche visant à approfondir notre compréhension de la SP pédiatrique. C’est cette expérience qui a stimulé mon intérêt pour la recherche en SP et m’a amenée à mettre sur pied un projet de recherche de niveau doctoral consistant à explorer les causes de la SP.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

Mon objectif est d’élargir le champ de nos connaissances sur les causes de la SP, tant chez l’enfant que chez l’adulte. À cette fin, j’emploie une méthode de recherche rigoureuse pour établir des normes applicables à l’élaboration de questionnaires par des chercheurs spécialisés en SP pédiatrique. J’ai également recours à des techniques statistiques spéciales en vue de mieux comprendre l’impact de l’exposition au soleil sur l’apparition de la SP chez l’adulte.

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

Mes travaux de recherche visent à améliorer notre compréhension de ce qui cause la SP en vue de prévenir ultimement l’apparition de la maladie chez les personnes présentant un risque de SP. Le fait de fournir des normes sur l’établissement de questionnaires à l’intention des chercheurs qui s’intéressent à la SP pédiatrique améliorera la qualité des résultats obtenus par ces derniers et facilitera la découverte de la cause de la SP chez l’enfant. Par ailleurs, une meilleure compréhension de l’impact de l’exposition au soleil sur l’incidence de la SP chez l’adulte aidera à cibler des stratégies de promotion de la santé destinées à diminuer le risque de SP.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

Je suis très enthousiaste quant à mes travaux de recherche et je suis convaincue de pouvoir contribuer de manière importante à l’avancement de la recherche sur la SP. Je remercie les gens qui soutiennent les chercheurs comme moi. Je leur en suis très reconnaissante. Sans leur appui, il me serait très difficile de mener mes travaux.

Dre Shannon Dunn

Réseau universitaire de la santé

Titulaire d’une subvention de fonctionnement

Domaine de recherche : Progression et traitements

Titre de l’étude : Les PPAR-delta en tant que régulateurs de l’évolution de l’EAE

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Qu’est-ce qui vous a amenée à vous lancer dans le domaine de la SP?

Ma mère avait la SP. J’ai donc vécu pendant de nombreuses années aux côtés de cette maladie et, dès l’âge de deux ans, j’ai été témoin des implications de la SP pour ma mère et notre famille. La SP était tellement présente dans ma vie que je n’étais pas du tout disposée, au départ, à poursuivre mes études dans un domaine lié à cette affection. La SP occupait une grande place dans ma vie. En effet, ma mère étant très malade, nous devions lui rendre visite tous les jours à l’hôpital. Il était très difficile pour nous les enfants de voir l’un de nos parents vivre une telle épreuve. J’ai poursuivi mes études de premier cycle et mon programme de doctorat en kinésiologie. Je m’intéressais à cette époque à la pratique sportive, aux exercices d’endurance et aux réactions des muscles à la suite d’un programme d’entraînement.

Après l’obtention de mon doctorat, je me suis rendu compte que je ne m’intéressais pas tant que ça aux muscles du squelette, ce qui m’a amenée à changer de domaine et à trouver ma véritable passion. C’est alors que j’ai pris la décision d’aborder de front la SP et d’entreprendre une formation postdoctorale au sein d’un laboratoire spécialisé en SP. Je ne savais pas comment les choses allaient se passer, car je n’avais pas été formée dans ce domaine. J’ai donc fait beaucoup de recherche, dressé une liste de laboratoires pertinents et consulté un grand nombre d’articles de recherche pour déterminer lequel parmi les nombreux aspects de la SP m’intéresserait le plus. Cela m’a permis de trouver un laboratoire s’employant essentiellement à transposer les résultats de la recherche fondamentale à l’élaboration de traitements contre la SP. Ce laboratoire faisait partie d’une grande institution, soit l’Université de Stanford.

J’ai communiqué par courriel avec le chercheur responsable du laboratoire, qui m’a répondu aussitôt. Comme j’étais déterminée, je suis allée travailler à Stanford, où durant sept ans j’ai acquis des connaissances fondamentales en immunologie, sur les modèles animaux de la SP ainsi que sur la maladie elle-même. Ce fut une expérience très enrichissante, au cours de laquelle j’ai pu publier des articles et lancer ma carrière en recherche.

Maintenant que la SP fait partie de ma pratique, je constate que les gens qui en sont atteints se portent beaucoup mieux que ma mère se portait à l’époque et qu’il existe maintenant un grand nombre de traitements prometteurs contre cette maladie qui permettent une meilleure qualité de vie que par le passé. Cette expérience positive au contact de la SP m’a permis de voir ce qui se passe au sein de la collectivité de la SP au lieu de me détourner de la maladie comme je le faisais auparavant. Je demeure engagée envers les membres de cette collectivité en siégeant au comité d’évaluation de demandes de subvention de la Société de la SP, ce qui me permet notamment de voir ce que font les autres chercheurs.

Comment décririez-vous vos travaux de recherche?

Je cherche à déterminer si certains facteurs de risque rendent certaines personnes plus vulnérables à la SP que d’autres. À cette fin, je m’appuie sur les résultats d’études statistiques selon lesquels certaines choses nous exposeraient à un risque accru de SP. Ma démarche consiste ensuite à appliquer cette information à un modèle animal qui reproduit chez la souris le contexte de la SP. Ce modèle murin nous permettra de nous concentrer sur un facteur de risque précis tel que le sexe ainsi que sur l’impact de ce facteur sur l’apparition de la maladie. Par exemple, nous nous demanderons pourquoi la SP touche plus de femmes que d’hommes. Nous nous pencherons sur les différences entre les sexes révélées par le modèle murin et tenterons de dévoiler les mécanismes à l’origine de ces différences. Nous nous intéresserons également à d’autres facteurs de risque, mais nous accorderons la priorité au facteur que constitue le sexe, car celui-ci, qui s’ajoute à d’autres facteurs génétiques, semble être le facteur de prédisposition le plus important. L’autre facteur que nous souhaitons étudier est l’obésité. En effet, la recherche a révélé une association entre l’obésité chez l’enfant et un risque double de SP.

Nos efforts de recherche porteront également sur une molécule baptisée PPARdelta, dont la production est régulée par les hormones sexuelles et dont l’action est influencée par le régime alimentaire. Ainsi, ce sujet de recherche est étroitement lié à nos travaux sur les facteurs de risque.

À l’heure actuelle, nous possédons des données scientifiques importantes sur les facteurs de risque de la SP, mais nul ne connaît précisément les mécanismes par lesquels ces facteurs contribuent à l’évolution de cette maladie. Or, nous pourrions avoir la possibilité de modifier ces mécanismes afin de modifier le cours de la maladie ou de prévenir celle-ci. Une telle approche s’avère particulièrement importante au Canada, où l’incidence de la SP est élevée.

Quelles seront les implications de vos travaux de recherche sur la vie des personnes touchées par la SP? Qu’espérez-vous accomplir ultimement grâce à votre travail sur la SP?

J’espère que mes efforts mèneront à l’élaboration d’un nouveau traitement ou à la mise en place d’une stratégie efficace axée sur la prévention de la maladie. Cependant, avant qu’une découverte en recherche fondamentale aboutisse à la mise au point d’un médicament, il faut compter de 10 à 15 ans. Il est donc difficile de savoir quel sera l’impact de mon travail sur la vie des personnes ayant déjà la SP. En revanche, au chapitre de la prévention de la maladie, si nous parvenons à en savoir plus sur les facteurs de risque de SP et les mécanismes en cause, nous pourrions trouver des façons de prévenir la maladie ou de diagnostiquer celle-ci suffisamment tôt pour la traiter efficacement. Si nous arrivons à cerner les personnes qui sont à risque, nous pourrions être en mesure d’empêcher l’apparition de la SP, ce qui est vraiment l’objectif ultime – la clé est de pouvoir reconnaître rapidement les sujets vulnérables à la SP. Nous pourrions alors envisager le recours à des mesures correctives sur le plan de l’alimentation ou à des médicaments pouvant réduire le risque de SP chez ces personnes.

Pour lire l’article consacré à la Dre Dunn dans notre bulletin Recherché en SP, cliquez ici.

Dre Stefanie Black

Université de Calgary

Titulaire d’une bourse de recherche postdoctorale

Domaine de recherche : Cause et facteurs de risqué

Titre de l’étude : Rôle du récepteur du N-méthyl-D-aspartate dans le modèle de démyélinisation induit par la cuprizone

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Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP?

Je m’intéresse à la mort cellulaire et à la façon dont celle-ci entraîne des déficits neurologiques comme ceux qui sont observés chez les personnes atteintes d’une maladie touchant le cerveau et la moelle épinière. Dans un contexte de SP, ces déficits sont attribuables à un dérèglement du mécanisme normal de communication entre les cellules nerveuses ‒ dysfonctionnement résultant de la détérioration de la gaine de myéline qui protège les neurones. En raison de la prévalence élevée de SP parmi les jeunes Canadiens, je souhaite élucider les événements cellulaires qui mènent à la perte de myéline ainsi qu’à la mort des cellules productrices de cette substance, en espérant pouvoir cerner l’une des causes sous-jacentes de la SP.

Quels sont les objectifs de l’étude subventionnée par la Société de la SP que vous menez actuellement?

Mes investigations portent sur les événements cellulaires qui, dans un contexte de SP, sont à l’origine de la
perte de la myéline entourant les cellules nerveuses, processus appelé démyélinisation. À l’aide d’un modèle murin (souris) de démyélinisation, j’essaie de déterminer quelle est l’implication de l’hyperactivité d’une protéine désignée « récepteur NMDA » dans la mort des cellules productrices de myéline ainsi que dans l’apparition de la douleur associée à la SP.

Quelles seront les retombées de votre étude pour les personnes atteintes de SP ou touchées par cette maladie?

Mon travail de recherche consiste à étudier les événements cellulaires précédant la détérioration de la myéline et devrait aider à mieux comprendre ce qui cause la SP. Les résultats de cette étude apporteront un éclairage sur la façon de prévenir la mort des cellules productrices de myéline et d’entraver ainsi l’évolution de la maladie. Mon travail pourrait aussi permettre d’élucider les causes de la douleur associée à la SP, ce qui contribuerait à l’amélioration des traitements ayant pour but de réduire la douleur éprouvée par les personnes atteintes de SP.

Commentaires à l’intention des donateurs contribuant au financement de l’étude :

La cause de la SP n’a pas encore été découverte. La recherche visant à définir les événements cellulaires à l’origine de la perte de myéline est cruciale, car elle nous permettra de mieux comprendre cette maladie invalidante qu’est la sclérose en plaques, d’élaborer des stratégies consistant à stopper sa progression ainsi que de diminuer ses symptômes, telle la douleur chronique.