Dr. Mark Freedman

Professeur de médecine, Département de médecine, Université d’Ottawa; scientifique principal, Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa

Au cours de ses 35 ans de carrière, le Dr Freedman s’est dévoué à l’étude des mécanismes immunologiques qui sous-tendent la SP et aux moyens de traiter cette maladie avec succès. Il compte plus de 300 publications à son actif, parmi lesquelles figurent des articles et des chapitres de monographies, et a fait des présentations dans de nombreuses conférences, tant sur la scène nationale qu’internationale. Ses travaux en neuro-immunologie portaient sur le rôle que pourrait jouer la réponse immunitaire innée dans l’apparition ou l’atténuation de la maladie. Les études d’avant-garde qu’il a menées sur les cellules souches ont contribué à étayer les bienfaits de la greffe de moelle osseuse complète dans le traitement de formes de SP à évolution rapide. Ses travaux de recherche actuels portent sur la greffe de cellules souches mésenchymateuses; le scientifique veut vérifier si cette approche permet de réparer les lésions causées par la SP. Le Dr Freedman est également le chercheur principal de nombreuses études cliniques, notamment une étude en cours sur l’acide lipoïque dans le traitement de formes progressives de SP pour laquelle il est le seul chercheur canadien. Par ailleurs, il est le directeur de l’unité de recherche sur la SP du Campus général de l’Hôpital d’Ottawa, trésorier de l’ACTRIMS et codirigeant de l’International Mesenchymal Stem Cells Transplantation Study Group (IMSCTSG – groupe international d’études sur la greffe

Questions et réponses avec le Dr Freedman

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

Depuis que j’ai effectué des travaux en neurochimie moléculaire lors de mes études supérieures, avant d’entrer à l’école de médecine, j’ai toujours eu de l’intérêt pour la recherche. Pendant ma résidence en neurologie et mon travail à l’unité de SP de Toronto à titre de résident sénior, j’ai rencontré un de mes anciens collègues de classe d’études supérieures. Il était hospitalisé et devait recevoir un traitement pour un stade avancé de SP progressive. Il m’a mis au défi de trouver des réponses sur cette maladie et un traitement efficace; j’ai décidé de relever le défi. Maintenant que nous disposons de traitements pour les formes précoces de la SP, nous avons désespérément besoin de moyens de réparer les lésions qui s’accumulent. Les avancées dans les domaines des neurosciences, de l’immunologie et de la biologie des cellules souches sont si rapides que je suis convaincu que nous aurons très bientôt des réponses. Jusque-là, je poursuivrai mes efforts sans relâche.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

La possibilité de regarder mes patients qui ont désespérément besoin de traitements efficaces et de leur dire : « J’essaie ». Actuellement, les obstacles auxquels je me bute sont l’absence de financement suffisant et la charge bureaucratique de plus en plus complexe imposée aux chercheurs par les établissements.

Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

Les centres qui travaillent seuls ne seront jamais capables de démontrer le bienfait d’un traitement. Il est donc primordial de faire partie d’essais multicentriques pour que des traitements soient approuvés.

Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

Ce soutien est extrêmement important, car sans lui, les quelques autres organismes ne seraient pas en mesure de fournir les fonds nécessaires pour que certains de nos travaux de recherche soient menés.

Pourquoi un donateur devrait-il soutenir vos travaux de recherche même si ceux-ci ne se déroulent pas à proximité (dans sa communauté, sa ville ou sa province)?

Les résultats de nos essais cliniques bénéficieront à tous les patients, peu importe où ils habitent dans le monde. Même si le pays est vaste, notre centre a accepté des patients qui proviennent de tous les coins du Canada.

En quoi ce type d’étude est-il si important, et que se passerait-il s’il n’y avait aucune source de financement possible?

La réalisation d’essais cliniques est extrêmement complexe; elle requiert le travail de grandes équipes et le financement qui permet de soutenir ces équipes. Un chercheur seul ne serait jamais en mesure d’obtenir des réponses crédibles telles que celles qui ressortent d’études multicentriques rigoureusement menées. Dans le cas de l’étude sur l’acide lipoïque, qui n’est pas appuyée par une entreprise pharmaceutique ou par une industrie qui pourraient tirer des bénéfices des résultats, bien peu, voire aucun soutien n’est offert. Le médicament étudié est un générique relativement peu coûteux, mais dont les bienfaits n’ont pas été démontrés dans le contexte de la SP. La réalisation de ce type d’étude, qui générera des données à l’appui d’une allégation d’efficacité, demande du financement qui ne peut être obtenu qu’auprès d’organismes tels que la Société canadienne de la SP.

Études du Dr Freedman subventionnées par la Société de la SP :

Greffe de cellules souches mésenchymateuses : étude sur le potentiel d’une thérapie cellulaire contre les formes inflammatoires de la SP


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