Société canadienne de la sclérose en plaques

Dre. Sarah A. Morrow

Professeur agrégée, Département des sciences neurologiques cliniques, Université Western

La Dre Morrow est professeure agrégée au Département des sciences neurologiques cliniques de l’Université Western, à London, en Ontario. Diplômée en médecine de l’Université de Calgary, elle a effectué sa résidence en neurologie à l’Université Western, puis elle a poursuivi sa formation à la clinique de SP de London, au sein du même établissement, grâce à une bourse de recherche clinique en SP. Elle a aussi reçu une bourse de recherche pour étudier la cognition dans le contexte de la SP aux côtés de M. Ralph Benedict, Ph. D., neuropsychologue au Jacobs Neurologic Institute, à Buffalo, New York. La Dre Morrow détient également une maîtrise en épidémiologie de l’Université d’État de New York à Buffalo. Outre son travail à la clinique de SP de London, elle a mis sur pied la première clinique de troubles cognitifs associés à la SP du Canada, à l’Institut Parkwood. Elle compte aussi à son actif plus de 70 publications évaluées par des pairs consacrées à la SP. Elle siège au conseil d’administration du Consortium of Multiple Sclerosis Centres (CMSC) et au comité de rédaction de deux revues scientifiques, soit l’International Journal of MS Care et le Canadian Journal of Neurological Sciences. Elle fait aussi partie du comité directeur de l’initiative de collaboration internationale intitulée « MS in the 21st Century », dont les membres ont pour mandat de définir ce que devraient être au 21e siècle le traitement de la SP et les normes en matière de soins destinés aux personnes atteintes de cette maladie. La Dre Morrow consacre ses travaux de recherche à la cognition dans le contexte de la SP ainsi qu’à l’utilisation des corticostéroïdes dans le traitement des poussées de SP.

Questions et réponses avec la Dre Morrow

Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

C’est au cours de mes études en médecine à l’Université de Calgary que j’ai commencé à m’intéresser à la recherche en SP. J’ai eu la chance de travailler avec la Dre Luanne Metz, directrice de la clinique de SP de l’Université de Calgary, dans le cadre d’une étude sur l’utilisation des corticostéroïdes oraux dans le traitement des poussées de SP. Ma participation à cette étude aux côtés de la Dre Metz et d’autres neurologues au sein de la clinique de SP m’a insufflé le désir de poursuivre ma carrière comme clinicienne-chercheuse spécialiste de la SP.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

En ce qui concerne mon programme de recherche, il y a deux choses qui me procurent beaucoup de satisfaction. Il y a d’abord mes interactions avec les patients. Les personnes atteintes de SP forment un groupe de gens avec qui il est intéressant d’agir, et ce, tant dans un contexte clinique que dans le cadre de travaux de recherche. Mes patients sont la raison pour laquelle je souhaite contribuer à l’amélioration des traitements contre la SP et de la qualité de vie des personnes aux prises avec cette maladie. Par ailleurs, j’apprécie beaucoup le fait d’élucider des questions laissées jusqu’alors sans réponse ou d’obtenir de nouveaux résultats qui auront des retombées positives pour les personnes vivant avec la SP ou qui contribueront à l’approfondissement des connaissances sur cette maladie.

Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

Les troubles cognitifs font partie des symptômes fréquents et désastreux de la SP et touchent de 40 à 65 p. 100 des personnes atteintes de cette affection. Les gens qui sont aux prises avec la SP et des troubles cognitifs sont souvent amenés, volontairement ou non, à réduire leur participation au marché de l’emploi; certains en viennent même à cesser de travailler. Les troubles cognitifs ont aussi un effet négatif sur les relations interpersonnelles. Des études ont déjà révélé qu’une fois amorcée, l’altération de la fonction cognitive constitue un processus dont l’inversion est peu probable. Or, contre ce symptôme affligeant, nous ne disposons d’aucun traitement. À cet égard, la collaboration entre les chercheurs revêt une importance capitale. Il arrive que nos travaux de recherche ne permettent pas de trouver des réponses à la question posée, mais qu’ils génèrent des connaissances qui orienteront les chercheurs dans une nouvelle direction ou suggéreront de nouvelles hypothèses. C’est uniquement en collaborant que les chercheurs atteindront leurs objectifs à long terme, à savoir améliorer les options thérapeutiques offertes contre la SP, ralentir ou entraver l’apparition des symptômes de cette maladie et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de SP.

Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

Je suis honorée d’avoir reçu le soutien de la Société de la SP, grâce auquel le financement de mes travaux a été possible. Mon étude est vraiment d’envergure pancanadienne. Elle regroupe des participants provenant de cinq villes situées d’un bout à l’autre du pays et porte sur un aspect de la SP encore peu étudié à ce jour. Sans le financement assuré par la Société de la SP, mon équipe et moi n’aurions pu entreprendre une telle étude.

Étude de la Dre Morrow subventionnée par la Société de la SP :

Étude comparative à double insu sur l’emploi de l’Adderall XR (gélules de sels mixtes d’amphétamine à libération prolongée) dans le traitement des troubles cognitifs chez les personnes atteintes de SP