M. Alain Simard

Ph. D., professeur agrégé, Division des sciences médicales, École de médecine du Nord de l’Ontario

Alain Simard dirige le laboratoire de neuroimmunologie de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, située à Sudbury, au Canada. Il a obtenu son doctorat de l’Université Laval, à Québec, en 2006. Sa thèse portait sur le rôle de l’inflammation du système nerveux central dans la neurodégénération, en particulier dans le contexte de la maladie d’Alzheimer et de la mort neuronale. Il a commencé à étudier les effets du système cholinergique sur l’inflammation et la sclérose en plaques pendant un stage de recherche postdoctoral au Barrow Neurological Institute de Phoenix, en Arizona (2007-2011). M. Simard a ensuite obtenu un poste de professeur adjoint à l’Université de Moncton (2011-2017) et est récemment devenu professeur agrégé à l’Université du Nord de l’Ontario (été 2017). Il poursuit ses travaux afin de mieux comprendre le rôle des neurotransmetteurs dans la régulation de l’inflammation et dans la communication intercellulaire et, ultimement, dans le contexte de la SP. Il a notamment découvert que la manipulation du système cholinergique permet de réduire considérablement la pénétration de cellules endommagées dans le système nerveux central chez des modèles animaux de SP.

Question et réponses avec M. Simard

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

J’ai été bénévole à l’unité des soins de longue durée de l’hôpital de ma ville pendant toute la durée de mes études secondaires et universitaires de premier cycle. Pendant cette période, j’ai rencontré un grand nombre de patients, dont quelques-uns étaient atteints de SP. La mère d’un de mes très bons amis et mentors avait également la SP, et sa passion pour la recherche sur cette maladie a été une source d’inspiration pour moi et me motive dans la recherche d’un remède.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

Ce qui me plaît le plus, c’est justement le fait que chaque jour apporte un nouveau défi! Parfois, les données recueillies n’ont rien à voir avec notre hypothèse de départ, et certaines expériences ne fonctionnent pas du tout comme prévu. Quand nous trouvons des solutions, le sentiment de réussite est incomparable.

Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

L’étude en cours m’amène à collaborer avec deux chercheurs de l’Université de la Floride. Mme Nicole Horenstein, Ph. D., produit de nouvelles molécules intéressantes, qui sont caractérisées par M. Roger Papke, Ph. D., en raison de leurs propriétés pharmacologiques. J’évalue ensuite la capacité des molécules les plus prometteuses à modifier le cours d’une maladie chez un modèle murin de SP et à apaiser l’inflammation causée par des cellules immunitaires humaines et murines. Le projet fait appel à différents domaines d’expertise, dont la chimie, la neurobiologie et l’immunologie. Le travail d’équipe est donc essentiel.

Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

La subvention offerte par la Société canadienne de la SP est indispensable à mes travaux actuels, car il s’agit de mon unique source de financement. Sans elle, je progresserais beaucoup plus lentement. Je suis donc infiniment reconnaissant envers la Société de la SP et tous ses généreux donateurs.

Si vous pouviez poser une seule question à une personne vivant avec la SP qui pourrait vous aider à concevoir une étude, quelle serait-elle?

La recherche peut prendre différents angles. Un projet peut porter sur les aspects cliniques, et un autre peut relever de la recherche fondamentale ou biomédicale. Mon étude s’inscrit plutôt dans le cadre de la recherche fondamentale. Nous tentons de mieux comprendre les mécanismes systémiques, cellulaires et moléculaires de la SP dans le but d’élaborer un jour des traitements potentiels. Une fois que nous avons trouvé un nouveau médicament potentiel, nous allons cependant poursuivre notre analyse des mécanismes moléculaires plutôt que de nous concentrer uniquement sur l’efficacité du médicament. L’information que nous recueillons permet parfois d’améliorer le médicament potentiel, mais ça exige énormément de temps. Trouvez-vous cette étape importante, ou devrions-nous plutôt tenter d’atteindre la phase clinique le plus rapidement possible?

Étude de M. Simard subventionnée par la Société de la SP :

Caractérisation du potentiel anti-inflammatoire et immunomodulateur des agonistes silencieux de la sous-unité alpha 7 du récepteur nicotinique de l’acétylcholine

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