Société canadienne de la sclérose en plaques

Mme. Jacqueline Quandt

Ph. D., professeure adjointe, Département de pathologie et de médecine de laboratoire, Université de la Colombie-Britannique

Mme Quandt est professeure adjointe au Département de pathologie et de médecine de laboratoire au Centre de la santé du cerveau de l’Université de la Colombie-Britannique. En plus d’assumer les fonctions de chercheuse et d’enseignante, elle occupe le poste de directrice adjointe du MS Research group (groupe de recherche sur la SP) de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle est titulaire d’un baccalauréat ès sciences spécialisé en microbiologie et en immunologie et a obtenu un doctorat en neuropathologie (Université de la Colombie-Britannique) en étudiant le recrutement des cellules immunitaires à la barrière hémato-encéphalique (BHE). Au cours du stage de recherche postdoctorale qu’elle a effectué aux National Institutes of Health à Bethesda, dans le Maryland, Mme Quandt a caractérisé le rôle joué par les lymphocytes T autoréactifs et les gènes du système HLA associés à l’apparition de maladies auto-immunes dans des processus pathologiques au sein de modèles humanisés. Elle a dirigé par la suite une unité de recherche sur des modèles animaux au sein de laquelle ses travaux étaient axés sur de nouvelles applications thérapeutiques visant à induire une tolérance immunitaire dans le contexte de la SP et des accidents vasculaires cérébraux. Son équipe de recherche continue d’examiner les contributions relatives des cellules et des médiateurs pro-inflammatoires à l’apparition de certaines maladies en s’intéressant plus particulièrement aux axes de recherche suivants : nouveaux traitements destinés à limiter l’activation cérébro-vasculaire et les altérations de la BHE, et identification des voies cytoprotectrices et neuroprotectrices dignes d’intérêt dans le cas de la SP et d’autres maladies inflammatoires et neurodégénératives. Mme Quandt a été titulaire d’une bourse de perfectionnement Donald Paty de la Société canadienne de la SP. Elle agit aujourd’hui à titre d’ambassadrice de la Société de la SP et s’efforce continuellement de rapprocher chercheurs, cliniciens et membres de la communauté de la SP en favorisant les échanges de connaissances. Suivez les travaux de Mme Quandt à l’adresse quandtlab.com ou sur Twitter : @jacquiequandt.

Questions et réponses avec Mme Quandt

Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

J’étais fascinée par le fait que le système immunitaire sur lequel nous comptons tellement pour nous protéger contre les envahisseurs étrangers (microbes) et le cancer pouvait par ailleurs avoir des effets aussi néfastes dans le cas d’une maladie comme la SP. Sachant que bon nombre des cellules qui sont nécessaires à la réparation et à la guérison à l’échelle cellulaire et à l’échelle tissulaire étaient également incriminées dans les lésions associées à l’évolution de la SP, je me suis intéressée plus particulièrement à l’équilibre entre les processus lésionnels et les processus de réparation dans lesquels peuvent intervenir les cellules immunitaires et leurs médiateurs dans le contexte de la SP. Les travaux de recherche de mon équipe portent essentiellement sur cet équilibre, puisqu’une meilleure compréhension de celui-ci peut enrichir notre corpus de connaissances et mener à terme à la découverte de traitements associés à un risque moindre et à de meilleurs effets protecteurs et réparateurs. Chacune des personnes atteintes de SP que j’ai rencontrées m’a décrit l’aspect de la maladie qui retentissait le plus sur sa vie et qui se répercutait le plus sur son quotidien. C’est bien parce que ces descriptions variaient considérablement d’une personne à l’autre que nous tenons compte de nombreux facteurs qui influent sur la qualité de vie des patients tels que la mobilité et les facultés cognitives, dans tous les aspects des études que nous menons – qu’elles portent sur des cellules dans une boîte de pétri, des échantillons prélevés sur les patients de SP ou des modèles de SP plus complexes.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

Je suis convaincue que nous faisons des progrès – que nous réussissons réellement à mieux comprendre les mécanismes pathologiques qui sous-tendent la SP et les stratégies qui permettent d’enrayer ces derniers et ainsi de favoriser la remyélinisation. J’estime que c’est un privilège et une expérience extrêmement gratifiante que de participer au recrutement et à la formation de jeunes chercheurs brillants qui se destinent à faire de la recherche sur la SP.

Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

En fin de compte, on ne cesse jamais d’apprendre en sciences. Pour explorer efficacement n’importe quel axe de recherche sur la SP, une démarche multidisciplinaire mettant à contribution des expertises diverses dans de nombreux domaines ainsi qu’une vaste expérience s’impose. Pour bien comprendre l’utilité de nos travaux de recherche pour les personnes atteintes de SP, il faut étudier des cellules, des modèles plus complexes et des échantillons et des tissus prélevés chez les personnes atteintes de SP. Enfin, pour que les travaux de recherche translationnelle soient efficaces (du laboratoire au chevet des patients et vice-versa), il faut unir nos efforts.

Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

Il est parfois difficile de former et de garder une équipe centrée sur la recherche, compte tenu de la récente diminution des fonds alloués à la recherche, mais nous faisons des progrès qui nous permettent de comprendre de mieux en mieux la SP. Le soutien que nous apporte la Société canadienne de la SP est essentiel au financement des travaux de recherche et à la formation des stagiaires. Autrement dit, nous ne pourrions pas faire grand-chose sans cet appui.

Si vous pouviez poser une seule question à une personne vivant avec la SP qui pourrait vous aider à concevoir une étude, quelle serait-elle?

En fait, j’ai des milliers de questions que je pose systématiquement aux personnes atteintes de SP. La première d’entre elles est la suivante : qu’est-ce qui changerait le plus les choses pour vous? Cette anecdote n’a rien à voir à la question qui m’a été posée ici, mais je n’oublierai jamais ma rencontre avec la conjointe d’une personne atteinte de SP qui avait été son aidante pendant des années. Elle insistait tout particulièrement sur le fait que les incapacités avaient été les principales manifestations de la SP tout au long de leur expérience avec cette maladie et qu’ils avaient toujours eu l’impression d’être prêts à y faire face ensemble et à tout ce qui pourrait arriver – du moins c’est ce qu’ils pensaient. Mais, la possibilité que la SP entraîne un déclin cognitif et la « perte de facultés mentales » ne les avait jamais effleurés, et à ce jour, ce sont les deux aspects les plus terribles de cette maladie pour eux. Ça m’a presque brisé le cœur d’entendre cette histoire.

Étude de Mme Quandt subventionnée par la Société de la SP

Caractérisation des rôles neuroprotecteurs des protéines de type bHLH (basic helix-loop-helix) baptisées Npas4 et ARNT2 dans le contexte de la neurodégénérescence inflammatoire liée à la sclérose en plaques