Société canadienne de la sclérose en plaques

Travaux de recherche subventionnés

Effets thérapeutiques d’un antagoniste de la molécule Mir-145-5p chez des souris atteintes d’une maladie semblable à la sclérose en plaques

Année de la subvention : 2020

Période : 3 ans

Montant du financement : 366 600 $

Établissement(s) : Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa

Province(s) : Ontario

Chercheur(s) : M. Rashmi Kothary

Objectifs d'impact : Compréhension et enrayement de la progression SP

Contexte : La sclérose en plaques (SP) est une maladie dans le contexte de laquelle la gaine des fibres nerveuses (myéline) est détériorée par le système immunitaire. Cette affection peut entraîner des troubles de la coordination et une paralysie partielle. La gaine de myéline est produite par un type de cellules spécialisées qu’on appelle « oligodendrocytes », lesquelles doivent subir des transformations morphologiques complexes avant de pouvoir s’acquitter de leur tâche. La capacité des oligodendrocytes à réparer la gaine de myéline endommagée diminue avec le temps, notamment en raison de la présence de facteurs inhibiteurs dans les lésions associées à la SP, ce qui a pour conséquence une aggravation de la maladie. Il est donc primordial que puissent être établies des stratégies consistant à renforcer le processus de remyélinisation (ou réparation de la myéline).

Aperçu : Selon les chercheurs qui mèneront la présente étude, le processus suivant lequel les oligodendrocytes deviennent des cellules productrices de myéline repose sur des réseaux géniques plutôt que sur des gènes en particulier. L’équipe de recherche procédera à des manipulations de molécules baptisées « microARN » – connues pour leur capacité à réguler un ensemble de gènes intervenant dans la transformation des oligodendrocytes – et s’emploiera à en étudier les effets. Par ailleurs, des résultats de recherche ont révélé la présence de concentrations élevées d’une molécule microARN appelée miR-145-5p aux sites des lésions causées par la SP. D’autres travaux ont quant à eux démontré qu’une carence en miR-145-5p chez la souris (à la suite d’une invalidation génétique) a pour effet de retarder l’apparition d’une maladie semblable à la SP (soit l’encéphalomyélite allergique expérimentale, ou EAE), d’atténuer la gravité des signes cliniques de l’EAE, ainsi que de réduire la durée de la paralysie suivant le déclenchement de cette maladie. Dans le cadre de l’étude dont il est ici question, l’équipe de recherche vérifiera si l’action d’un antagoniste spécifique de la molécule miR-145-5p procure des bienfaits thérapeutiques chez des souris atteintes d’une maladie semblable à la SP. Selon l’hypothèse émise par cette équipe, l’inhibition transitoire des molécules miR-145-5p lors du déclenchement de l’EAE chez la souris se traduira par une gravité moindre de cette affection. Les chercheurs provoqueront l’apparition de l’EAE chez des souris, qu’ils traiteront ensuite en leur injectant un oligonucléotide antisens ciblant la molécule miR-145-5p au moment de l’apparition de la maladie en vue de faire baisser les concentrations de miR145-5p. Par la suite, ils pourront déterminer si cette intervention aura entraîné une diminution de l’expression de la molécule miR145-5p, évaluer la progression de la maladie et se pencher sur les voies altérées dans le système nerveux central et les tissus lymphoïdes.

Retombées : L’étude décrite ici permettra d’évaluer l’intérêt que pourrait présenter sur le plan thérapeutique le fait d’inhiber un type particulier de molécule microARN, soit miR-145-5p, ainsi que d’établir si une telle démarche peut avoir une incidence à la fois sur la réparation du système nerveux central et l’immunomodulation. Si les chercheurs constatent que l’inhibition transitoire de la molécule miR-145-5p améliore le cours de la maladie, cette étude pourrait ouvrir la voie à d’autres travaux axés sur la mise à l’épreuve d’une telle démarche dans le contexte de la SP chez l’humain.

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