Société canadienne de la sclérose en plaques

Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Améliorer la collaboration et l’harmonisation des ressources à l’échelle internationale grâce à des stratégies de recherche en vue de la découverte de remèdes contre la sclérose en plaques : une feuille de route pour la recherche

Au cours des dernières décennies, nous avons considérablement enrichi nos connaissances sur la sclérose en plaques (SP) et réalisé des progrès majeurs au chapitre du traitement de cette maladie. Quoi qu’il en soit, les investissements dans des projets de recherche susceptibles d’aboutir à la découverte de remèdes contre la SP demeurent l’une de nos priorités. Dans le cadre d’un processus de concertation, la National MS Society (organisme états-unien de la SP) a recueilli le point de vue d’experts scientifiques, de professionnels de la santé et de personnes touchées par la SP des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni, en vue d’établir une feuille de route pour la recherche qui définit des stratégies de recherche en vue de la découverte de remèdes contre la SP. De nombreux organismes nationaux de la SP, y compris la Société canadienne de la SP, ont appuyé cette feuille de route.

La feuille de route en question s’articule autour de trois stratégies :

STOPPER : Stopper le processus pathologique sous-jacent à la SP. Grâce à cette stratégie, il n’y aurait plus de nouvelles périodes d’activité de la maladie ni de nouvelles lésions du système nerveux central, plus de détérioration du fonctionnement au quotidien ou de la qualité de vie, plus de variabilité des manifestations de la maladie. Elle préviendrait l’accumulation d’incapacités et permettrait de créer des conditions propices à la réparation de la myéline et des axones et à l’activation d’autres voies qui favorisent la restauration des capacités fonctionnelles.

Recommandations pour la correction des lacunes actuelles en la matière :

  • Comprendre les mécanismes qui sous-tendent les prodromes de la SP – soit les signes ou les symptômes avant-coureurs non spécifiques qui se manifestent avant l’apparition de la maladie en tant que telle – de façon à améliorer l’établissement du diagnostic et à favoriser un traitement précoce.
  • Pouvoir utiliser des biomarqueurs et des outils pour mieux comprendre les différences biologiques qui existent d’une personne à l’autre quant à l’évolution de la SP.
  • Avoir des outils qui contribuent à la sélection d’interventions et de stratégies thérapeutiques plus précises (médecine personnalisée, par exemple).
  • Mettre au point des traitements contre les formes/stades progressifs de la SP.

RESTAURER : Restaurer les capacités fonctionnelles perdues par la régression des lésions et des symptômes. Les médicaments modificateurs de l’évolution de la maladie (MMÉSP ou immunomodulateurs) limitent le nombre de poussées et retardent l’aggravation des incapacités dans certains cas, mais leurs effets en matière d’amélioration ou de restauration des capacités fonctionnelles sont limités. Il importe donc que nous puissions améliorer la régénération et la remyélinisation tout en mettant l’accent sur des stratégies de prise en charge des symptômes et d’amélioration de la qualité de vie.

Recommandations pour la correction des lacunes actuelles en la matière :

  • Comprendre les mécanismes physiologiques qui interviennent dans les processus de régénération et de réparation (c.-à-d. comprendre le rôle de divers facteurs associés à la régénération et à la réparation des fibres nerveuses lésées tels que le vieillissement, le sexe et les facteurs génétiques, entre autres).
  • Définir des paramètres d’évaluation qui tiennent compte de la régénération et/ou du rétablissement fonctionnel.
  • Concevoir des plans d’essais cliniques qui favorisent la mise au point d’interventions axées sur la réadaptation et le mieux-être.
  • Standardiser les paramètres d’évaluation des essais cliniques.

ÉRADIQUER : Éradiquer la SP par la prévention. Autrement dit, faire en sorte qu’il n’y ait plus de nouveaux cas de SP. D’une part, cette stratégie vise la prévention de la SP au sein de la population générale – c’est ce que l’on appelle la prévention primaire. Il s’agirait de réduire, voire d’éliminer, l’exposition aux facteurs de risque environnementaux (faible taux de vitamine D, obésité à l’adolescence, tabagisme, infection par le virus d’Epstein-Barr) et de prendre des mesures de prévention plus ciblées dans le cas des personnes exposées à un risque élevé de SP. D’autre part, elle englobe la prévention secondaire, qui consiste à dépister la SP à ses tout débuts (pendant la phase prodromique notamment), afin que soit retardée, voire prévenue, l’apparition de cette maladie.

Recommandations pour la correction des lacunes actuelles en la matière :

  • Connaître les facteurs de risque qui sont nécessaires et suffisants pour que la SP se déclare, ainsi que les périodes critiques d’exposition à ceux-ci.
  • Mettre en place des interventions de santé publique visant l’élimination ou, à tout le moins, la réduction de l’exposition aux facteurs de risque de SP.
  • Faire toute la lumière sur le rôle des facteurs génétiques et épigénétiques (facteurs non génétiques qui influent sur l’expression génique), à savoir dans quelle mesure ils contribuent au risque de SP et à l’apparition de cette maladie.
  • Élucider les mécanismes pathologiques qui contribuent au déclenchement de la SP.
  • Trouver des biomarqueurs (marqueurs biologiques [présents dans les liquides biologiques]/radiographiques [mis en évidence par imagerie]/cliniques) qui permettront de repérer les personnes exposées à un risque élevé de SP.
  • Définir/réaliser des interventions qui permettront de prévenir l’apparition de la SP au sein de la population à haut risque.

L’objectif de cette feuille de route consiste à fournir des pistes d’amélioration de la collaboration et de l’harmonisation des ressources à l’échelle internationale, de façon à ce que puissent être accélérés les progrès scientifiques qui aboutiront à la découverte de remèdes contre la SP. Elle fera l’objet d’une révision bisannuelle en vue de la mise en évidence des progrès réalisés et de la prise en compte des technologies et des approches qui auront été élaborées entre-temps. 

Référence :

BEBO, B. F., M. ALLEGRETTA, D. LANDSMAN et coll. « Pathways to cures for multiple sclerosis: A research roadmap », Multiple Sclerosis Journal, 2022;28(3):331-345. doi:10.1177/13524585221075990.

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