Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Cas de LEMP signalé en Europe chez une patiente traitée par le Gilenya

L’entreprise pharmaceutique Novartis Pharma Canada inc. (Novartis) a récemment été informée d’un cas de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) survenu en Europe chez une personne qui avait pris du Gilenya* (fingolimod) pour le traitement de la sclérose en plaques (SP).

Novartis collabore avec le médecin qui a signalé le cas afin de mieux comprendre tous les facteurs susceptibles d’avoir contribué à l’apparition de la LEMP, y compris le traitement, mais sans s’y limiter. L’évolution de la maladie neurologique sous-jacente de la patiente, qui se traduisait par des signes cliniques et par des lésions à l’IRM inhabituels, a été rapide. Le traitement par le Gilenya a été instauré après un mois de traitement par un interféron et par l’azathioprine (un autre immunosuppresseur destiné au traitement des maladies auto-immunes) et il a duré 7 mois. La patiente a également suivi plusieurs cycles de corticothérapie (traitement par des corticostéroïdes) à fortes doses avant et pendant le traitement par le Gilenya.

Information sur le Gilenya

Le Gilenya est le premier médicament oral modificateur de l’évolution de la maladie qui a été approuvé par Santé Canada (2011) pour le traitement de la SP. En général, il est prescrit à des personnes qui ont déjà fait l’essai d’un ou de plusieurs autres traitements contre la SP, mais qui ne les tolèrent pas ou qui y sont réfractaires. Il est également indiqué en monothérapie pour le traitement de la SP cyclique; plus précisément, pour réduire la fréquence des poussées et retarder la progression des incapacités physiques. L’approbation du Gilenya repose sur les résultats de deux études cliniques de grande envergure menées auprès de plus de 1 200 participants.

Le Gylenia se présente sous la forme d’une capsule qui s’administre une fois par jour par voie orale. On croit qu’en favorisant la rétention des globules blancs dans les ganglions lymphatiques, il empêche ces cellules de pénétrer dans le système nerveux central où elles seraient susceptibles de provoquer des lésions inflammatoires.

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Information sur la leucoencéphalopathie multifocale progressive

La leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une affection cérébrale rare, généralement mortelle, qui est provoquée par une infection à virus JC (JCV). Son apparition est principalement associée à un affaiblissement marqué du système immunitaire. Elle peut se manifester par les symptômes suivants : affaiblissement progressif d’un côté du corps, lourdeur des membres, troubles de la vue, troubles de la pensée, de la mémoire et de l’orientation, confusion et modification de la personnalité.

Trois cas de LEMP avaient été signalés dans le cadre des essais cliniques ayant porté sur le Tysabri, un traitement contre la SP. Deux des personnes concernées sont mortes : il s’agissait d’une personne atteinte de SP qui prenait aussi l’Avonex et d’une personne atteinte de la maladie de Crohn qui prenait aussi des immunosuppresseurs. Depuis que Santé Canada a approuvé l’emploi du Tysabri pour le traitement de la SP en 2006, d’autres cas de LEMP, dont des cas mortels, ont été rapportés.

Un cas de LEMP a été signalé en 2012 dans un autre pays que le Canada chez une personne traitée par le Gylenia. D’après Novartis, la LEMP était probablement imputable au traitement précédent (en l’occurrence, le Tysabri) dans ce cas. Cela dit, l’entreprise n’a pas écarté la possibilité que le Gylenia ait pu contribuer à l’apparition de la maladie. On n’a enregistré aucun autre cas de LEMP qui soit directement attribuable à l’emploi du Gylenia chez les 71 000 personnes ayant été traitées à ce jour par ce médicament.

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Présentation du cas

Les renseignements médicaux détaillés ci-dessous qui ont été envoyés à Novartis sont fondés sur les données dont on dispose actuellement :

  • La patiente, une femme d’Europe de l’Est âgée de 46 ans, ressentait une faiblesse du côté droit. L’examen d’IRM qu’elle a subi a révélé la présence de petites lésions au cerveau et d’une importante lésion inflammatoire à la moelle épinière. On n’a pas détecté de bandes oligoclonales dans le liquide céphalo-rachidien. Le test de dépistage du JCV s’est révélé négatif. La patiente s’est complètement rétablie après avoir reçu de fortes doses de corticostéroïdes. Elle a reçu un diagnostic de SP en mai 2012.
  • En août 2012, elle a été en proie à des symptômes similaires, et en septembre, elle ne pouvait déjà plus se déplacer sans aide à la marche, malgré plusieurs cycles de corticothérapie prolongée. À l’IRM, on observait encore des lésions cérébrales et des lésions à la moelle épinière.
  • En octobre 2012, la patiente a commencé à prendre de l’interféron bêta-1a et de l’azathioprine, mais on a mis fin à ce traitement au bout d’un mois en raison de son inefficacité. Elle a passé un autre test de dépistage du JVC qui s’est révélé négatif. On ignore si elle était alors porteuse d’anticorps anti-JCV.
  • Le traitement par le Gylenia a été instauré en novembre 2012. Cela dit, l’état de la patiente a continué à se dégrader : la faiblesse qu’elle ressentait s’est intensifiée progressivement si bien qu’elle a dû commencer à utiliser une aide à la marche pour chaque jambe.
  • L’état de la patiente a empiré entre avril et juin 2013 (troubles de la vue, de la parole et de la mémoire, confusion et paralysie évolutive). La patiente a suivi plusieurs cycles de corticothérapie à fortes doses (un cycle à peu près tous les mois), mais leur efficacité était limitée.
  • On a mis fin au traitement par le Gylenia le 20 juin 2013. La patiente a été transférée à un autre centre hospitalier où l’on a évalué la possibilité de lui faire subir une greffe de moelle osseuse. Comme elle présentait des signes de paralysie et de désorientation, on a soupçonné une inflammation au cerveau et on lui a administré des corticostéroïdes à fortes doses. Lors de la dernière évaluation de la patiente, l’examen d’IRM a révélé la présence d’importantes lésions cérébrales s’accompagnant de lésions tissulaires étendues. Cette fois, les résultats du test de dépistage du JCV qu’elle a passé étaient positifs.

Conclusion

Étant donné la complexité et la rareté de ce cas, le neurologue a soumis la patiente à une batterie de tests afin d’écarter la possibilité d’autres diagnostics tels que la neuromyélite optique (inflammation du nerf optique et de la moelle épinière). Les clichés d’IRM ont été envoyés au Medical Image Analysis Centre de l’Université de Bâle (en Suisse) aux fins d’une évaluation approfondie. La Société canadienne de la SP continuera de transmettre tous les éléments d’information dont elle aura pris connaissance.

POINT D’INFORMATION : Selon une déclaration récente de Novartis, la maladie sous-jacente de cette personne était une neuromyélite optique aiguë (NMO) à évolution rapide et non la sclérose en plaques.

*Gilenya est une marque de commerce de Novartis

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