Société canadienne de la sclérose en plaques

Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Des chercheurs découvrent un nouveau mécanisme qui expliquerait les différences observées entre les femmes et les hommes quant à la gravité de la sclérose en plaques

  • Étude canadienne
  • Étude financée par la Société de la SP

M. Manu Rangachari, Ph. D., et son équipe de recherche de l’Université Laval ont découvert un nouveau mécanisme sous-jacent aux différences observées entre les femmes et les hommes qui sont atteints de sclérose en plaques (SP). Il est bien établi que le sexe biologique est l’un des principaux facteurs déterminants de l’incidence de la SP; en effet, les femmes sont de deux à trois fois plus susceptibles que les hommes d’avoir cette maladie. Reste à déterminer cependant pourquoi la SP tend à évoluer plus rapidement et de manière plus virulente chez les hommes.

En mettant au point un modèle murin d’une maladie semblable à la SP, M. Rangachari et son équipe ont découvert que les cellules immunitaires (les lymphocytes T, et plus particulièrement les lymphocytes TH17) sont plus pathogènes chez les souris mâles que chez les souris femelles, ce qui se traduit par une forme progressive et plus grave de la maladie chez les mâles. Ils ont démontré que ce pouvoir pathogène accru des lymphocytes T chez les mâles serait la conséquence d’une diminution de l’expression du gène Jarid1c, soit un gène immunorégulateur qui est situé sur le chromosome X et qui est capable de réduire la capacité des lymphocytes T à provoquer des symptômes semblables à ceux de la SP chez la souris. Les chercheurs ont également confirmé que le taux d’expression du gène Jarid1c était faible dans les lymphocytes T de personnes atteintes de SP, et plus précisément qu’il était plus faible dans les lymphocytes T prélevés chez des hommes que dans ceux prélevés chez des femmes. Ces résultats indiquent que le gène Jarid1c joue peut-être un rôle dans la régulation de l’activité des lymphocytes T dans la physiopathologie de la SP et que ce rôle dépendrait du sexe biologique.

Cette étude constitue une avancée majeure, en ce sens qu’elle nous permet de mieux comprendre dans quelle mesure le sexe biologique peut déterminer la gravité de la SP. Il faudra toutefois poursuivre les travaux de recherche sur la question pour comprendre comment le gène Jarid1c influe sur la gravité de la SP et établir s’il pourra un jour servir de cible thérapeutique.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Cell Reports. Pour en savoir plus sur cette étude de recherche prometteuse, veuillez visionner la vidéo ci-dessous.

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