Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Deux études financées par la Société de la SP ont pour but de faire avancer les connaissances sur la réparation des nerfs altérés par la SP

  • Étude canadienne
  • Étude financée par la Société de la SP

Contexte : Où en sont les connaissances sur la remyélinisation dans le contexte de la SP?

La plupart des traitements contre la sclérose en plaques ciblent les composantes du système immunitaire qu’on croit à l’origine des lésions au cerveau et à la moelle épinière. Bien que ces traitements « immunomodulateurs » parviennent à réduire les lésions myéliniques, aucun ne permet à la myéline de se régénérer là où le tissu nerveux est altéré. Sans remyélinisation, les lésions aux fibres nerveuses risquent de s’aggraver, ce qui constitue souvent le premier pas vers la SP progressive.

Deux études permettent d’en savoir plus sur la remyélinisation

On en sait de plus en plus sur le processus de régénération de la myéline qui suit une poussée de SP et qu’on appelle la remyélinisation. En effet, les résultats publiés dernièrement de deux études financées par la Société de la SP font état d’avancées intéressantes relativement à la compréhension des mécanismes de remyélinisation et des composants cellulaires en cause.

Une première étude est en cours au Medical Research Council Centre for Regenerative Medicine, à l’Université d’Édimbourg, menée par la Dre Véronique Miron, qui est titulaire d’une bourse de recherche postdoctorale de la Société de la SP et dont les travaux de recherche portent principalement sur la régénération de la myéline. Selon les résultats de cette étude, publiés dans la revue Nature Neuroscience, il existe un lien entre la SP et un groupe de cellules appelées macrophages. Ces derniers, qui remplissent des fonctions immunitaires essentielles, ont la capacité de reconnaître et de « présenter » aux leucocytes (globules blancs) les envahisseurs étrangers auxquels les leucocytes doivent s’attaquer. Or, de récentes études semblent indiquer que les macrophages interviendraient dans le processus inflammatoire à l’origine de l’aggravation de la SP. D’autres études ont toutefois démontré que les macrophages sont aussi capables de stimuler la remyélinisation. La Dre Miron et son équipe tentent donc d’en apprendre davantage sur les rôles antagonistes des macrophages dans le contexte de la SP.

De leur côté, deux titulaires d’une bourse de stagiaire de recherche au doctorat, Ryan O’Meara et John-Paul Michalski, se sont penchés sur un autre aspect de la remyélinisation. Réalisant leurs travaux sous la supervision du Dr Rashmi Kothary, chercheur principal d’une étude financée par la Société de la SP, de l’Institut de recherche de L’Hôpital d’Ottawa, les deux boursiers ont publié un article dans la revue The Journal of Neuroscience dans lequel ils décortiquent le mécanisme de formation de l’oligodendrocyte. Comme les olygodendrocytes sont les cellules productrices de la myéline, cette information s’avère fondamentale pour qu’on puisse déterminer la capacité de remyélinisation dans un contexte de SP. Dans leur article, les chercheurs abordent également le rôle essentiel que joue la kinase liée aux intégrines (KLI) dans le développement des oligodendrocytes et, par conséquent, dans la production de la myéline.

Méthodologie et résultats

Les travaux menés jusqu’à présent par la Dre Miron et ses collaborateurs comportaient une série d’études animales et cellulaires d’avant-garde qui ont permis aux chercheurs d’observer de près la façon dont les macrophages influaient sur le processus pathologique de la SP. Ils ont découvert que les macrophages avaient la capacité de se transformer en un sous-type spécifique de macrophages qui favorisent la réparation de la myéline. Ils ont aussi découvert qu’en présence de détérioration ou de déperdition de la myéline, les macrophages libéraient un composé appelé activine A, qui stimule la production de myéline.

Ayant aussi recours à des études animales et cellulaires, le Dr O’Meara et son équipe se sont penchés sur le rôle de la KLI dans le développement de l’oligodendrocyte et quant à la capacité de ce dernier de produire la myéline. Les données recueillies ont révélé qu’une réduction de la KLI nuisait au développement des oligodendrocytes et à la capacité de ceux-ci de produire la myéline censée entourer les fibres nerveuses. Les chercheurs ont poussé leurs travaux plus loin en déterminant quels étaient les mécanismes touchés par une réduction de la KLI, ce qui leur a permis de cerner d’importantes voies par lesquelles les oligodendrocytes produisent la myéline.

Pertinence

Les études en science fondamentale portant sur la biologie dans sa forme la plus approfondie sont cruciales dans la recherche de réponses sur la SP. Les données qu’elles nous permettent d’obtenir ouvrent en effet la voie vers la mise au point de traitements qui permettront de stopper la SP et de contribuer à l’amélioration de la santé. Des progrès énormes ont déjà été réalisés en vue de la compréhension de la nature autoimmune de la SP, mais les traitements conçus pour limiter les effets nuisibles des cellules immunitaires ne sont encore que partiellement efficaces.

« Les médicaments approuvés pour le traitement de la sclérose en plaques visent à réduire les lésions initiales à la myéline – ils ne favorisent pas la régénération de la myéline. L’étude que nous menons pourrait contribuer à la découverte de nouvelles cibles médicamenteuses qui favoriseront la remyélinisation et contribueront à la récupération des fonctions perdues chez les personnes atteintes de SP. » – Dre Miron

Percer le mystère du processus complexe de la remyélinisation pourrait donner lieu à des changements considérables dans la façon de traiter la SP. Cela permettrait notamment la mise au point d’une nouvelle classe de médicaments qui favoriseraient la réparation de la myéline et contribueraient par conséquent non seulement à réduire les troubles de communication entre les neurones du cerveau, mais aussi à améliorer les fonctions de l’organisme. De tels médicaments auraient également pour effet de ralentir la progression de l’incapacité, voire d’y mettre un frein, prévenant ainsi l’apparition d’une forme progressive de SP.

Finalement, les deux études financées par la Société de la SP qui ont fait récemment l’objet d’une publication ont permis la découverte de nouvelles composantes biologiques qui, si elles deviennent des cibles thérapeutiques, pourraient favoriser la réparation de la myéline détériorée par la SP.

« Pour arriver à promouvoir la remyélinisation, nous devons d’abord comprendre comment s’opère la myélinisation. Notre étude nous a permis de découvrir que la KLI contribuait à la myélinisation, et cette information s’avérera utile lorsque nous envisagerons des moyens de favoriser la remyélinisation. »
– Ryan O’Meara

Sources

MIRON, V. E. et coll. « M2 microglia and macrophages drive oligodendrocyte differentiation during CNS remyelination », Nature Neuroscience, 2013 July 21 [diffusion en ligne avant impression].

O’MEARA, R.W. et coll. « Integrin-linked kinase regulates process extension in oligodendrocytes via control of actin cytoskeletal dynamics », The Journal of Neuroscience, 2013; 33(23):9781-93.

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