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Étude de phase I-II sur l’administration de doses progressives de vitamine D3 et de calcium à des personnes atteintes de sclérose en plaques

  • Étude canadienne

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Résumé

Un faible taux de vitamine D a été associé à une prévalence et un risque accrus de sclérose en plaques (SP). Pourtant, le potentiel thérapeutique de la vitamine D dans les cas de SP définie n’a pas été exploré. Des chercheurs du Canada ont mené une étude prospective sur la tolérabilité de doses élevées de vitamine D orale et les effets biochimiques, immunologiques et cliniques de ce traitement sur des personnes atteintes de SP. Burton JM, Kimball S, Vieth R, Bar-Or A, Dosch HM, Cheung R, Gagne D, D'Souza C, Ursell M, O'Connor P. Neurology. 2010 Jun 8;74(23):1852-9. Diffusé en ligne le 28 avril 2010.

Détails

Dans le cadre d’une étude prospective comparative et ouverte, d’une durée de 52 semaines, des personnes atteintes de SP ont été appariées à des témoins de façon aléatoire, selon des données démographiques et des caractéristiques de la maladie. Les membres du groupe traité ont reçu des doses progressives de vitamine D jusqu’à concurrence de 40 000 UI par jour, durant 28 semaines, dans le but de faire s’élever rapidement leur taux de 25-hydroxyvitamine D [25(OH)D] sérique et d’évaluer la tolérabilité de ce traitement. Puis, la dose quotidienne a été abaissée à 10 000 UI (12 semaines) et diminuée progressivement jusqu’à 0. Les participants ont pris du calcium (1200 mg/jour) tout au long de l’étude. Celle-ci visait principalement à relever les variations moyennes du taux de calcium sérique à tous les changements de dose de la vitamine D et à comparer les deux groupes quant à leur taux de calcium sérique. Elle portait en second lieu sur la mesure du 25(OH)D et d’autres mesures biochimiques, les biomarqueurs immunologiques, les poussées et le score à l’échelle élaborée d’incapacité (EDSS).

Au total, 49 patients, soit 25 personnes traitées et 24 témoins, (âge moyen de 40,5 ans, score EDSS moyen de 1,34 et taux moyen de 25(OH)D de 78 nmol/l). Toutes les mesures liées au calcium au sein des groupes et entre les groupes étaient normales. Malgré un pic moyen de 413 nmol/l de 25(OH)D, aucun événement défavorable grave n’a été enregistré. Bien que les données sur les résultats cliniques puissent porter à confusion, il semble que, comparés aux témoins, les patients traités ont subi moins de poussées et ont présenté une réduction persistante de la prolifération des cellules T.

CONCLUSIONS. L’administration de doses élevées de vitamine D (environ 10 000 UI/jour) est sans danger pour les personnes atteintes de SP. Ce traitement a également un effet immunomodulateur.

CLASSIFICATION DES DONNÉES PROBANTES. Cette étude a produit des données probantes de classe II, selon lesquelles l’administration de doses élevées de vitamine D durant 52 semaines à des personnes atteintes de SP n’augmente pas le taux de calcium sérique de manière significative chez ces personnes comparativement à des patients non soumis à ce traitement. Cela dit, les résultats statistiques de cette étude manquaient de précision, et son protocole ne permettait pas d’évaluer adéquatement les changements cliniques (poussées et score à l’EDSS). Par conséquent, les données probantes en relation avec ces résultats ont été classées au niveau IV.

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