Société canadienne de la sclérose en plaques

Nouvelles récentes sur la recherche en SP

La collaboration se poursuit entre la Société canadienne de la SP et le Centre for Drug Research and Development alors que de nouveaux travaux de recherche translationnelle sur la SP progressive sont lancés

  • Étude financée par la Société de la SP

La Société canadienne de la SP et le Centre for Drug Research and Development (CDRD) sont ravis de renouveler leur association dans le cadre du financement de nouveaux travaux de recherche translationnelle qui pourraient mener à la mise au point de traitements modificateurs de l’évolution de la sclérose en plaques (SP), au profit des personnes atteintes de SP progressive. C’est à la suite d’un processus d’examen par les pairs assuré par un groupe de spécialistes de la SP et de la recherche translationnelle que le projet d’étude translationnelle du Dr Philippe Séguéla, de l’Institut neurologique de Montréal, a été sélectionné. Le scientifique pourra ainsi collaborer avec le CDRD dans la poursuite de travaux sur la SP progressive qu’il avait entamés précédemment et qui portaient plus particulièrement sur le blocage de certains canaux ioniques au sein du cerveau. La Société de la SP s’est engagée à financer cette étude à hauteur de 120 100 $, et ce, grâce aux fonds amassés à l’occasion du gala annuel du mouvement Unies pour la SP.

Description de l’étude du Dr Séguéla

Les cellules nerveuses au sein du cerveau (qu’on appelle neurones) communiquent entre elles par l’intermédiaire de signaux électriques et chimiques. Certains de ces signaux sont déclenchés par le mouvement de petites molécules (ions) entre les neurones. À la surface des neurones se trouvent des canaux qui permettent aux ions d’entrer et de sortir de la cellule. On a démontré que parmi ceux-ci, les canaux ioniques ASIC (de l’anglais acid-sensing ion channels) contribuent à la neurodégénérescence dans le contexte de la SP et qu’ils se trouvent en nombre accru dans les lésions cérébrales. Les chercheurs ont par ailleurs découvert que le fait de bloquer les fonctions de ces canaux avait un effet neuroprotecteur chez des animaux atteints d’une maladie semblable à la SP.

Avec l’aide d’experts du CDRD, l’équipe de recherche du Dr Séguéla tentera de trouver des composés qui non seulement peuvent inhiber l’activité des canaux ASIC, mais aussi limiter la neurodégénérescence chez les personnes aux prises avec une forme progressive de SP. Dans ce but, les experts du CDRD passeront au crible des milliers de petites molécules et utiliseront des cellules comportant les canaux ioniques en question, préalablement élaborées par le Dr Séguéla. Les chercheurs recourront à diverses méthodes pour vérifier si certaines de ces molécules ont la capacité de bloquer les canaux ASICS. Ils essaieront ensuite d’accroître la puissance des molécules sélectionnées afin de mettre au point des médicaments efficaces à partir de celles-ci.

Plus tard, des essais devront être réalisés auprès de modèles animaux de SP, dans le but ultime d’en arriver à des candidats thérapeutiques prometteurs pour le traitement de la SP progressive.

Commentaires

Bien que treize médicaments modificateurs de l’évolution de la SP aient été approuvés au Canada pour le traitement de la SP cyclique, aucun ne l’a encore été pour le traitement de la SP progressive, ce qui constitue une lacune. Le partenariat entre la Société de la SP et le CDRD est essentiel à la transposition des résultats de la recherche du laboratoire à la clinique. Grâce aux infrastructures et aux capacités dont dispose le CDRD au chapitre de l’élaboration et de la commercialisation des médicaments, le Dr Séguéla pourrait réussir à franchir les diverses étapes qui permettent la réalisation d’essais cliniques à partir des découvertes issues de la recherche fondamentale.