Nouvelles récentes sur la recherche en SP

La qualité de l’alimentation a-t-elle un lien avec le degré d’incapacité et la gravité des symptômes dans le contexte de la SP?

Contexte : l’alimentation a-t-elle un lien avec la progression de la SP?

Certaines personnes atteintes de SP voient leur état s’aggraver, mais d’autres, non. Dans certains cas, la SP progresse rapidement, alors que dans d’autres, celle-ci reste stable des années durant. Ce phénomène demeure inexpliqué, ce qui est très frustrant pour toutes les personnes concernées par cette maladie. Que nous soyons en santé ou malades, nous pouvons tous modifier notre alimentation. Or, celle-ci constitue-t-elle un facteur modifiable pouvant favoriser un ralentissement de la progression de la SP? De nombreux régimes ont gagné en popularité parce qu’on croyait qu’ils contribuaient à la réduction des symptômes de SP. Toutefois, peu d’études ont porté sur les effets de ces régimes dans le contexte de la SP.

Une équipe de chercheurs dirigée par la Dre Kathryn Fitzgerald et dont fait partie la Dre Ruth Ann Marrie, chercheuse et neurologue subventionnée par la Société de la SP, a publié un rapport à ce propos dans la revue Neurology.Les auteurs se sont penchés sur le lien potentiel entre la qualité de l’alimentation/l’adoption d’un régime particulier et la gravité des symptômes chez les personnes atteintes de SP.

Étude : des participants au registre de personnes atteintes de SP NARCOMS ont répondu à un questionnaire portant sur leur alimentation et les incapacités qu’ils éprouvent. Les chercheurs ont mis en corrélation les réponses reçues.

Les chercheurs ont soumis un questionnaire portant sur l’alimentation à des participants au registre international de personnes atteintes de SP baptisé North American Research Committee on MS (NARCOMS). Les questions, qui avaient trait à la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de produits céréaliers, de sucre, de viande rouge et de viandes transformées, ont permis aux chercheurs d’effectuer une évaluation chiffrée de la qualité de l’alimentation de chaque participant. Pour déterminer de quelle façon l’alimentation et d’autres facteurs liés au mode de vie tels que l’activité physique et le tabagisme pouvaient être associés à la gravité de la SP, les chercheurs ont eu recours à un autre questionnaire, intitulé Patient-Determined Disease Steps (PDDS), lequel est basé sur l’évaluation que font les patients de leur propre état.

Résultats : les personnes atteintes de SP qui avaient une meilleure alimentation que les autres présentaient un meilleur état de santé.

En tout, 6 989 personnes atteintes de SP ont répondu au questionnaire sur l’alimentation. Les réponses de l’ensemble de ces personnes ont été prises en compte dans l’analyse qui a par la suite été effectuée. Les participants qui ont obtenu un score élevé relativement à la qualité de leur alimentation, soit ceux dont l’alimentation était riche en fruits, en légumes, en légumineuses et en produits céréaliers, mais pauvre en sucre et en viande rouge, étaient moins susceptibles que les autres de présenter de graves incapacités ou une dépression (risque réduit de 20 %). L’analyse a également révélé que les personnes qui avaient un mode de vie plus sain que les autres, soit celles qui avaient une alimentation saine, qui faisaient de l’activité physique de façon régulière et qui ne fumaient pas, présentaient un risque inférieur de 30 % d’éprouver de la fatigue, et un risque inférieur de 40 % de ressentir de la douleur.

Commentaires :

Cet article apporte un éclairage nouveau sur l’importance de l’alimentation dans le contexte de la SP. Les résultats de l’analyse doivent toutefois être interprétés avec prudence en raison des limites du questionnaire utilisé par les chercheurs. En effet, celui-ci ne permettait de collecter que peu d’information sur les types de gras consommés par les participants et ne donnait pas à ces derniers la possibilité de préciser les divers types de produits laitiers faisant partie de leur alimentation. En outre, les participants à l’étude étaient généralement assez âgés, et la plupart étaient des Blancs et avaient reçu un diagnostic de SP depuis près de 20 ans. Par conséquent, les résultats ne peuvent peut-être pas s’appliquer à l’ensemble des personnes atteintes de SP. Enfin, d’autres études seront requises pour permettre l’enrichissement des connaissances sur les bienfaits que peuvent avoir l’alimentation et un mode de vie sain sur l’évolution de la SP. De telles études permettraient également de vérifier si l’adoption d’un mode de vie sain peut avoir un effet bénéfique sur l’évolution de la SP, d’une part, et si la progression de la SP entraîne quant à elle un déclin des saines habitudes de vie, d’autre part.

Source :

FITZGERALD, K. et coll. « Diet quality is associated with disability and symptom severity in multiple sclerosis », Neurology, 2017, 90(1): e1-e11.

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