Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Les progrès de la recherche en SP, à l’avant-scène du congrès de l’Académie américaine de neurologie

Afficher ou imprimer ce document dans son format original.

Plus de 10 000 chercheurs et neurologues praticiens de partout dans le monde se sont réunis pour le 63e congrès annuel de l’Académie américaine de neurologie (AAN), qui a été tenu à Honolulu, le mois dernier. Plus de 500 présentations liées à la sclérose en plaques y ont été données. Des titulaires de bourse de la National MS Society (organisme états-unien de la SP) et de la Société canadienne de la SP comptaient parmi les participants qui ont fait des exposés sur de nouvelles façons d’aborder la lutte contre la SP, le rétablissement des fonctions altérées et l’éradication totale de cette maladie. Voici les faits saillants de ce congrès. Pour accéder gratuitement aux résumés des présentations de 2011, rendez-vous sur le site Web du congrès annuel de l’AAN (http://www.aan.com/go/am11/science).

Recherche menée dans le but de stopper la SP
— Traitements expérimentaux potentiellement efficaces

Le laquinimod. Les résultats préliminaires du vaste essai clinique international de phase III sur le laquinimod (Industries pharmaceutiques Teva), mené auprès de personnes atteintes d’une forme cyclique (poussées-rémissions) de SP, ont été présentés par le Dr Giancarlo Comi (Université de Milan). Un autre essai de grande envergure sur cet immunomodulateur expérimental est en cours.

  • Au bout de deux ans de traitement par le laquinimod, le taux annuel de poussées chez les personnes qui ont été traitées tout au long de l’essai a été réduit de 23 %, comparativement à celui des témoins.
  • Les résultats secondaires de l’essai comprenaient la réduction de 36 % du risque de progression de la maladie et de 33,8 % de l’importance de l’atrophie cérébrale ainsi qu’une diminution de l’accumulation des lésions mise en évidence par l’IRM.
  • Aucune infection grave n’a été relevée; les événements indésirables les plus fréquents étaient les douleurs dorsales, les douleurs abdominales et une élévation des enzymes hépatiques; toutefois, aucune lésion grave du foie n’a été rapportée (résumé de dernière heure – n’est pas encore disponible).

D’autres exposés et présentations par affiches ont décrit les protocoles de nouveaux essais cliniques et ont fourni les résultats d’évaluations supplémentaires et de phases de prolongation d’essais cliniques sur des médicaments dont il a déjà été question, notamment la cladribine, le térifluomide, l’alemtuzumab et l’ocrélizumab. En général, les données obtenues quant à l’innocuité et à l’efficacité de ces médicaments ont confirmé celles d’études présentées à d’autres congrès, tel celui de l’ECTRIMS.

Forme progressive primaire de la SP. Au cours d’une présentation par affiches, le Dr Xavier Montalban (Centre hospitalier universitaire Vall d’Hebron, Barcelone) et ses collaborateurs ont décrit l’essai clinique international de phase III prévu sur l’ocrélizumab (Roche et Biogen Idec). Cette étude (intitulée ORATORIO) regroupera 630 personnes atteintes d’une forme progressive primaire de SP. L’ocrélizumab est un anticorps monoclonal semblable au rituximab, qui cible les cellules B du système immunitaire. Il est administré dans le cadre de cycles de perfusion intraveineuse peu fréquents. Cette substance fait également l’objet d’études chez les personnes atteintes d’une SP rémittente (résumé P04.186).


Recherche menée dans le but de stopper la SP
— Traitements actuels de la SP

Bon nombre de présentations ont rendu compte des résultats d’études de suivi sur les bienfaits et l’innocuité des médicaments approuvés. En général, ces résultats confirmaient ceux des études initiales quant à l’efficacité de ces médicaments pour le traitement de la SP. Certaines données s’avéraient même améliorées par rapport aux premières. À titre d’exemple :

Le traitement précoce comparé au traitement retardé. Une présentation par affiches sur les résultats d’un suivi effectué auprès des participants à un vaste essai clinique (l’essai PreCISe) a été donnée par une équipe internationale de chercheurs. Cet essai avait révélé que l’acétate de glatiramère (CopaxoneMD, Industries pharmaceutiques Teva) pouvait retarder l’apparition d’une SP certaine chez les personnes qui avaient subi un seul épisode de troubles neurologiques (SCI).

  • Lorsque les participants subissaient un deuxième épisode neurologique qui confirmait le diagnostic de SP, ils devenaient admissibles au traitement par l’acétate de glatiramère.
  • Cinq ans après le début du premier essai, le risque d’apparition d’une SP certaine était réduit de 41 % chez les participants qui avaient été traités précocement; par ailleurs, la charge de morbidité et l’atrophie cérébrale observées chez ces derniers étaient significativement moindres que celles des personnes qui avaient été traitées par l’acétate de glatiramère seulement après avoir pris un placebo (PD6.006).

Effets thérapeutiques à long terme. Une autre équipe internationale a fait une présentation par affiches sur une étude qui consistait, dans un premier temps, à retrouver les 372 personnes atteintes de SP qui, 21 ans auparavant, avaient participé au premier essai clinique comparatif mené sur l’interféron bêta-1b (BetaseronMD, Bayer HealthCare Produits pharmaceutiques, inc.) et, dans un deuxième temps, à s’informer de leur état de santé.

  • Les chercheurs ont ainsi obtenu des détails sur l’état de santé de 98,4 % des participants à l’essai initial, dont le tiers avaient reçu un placebo à l’époque. Ce taux élevé de réponses à l’enquête ajoute du poids aux résultats de cette étude de suivi.
  • Après 21 ans, 21,8 % des participants étaient décédés (causes diverses).
  • Il y avait plus de personnes vivantes, 21 ans plus tard, parmi celles qui avaient fait partie du groupe traité durant l’essai que parmi les témoins (groupe placebo).
  • Les enquêteurs ont souligné qu’il faudra poursuivre les travaux dans ce domaine pour comprendre la base biologique des résultats obtenus (résumé P07.163).

Natalizumab et LEMP. Plusieurs exposés oraux ont porté sur des études menées auprès de personnes traitées par le natalizumab (TysabriMD, Biogen Idec et Elan), qui ont présenté une leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP), et sur la possibilité qu’une analyse sanguine révélant une exposition au virus JC puisse servir à déterminer le risque de LEMP. (Pour en savoir plus sur le natalizumab et la LEMP, rendez-vous aux adresses suivantes : http://mssociety.ca/fr/traitements/lemp.htm et http://www.nationalmssociety.org/news/news-detail/index.aspx?nid=2308, en anglais.) Meena Subramanyam, Ph. D. (Biogen Idec) et ses collaborateurs ont analysé des échantillons sanguins ou sériques prélevés chez 25 personnes avant que celles-ci ne contractent la LEMP.

  • Tous ces échantillons, soumis à un test de dépistage d’anticorps en deux étapes, ont révélé une exposition au virus JC (résumé S51.003).

La DreLucia Moiola (Centre universitaire San Raffaele, Milan) et ses collaborateurs ont eu recours à un test de laboratoire en deux étapes pour déterminer la prévalence des anticorps du virus JC chez 376 personnes traitées par le Tysabri, en Italie. Cette étude était subventionnée par Biogen Idec et Elan.

  • Environ 57 % des sujets portaient des anticorps du virus JC.
  • Le taux d’anticorps était moindre chez les femmes que chez les hommes (52 % comparé à 68 %) (résumé S30.007).

Biogen-Idec mène présentement des études de grande envergure visant à évaluer la possibilité d’identifier des prédicteurs fiables du risque de LEMP, qui pourraient permettre aux médecins de prendre des décisions éclairées quant au traitement de leurs patients.

Le Dr Ralf Gold (Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne) et ses collaborateurs ont communiqué leurs données sur des personnes qui ont contracté la LEMP et y ont survécu (au 4 mars 2011, 81 personnes sur 102 y avaient survécu).

  • En général, les survivants faisaient partie des plus jeunes du groupe étudié. Ils avaient reçu le diagnostic de LEMP plus précocement que les autres personnes, et leurs lésions de LEMP étaient moins étendues que celles du reste du groupe sur les clichés d’IRM.
  • Les chercheurs concluent qu’un diagnostic précoce de LEMP, une prise en charge vigoureuse de cette maladie et du syndrome inflammatoire de restauration immunitaire subséquent peuvent améliorer le pronostic (résumé S51.002).


Recherche menée dans le but de stopper la SP
— Compréhension des mécanismes déficients

Grossesse, activité de la SP et allaitement maternel. Un grand nombre de personnes atteintes de sclérose en plaques sont des femmes en âge de procréer. Alors que les symptômes de SP s’atténuent généralement durant la grossesse, ils peuvent réapparaître dans les premiers mois qui suivent l’accouchement. Diverses méthodes contradictoires de prévention des poussées post-partum ont été proposées :

  • Le Dr Emilio Portaccio (Université de Florence) a communiqué les résultats d’une étude menée en Italie sur la grossesse et la SP. Seulement 16 % des participantes à l’étude ont amorcé un traitement contre la SP, peu après la naissance de leur bébé. Environ 44 % des femmes ont subi au moins une poussée de SP dans les mois qui ont suivi l’accouchement. Contrairement aux autres études, celle du Dr Portaccio n’a pas montré que l’allaitement maternel avait un effet protecteur contre les poussées post-partum et a montré que la progression des incapacités était associée aux poussées survenues durant la période post-partum. Les chercheurs ont constaté qu’une fréquence élevée des poussées avant la grossesse et durant celle-ci laissait prévoir la survenue de poussées après l’accouchement. Ils ont par ailleurs recommandé le recours précoce à un traitement contre la SP pour les femmes en période de post-partum afin de contrer les poussées (résumé S20.001).
  • La Dre Kerstin Hellwig (Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne) a parlé du registre des grossesses des femmes atteintes de SP de l’Allemagne (résumé 20.002). Selon les chercheurs, l’allaitement maternel exclusif (sans ajout de préparations pour nourrissons) semblait prévenir les poussées durant une période de six mois après l’accouchement (résumé 20.003).

Base physique de la dépression liée à la SP?
Certaines études ont révélé une dégénérescence pathologique des tissus au sein d’une région du cerveau impliquée dans le contrôle de l’humeur, soit l’hippocampe, chez les personnes atteintes de SP. La Dre Nancy Sicotte (Centre médical Cedars-Sinai, Los Angeles) et une équipe multinationale de collaborateurs ont tenté de comprendre comment ce phénomène peut être lié à la dépression associée à la SP. Au total, 109 femmes atteintes de SP ont participé à cette étude menée sur des stratégies d’intervention contre le stress.

  • Toutes les participantes ont été évaluées au moyen d’échelles de mesure standardisées du stress; 61 d’entre elles ont été classées dans le groupe dont le niveau de dépression était considéré comme faible et les 48 autres ont été classées dans le groupe dont le niveau de dépression était considéré comme élevé. Les deux groupes étaient appariés selon la durée de la maladie, le degré d’incapacité et l’utilisation ou non d’un médicament contre la SP.
  • Les clichés d’IRM de la région cérébrale à l’étude ont permis de constater l’existence d’un lien important entre, d’une part, un niveau de dépression élevé et, d’autre part, une détérioration tissulaire étendue et de certains schémas de dégénérescence dans des régions précises de l’hippocampe.
  • Cette étude fournit des indices quant à une base biologique de la dépression liée à la SP. Ces données pourraient se révéler utiles dans l’élaboration de stratégies d’intervention contre le stress (résumé S11.002).

Anomalies de la myéline. Des études ont déjà laissé supposer que l’aggravation clinique de la SP peut être plus fréquente chez les personnes dont les clichés d’IRM cérébrale mettent en évidence ce qu’il est convenu d’appeler des « anomalies diffuses de la substance blanche » (DAWN). Dans le cadre d'une étude subventionnée par la Société canadienne de la SP, le Dr G. R. Wayne Moore, FRCPC (Université de la Colombie-Britannique à Vancouver) et ses collaborateurs ont procédé à l’examen microscopique de tissus cérébraux et ont comparé les résultats ainsi obtenus à ceux des clichés d’IRM des mêmes régions cérébrales afin de comprendre les mécanismes biologiques qui peuvent expliquer ces images.

  • Des examens microscopiques ont révélé qu’il y avait un amincissement des couches de lipides (phospholipides) de la myéline et que la protéine basique de la myéline était relativement intacte dans les zones atteintes d’anomalies diffuses de la substance blanche mises en évidence par l’IRM.
  • Cette réduction des phospholipides semblait précéder toute détérioration des fibres nerveuses (axones).
  • Les chercheurs ont émis la possibilité que des anomalies touchant les couches lipidiques de la myéline puissent jouer un rôle dans la progression de la SP chez les personnes dont les clichés d’IRM montrent des signes de DAWM (résumé S50.007).

Rôle des cellules B dans la SP. Au cours des dernières années, les connaissances se sont approfondies sur le rôle des cellules B du système immunitaire dans la détérioration du système nerveux entraînée par la SP. Le Dr Robert Lisak (Université d’État Wayne, Détroit) et ses collaborateurs de Détroit et de Montréal, au Canada, ont prélevé des cellules B sur des personnes atteintes de SP et sur des témoins en santé, puis les ont cultivées en les exposant ou pas à une stimulation par divers facteurs d’activation de la sclérose en plaques.

  • Les chercheurs ont intégré des molécules sécrétées par les cellules B aux cultures de cellules productrices de myéline (oligodendrocytes) et d’autres cellules gliales prélevées sur des rats.
  • Les molécules sécrétées par les cellules B des personnes atteintes de SP étaient beaucoup plus toxiques que les autres pour les oligodendrocytes alors qu’elles ne l’étaient pas pour les autres cellules gliales. La toxicité observée n’était pas liée à la production d’immunoglobulines.
  • La recherche se poursuit afin de déterminer la nature de cette toxicité et son lien avec l’activité de la maladie (résumé S50.006).

Une autre étude menée par la Dre Halina Offner (Université de la santé et des sciences de l’Oregon/Centre médical du département américain des anciens combattants de Portland), financée par les Instituts de la santé des États-Unis (NIH), l’organisme états-unien de la SP (National MS Society) et le département américain des Anciens combattants, a permis d’explorer les mécanismes par lesquels les cellules B du système immunitaire se comportent sous l’influence des effets protecteurs typiques de l’estrogène contre l’EAE (maladie murine semblable à la SP).

  • Les chercheurs ont constaté que l’estrogène ne protégeait pas les souris atteintes d’EAE, modifiées génétiquement de sorte qu’elles soient dépourvues de cellules B.
  • Ils avancent que sous l’influence de l’estrogène, les cellules B peuvent avoir des effets régulateurs plutôt que destructeurs chez les personnes atteintes de SP (résumé P05.027).

Recherche menée dans le but de rétablir la fonction neurologique

Remyélinisation. Chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, la formation de lésions dans le système nerveux enclenche un processus de réparation partielle des gaines de myéline. Cela dit, on ignore encore si ce sont les oligodendrocytes (cellules productrices de myéline) localisés à proximité des lésions, ou les précurseurs d’oligodendrocytes (OPC) immatures ayant tout juste été recrutés au niveau des lésions qui assurent cette fonction de remyélinisation. Qiao‑Ling Cui, M.D., Ph. D. (Institut et hôpital neurologiques de Montréal, Université McGill) et son équipe ont mis en culture des neurones afin de comparer la capacité des oligodendrocytes matures à envelopper les axones (fibres nerveuses) à celle des OPC immatures.

  • Il en ressort que les OPC étaient nettement plus capables de recouvrir les axones de myéline que les oligodendrocytes matures, ce qui vient étayer l’hypothèse selon laquelle les OPC seraient les principaux acteurs de la remyélinisation.
  • Il reste à déterminer les facteurs qui limitent la capacité de remyélinisation des oligodendrocytes matures.
  • Cette étude, qui a été subventionnée par la Société canadienne de la SP et le Réseau de cellules souches du Canada, offre de nouvelles pistes de recherche sur la stimulation de la remyélinisation chez les personnes atteintes de SP (résumé S50.004).

Essai sur le Ginkgo biloba : Dans leur exposé oral, le Dr Jesus Lovera (Université de l’État de la Louisiane, Nouvelle-Orléans) et ses collègues ont fait état des résultats décevants d’une étude comparative avec placebo de 12 semaines visant à évaluer l’efficacité du Ginkgo biloba dans l’amélioration de la fonction cognitive chez des personnes atteintes de SP.

  • Cette étude, subventionnée par le département américain des Anciens combattants, portait sur 121 personnes atteintes de SP (toutes formes confondues) ayant un déficit cognitif objectivé par des tests cognitifs.
  • Après 12 semaines, on n’a observé aucune différence entre les personnes qui avaient pris l’extrait de Ginkgo biloba et celles qui avaient reçu un placebo, et ce, quel que soit le paramètre d’évaluation pris en compte (précisons que l’étude visait à évaluer notamment les résultats aux tests d’apprentissage et les rapports d’évaluation des proches).
  • Les chercheurs ont rappelé que l’étude n’avait pas été conçue pour évaluer l’efficacité à long terme de l’extrait de Ginkgo biloba (résumé S41.004).

Utilisation d’Ampyra pour améliorer la capacité à marcher. Plusieurs présentations ont porté sur des évaluations approfondies des essais cliniques ayant mené à l’approbation de l’indication de la dalfampridine pour l’amélioration de la capacité à marcher (voir la fiche sur Ampyra : http://www.nationalmssociety.org/about-multiple-sclerosis/what-we-know-about-ms/treatments/medications/
dalfampridine/index.aspx
, en anglais), y compris une affiche du Dr Andrew Goodman (Université de Rochester). Subventionné par Acorda Therapeutics et Biogen Idec, le projet du Dr Goodman consistait à examiner les résultats de trois essais cliniques pour déterminer si ce médicament avait procuré autant de bienfaits aux sujets ayant de graves difficultés à marcher (score à l’échelle EDSS supérieur ou égal à 6) et aux sujets souffrant de spasticité et de faiblesse musculaire qu’aux autres sujets.

  • Selon les résultats des trois essais considérés, 37 % des sujets traités ont obtenu l’effet escompté, c’est-à-dire qu’ils se sont mis à marcher plus vite, alors que cela n’a été le cas que de 9 % des sujets qui ont reçu le placebo (substance inactive).
  • Dans les sous-groupes de sujets ayant de graves difficultés à marcher et présentant un score élevé à l’échelle EDSS, le taux de réponse thérapeutique a été de 38 % chez les sujets traités par la dalfampridine (alors qu’il s’est établi à 9,2 % chez les témoins sous placebo). Dans les sous-groupes de sujets atteints de spasticité et de faiblesse musculaire, le taux de réponse a atteint 33 % chez les sujets traités (alors qu’il était de 3,7 % chez les témoins sous placebo).
  • Puisqu’ils sont comparables aux résultats regroupés des trois essais cliniques, les résultats obtenus dans ces sous-populations portent à croire que la dalfampridine peut améliorer la capacité de marcher des patients, même s’ils sont aux prises avec de graves troubles de la locomotion (résumé P07.172).

Traitement des troubles du sommeil. Dans le cadre d’une étude subventionnée par la Société canadienne de la SP, Daria A. Trojan, M.D., M. Sc. (Centre de santé universitaire McGill, Montréal) et ses collaborateurs ont cherché à savoir si le fait de traiter les troubles du sommeil présentés par des personnes atteintes de SP contribuait à atténuer ces symptômes et à améliorer leur qualité de vie. Pour ce faire, ils ont évalué la qualité du sommeil des sujets à l’aide de questionnaires et d’examens de polysomnographie nocturnes et ont proposé un traitement à tous ceux qui avaient des troubles du sommeil.

  • Sur les 56 sujets qui ont fait l’objet d’une évaluation dans le cadre du suivi, il y en a 21 qui ont été traités pour une apnée du sommeil, 3 qui ont été traités pour un syndrome des jambes sans repos et 1 qui a été traité pour une insomnie. En tout, 35 sujets n’ont pas été traités (18 d’entre eux avaient pourtant des troubles du sommeil, alors que les 17 autres n’en avaient pas).
  • Les paramètres d’évaluation de la fatigue physique et mentale, de la somnolence et de la qualité du sommeil se sont significativement améliorés chez les sujets ayant été traités, comparativement à ceux qui n’ont pas reçu de traitement (résumé P03.227).

Fonction cognitive et temps chaud. Victoria Leavitt, Ph. D. (Centre de recherche de la Fondation Kessler, West Orange, New Jersey), titulaire d’une bourse de recherche sur la réadaptation octroyée par la National MS Society (organisme états-unien de la SP), et ses collaborateurs ont fait une présentation par affiches sur l’effet de la température de l’air sur les résultats obtenus par des personnes atteintes de SP à des tests cognitifs (rappelons que bon nombre des personnes qui ont la SP voient leurs symptômes s’aggraver par temps chaud).

  • Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont recruté tout au long de l’année civile 40 personnes atteintes de SP et 40 témoins en bonne santé, et la température de l’air a été enregistrée les jours où ces sujets ont passé des tests cognitifs servant à évaluer la mémoire, le traitement de l’information et l’apprentissage. Les personnes atteintes de SP ont également dû se soumettre à des examens d’IRM visant à mesurer l’atrophie cérébrale.
  • Comme c’est le cas pour les autres symptômes de la SP, les troubles cognitifs se sont accentués (autrement dit, les résultats aux tests cognitifs ont diminué) avec l’élévation de la température, et ce, même lorsqu’on a ajusté les résultats en fonction du degré d’atrophie cérébrale.
  • Les chercheurs soulignent que les patients doivent être conscients des effets de la chaleur sur leurs troubles cognitifs afin de prendre les dispositions qui s’imposent, et que les investigateurs qui préparent des essais cliniques comportant des tests cognitifs doivent également en tenir compte (résumé P01.247).

Qualité de la vie. Quels facteurs déterminent la qualité de vie (QV) d’une personne atteinte de SP? Pour tenter de répondre à cette question, le Dr Bassem Yamout (Centre médical de l’Université américaine de Beyrouth, Beyrouth, Liban) et ses collègues ont mené une étude auprès de 201 personnes atteintes de SP, qui reposait sur des questionnaires ainsi que sur des mesures de la santé mentale et de la gravité des symptômes et des incapacités physiques.

  • Globalement, dans cet échantillon de patients, les facteurs physiques ont eu moins d’influence sur la QV que les facteurs sociaux; les 5 facteurs qui ont le plus influé sur la QV étaient la dépression, le soutien social, la religiosité, le niveau d’instruction et le lieu de résidence (zone rurale ou urbaine).
  • Il est apparu que les personnes croyantes, très instruites et vivant dans une zone urbaine sont celles qui ont la meilleure QV.
  • Selon les chercheurs, ces résultats indiquent qu’on ne parviendra pas à améliorer la QV des personnes atteintes de SP en se concentrant uniquement sur leurs incapacités physiques (résumé P06.074).

Une autre étude sur la QV menée par le Dr Charles D. Kassardjian (Hôpital St. Michael de Toronto) et ses collègues a révélé que les principaux facteurs associés à une faible QV chez les personnes atteintes de SP (toutes formes confondues) étaient les suivants : grande fatigue, douleur, troubles vésicaux et problèmes de santé mentale. Les chercheurs ont également constaté que ces facteurs influaient davantage sur la QV des personnes qui avaient de légères incapacités physiques que sur celle des personnes qui avaient de graves incapacités physiques. Ils en ont conclu qu’on pourrait optimiser la QV des patients en ciblant très tôt ces quatre symptômes (résumé P07.156).


Recherche menée dans le but de rétablir la fonction neurologique
— IVCC et SP


Cinq études portant sur l’insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (IVCC) en lien avec la SP ont donné lieu à trois présentations par affiches et à deux exposés. Pour obtenir un complément d’information sur l’IVCC, visitez les pages Web de la Société canadienne de la SP consacrées à cette question : http://mssociety.ca/fr/communiques/nr_20100611.htm et http://ivccsp.ca/.

La Dre Mei Lu (Centre de prise en charge des troubles cérébrovasculaires de la Clinique de Cleveland), qui est membre de l’une des sept équipes de recherche ayant reçu une subvention de la National MS Society (organisme états-unien de la SP) et de la Société canadienne de la SP en vue d’explorer le lien entre l’IVCC et la SP (http://www.nationalmssociety.org/news/news-detail/index.aspx?nid=3339, en anglais), a été l’auteure principale d’une présentation par affiches sur les facteurs physiologiques et techniques qui peuvent compliquer le dépistage des obstructions veineuses par échographie Doppler (écho-Doppler) :

  • Il est apparu que les résultats dépendent bien souvent de la personne qui effectue l’écho-Doppler.
  • L’équipe de la Dre Lu a mis en évidence plusieurs facteurs qui pourraient influer sur les résultats de l’examen : anomalies du rythme cardiaque, étape du cycle respiratoire, position de la tête et pression exercée par l’opérateur.
  • L’équipe a aussi signalé que le volume de liquide consommé par le sujet pouvait avoir une influence sur plusieurs paramètres servant à dépister l’IVCC.
  • Elle en a conclu que ces divers facteurs pourraient expliquer en partie les résultats contradictoires obtenus jusque-là dans les études sur le lien entre l’IVCC et la SP, et qu’il faudrait se doter de lignes directrices consensuelles afin de normaliser les protocoles d’échographie utilisés dans le cadre de ces études (résumé P01.263).

L’exposé oral du Dr Florian Connolly (Université de Humboldt, Berlin) portait sur une étude ayant permis de mesurer par écho-Doppler le débit sanguin veineux et le rétrécissement veineux chez 96 personnes atteintes de SP (75 cas de SP cyclique et 21 cas de SP progressive secondaire) et chez 20 témoins bien portants.

  • Comme ce fut le cas dans une étude préalable dont les résultats ont été publiés en 2010, et bien que l’échantillon étudié ait été plus grand cette fois-ci, aucun des sujets recrutés par l’équipe du Dr Connolly ne remplissait plus d’un critère diagnostique de l’IVCC.
  • L’orientation du sang dans la veine jugulaire interne et dans les veines vertébrales était normale chez tous les sujets, exception faite d’une personne atteinte de SP.
  • Tout comme dans l’autre étude, l’équipe a constaté que lorsque les sujets sont debout, le débit sanguin veineux de ceux qui sont atteints de SP est plus élevé que celui des témoins bien portants (résumé S01.001).

La présentation par affiches faite par les Drs Yuval Karmon et Robert Zivadinov et leurs collègues (Université de Buffalo) décrivait en détail la phase I de ce qui devrait être un essai comparatif sur le traitement de l’IVCC par angioplastie (essai PREMiSe). Cette première phase menée en mode ouvert consistait à comparer trois examens d’imagerie (écho-Doppler, échographie intravasculaire et phlébographie sélective) et leur efficacité dans le dépistage des anomalies valvulaires de la veine jugulaire interne chez 10 personnes atteintes de SP cyclique qui répondaient aux critères diagnostiques de l’IVCC.

  • Il en est ressorti que l’écho-Doppler avait une bonne sensibilité pour le dépistage des anomalies valvulaires de la veine jugulaire interne et que les résultats de cet examen étaient comparables à ceux de l’échographie intravasculaire, qui, elle, est une méthode effractive.
  • Les problèmes de mobilité valvulaire étaient fréquents dans cet échantillon de patients ayant reçu un diagnostic d’IVCC.
  • Selon les investigateurs, la phase suivante portera sur un plus grand nombre de sujets et consistera en une étude comparative sur l’angioplastie menée à l’insu. Les résultats de cette seconde phase seront publiés à la fin de l’étude (résumé P04.187).

L’exposé oral du Dr Katayoun Alikhani (Université de Calgary) et de son équipe de recherche nationale portait essentiellement sur une étude de la fréquence des anomalies des veines du cou menée chez 67 patients d’une clinique de SP (34 patients atteints de SP, 20 patients n’ayant pas la SP, 7 patients ayant peut-être la SP et 6 patients ayant été en proie à un syndrome clinique isolé [SCI]) par phlébo-IRM (ou veinographie par IRM) avec injection d’un agent de contraste.

  • Le radiologue a procédé à l’examen à l’insu, c’est-à-dire qu’il n’a pas été informé de l’état de santé des patients.
  • On a observé des anomalies veineuses chez 7 des 34 patients atteints de SP, chez 4 des 20 patients n’ayant pas la SP et chez 1 des 6 patients ayant déjà été en proie à un SCI. On n’a pas relevé d’anomalies de ce type chez les 7 patients qui avaient peut-être la SP.
  • En général, les patients atteints de SP chez lesquels on avait détecté la présence d’anomalies veineuses étaient plus âgés (âge moyen : 52 ans) et accusaient de plus grandes incapacités physiques (score moyen à l’échelle EDSS : 6,17) que ceux qui avaient des veines normales (âge moyen : 46 ans et score EDSS moyen : 3,57) (résumé S01.006).

La présentation par affiches du Dr Kresimir Dolic et de ses collègues (Université de Buffalo) décrivait une étude ayant pour but de comparer les résultats d’une exploration veineuse par écho-Doppler à ceux d’une exploration veineuse par phlébo-IRM et de vérifier si ces deux examens sont complémentaires. L’étude en question a été menée auprès de 150 personnes atteintes de SP (104 cas de SP cyclique, 38 cas de SP progressive secondaire et 8 cas de SP progressive primaire) ayant été appariées à 63 témoins en bonne santé, du même âge et du même sexe.

  • En ce qui concerne le dépistage des anomalies du débit sanguin dans la veine jugulaire interne, c’est l’écho-Doppler qui avait la plus grande sensibilité, alors que dans le cas du dépistage des veines collatérales, c’est la phlébo-IRM qui était dotée de la plus grande sensibilité.
  • Il est apparu que 98 (67,12 %) personnes atteintes de SP et 18 (28,57 %) témoins en bonne santé satisfaisaient aux critères diagnostiques de l’IVCC.
  • On a mis en évidence la présence de veines collatérales bien plus souvent chez les personnes atteintes de SP que chez les témoins en bonne santé (résumé P05.071).

Recherche menée dans le but d’éradiquer la SP à tout jamais

Gènes de la SP. Dans la présentation qu’il a donnée au cours de la séance plénière, le Dr Stephen L. Hauser (Université de la Californie, San Francisco) a souligné les immenses progrès réalisés et les nouvelles pistes à explorer en vue de mieux comprendre et de mieux traiter la SP. Le Dr Hauser est l’un des fondateurs du consortium international de chercheurs cliniciens et d’experts en génomique (IMSGC), qui vient d’effectuer une étude sur l’ensemble du génome de 10 000 personnes atteintes de SP.

  • Il a souligné qu’aucune des 57 variantes génétiques ayant été définies comme des facteurs de risque génétiques de la SP dans le cadre de projets de criblage du génome n’était liée à la dégénérescence nerveuse, mais que la plupart d’entre elles étaient manifestement liées à l’activité du système immunitaire.
  • Qui plus est, il n’a pas relevé de différence génétique entre les personnes atteintes de SP progressive primaire et celles atteintes de SP cyclique, ce qui vient infirmer l’hypothèse selon laquelle ces deux formes de SP seraient des maladies distinctes.
  • Une étude de grande envergure sur le criblage de l’ensemble du génome ayant pour but de confirmer et d’approfondir ces observations chez 10 000 autres personnes atteintes de SP vient de démarrer. Elle sera subventionnée par la National MS Society (organisme états-unien de la SP). Les chercheurs s’attellent déjà à la tâche minutieuse qui consiste à caractériser les mécanismes selon lesquels certains gènes contribuent à l’apparition de la maladie et qui fournira ainsi des pistes pour inactiver ces gènes.

Facteurs génétiques influant sur la gravité de la maladie. La Dre Ellen Mowry, (Université de la Californie, San Francisco), ancienne titulaire de la bourse de médecine Sylvia Lawry de la National MS Society (organisme états-unien de la SP), et ses collaborateurs répartis dans cinq centres de la SP ont cherché à savoir si les gènes associés à une prédisposition à la SP influent également sur la gravité des poussées de SP ou la capacité de rémission après les premières poussées. Ils ont évalué la gravité des deux premières poussées de SP de 353 sujets ainsi que leur rémission, et ils ont procédé à un criblage de leur génome en vue de localiser des gènes qui seraient liés à la SP.

  • Le gène polymorphe MPHOSPH9 a été associé à de graves poussées de SP, alors que le gène CD58 a été associé à des poussées d’intensité moindre.
  • Un autre gène polymorphe, CD6, a été associé à une première poussée grave de SP et à un risque accru de rémission partielle après la première et la seconde poussée.
  • Les gènes EVI5 et GPC5 ont quant à eux été associés à une rémission incomplète après la première ou la seconde poussée de SP, ou les deux.
  • En approfondissant les recherches sur les facteurs génétiques de la SP et la caractérisation des gènes liés à la SP, les chercheurs pourraient faire la lumière sur la cause de cette maladie et peut-être même personnaliser les traitements (résumé S10.003).

Facteurs de risque précoces. Une étude subventionnée par les sociétés canadienne et italienne de la SP a permis d’explorer les facteurs de risque de SP auxquels pourrait être exposé un fœtus durant la grossesse et qui pourraient influer sur l’apparition de la maladie. Menée par le Dr Giulio Disanto (Université d’Oxford, Royaume-Uni) et ses collègues, cette étude visait à évaluer l’exposition aux rayons du soleil et les taux sériques de vitamine D durant la grossesse dans deux groupes de femmes ayant donné naissance à des enfants atteints de SP (en Écosse et en Angleterre) et à les comparer aux taux enregistrés dans la population générale.

  • Contrairement à ce qu’indiquaient des études antérieures, cette étude a révélé qu’au Royaume-Uni, le risque de SP est faible lorsque la mère est fortement exposée aux rayons du soleil au cours du second trimestre de grossesse, et qu’il est élevé lorsque le taux sérique de vitamine D de la mère est faible au cours du dernier trimestre de grossesse.
  • L’équipe du Dr Disanto a souligné qu’il est essentiel que nous comprenions mieux à quel moment crucial la vitamine D influe sur le développement fœtal afin d’orienter les futures stratégies de prévention de la SP (résumé de dernière heure P05.289 – n’a pas été mis en ligne).

La Dre Berit Rosche (Centre hospitalier universitaire de la Charité, Université de Humboldt, Allemagne) et ses collaborateurs ont interrogé, au moyen d’un questionnaire, 246 personnes atteintes de SP et 296 témoins sur les facteurs environnementaux (agents infectieux et autres facteurs) auxquels ils ont été exposés durant leur enfance.

  • Les chercheurs ont constaté que les répondants qui étaient le moins susceptibles d’être atteints une maladie auto-immune comme la SP étaient ceux qui avaient au moins deux frères ou sœurs plus âgés qu’eux, qui étaient allés à la garderie, qui avaient grandi dans une ville de plus de 100 000 habitants ou qui avaient été allaités.
  • Il faudrait approfondir cette question de recherche pour comprendre comment de tels facteurs environnementaux influent sur le risque de SP (résumé S10.005).

Facteurs de risque de SP chez l’enfant. La Dre Ellen Mowry de l’Université de la Californie à San Francisco (UCSF) et d’autres chercheurs affiliés à l’UCSF et à l’Université de l’État de New York (Stony Brook), également membres du réseau américain de SP pédiatrique (Pediatric MS Network) subventionné par l’organisme états-unien de la SP (National MS Society), ont étudié les facteurs de risque précoces de SP chez 140 enfants atteints de SP ou ayant été en proie à un syndrome clinique isolé (SCI), lequel est bien souvent le prodrome d’une SP certaine. Plus précisément, ce sont les taux de vitamine D et les titres d’anticorps dirigés contre le virus d’Epstein-Barr (VEB), le cytomégalovirus (CMV) et les virus Herpes simplex 1 et Herpes simplex 2 qu’ils ont évalués chez ces enfants.

  • Les taux de vitamine D n’étaient guère liés aux titres d’anticorps anti-CMV, contrairement à ce que les chercheurs ont observé pour les autres virus. Par ailleurs, ils ont mis en évidence quelques liens entre le taux de vitamine D et la maladie.
  • Les titres d’anticorps dirigés contre le VEB mesurés chez les enfants atteints de SP qui avaient un taux de vitamine D adéquat (supérieur ou égal à 30 ng/mL) étaient plus élevés que ceux qui ont été mesurés chez les témoins.
  • Le réseau américain de SP pédiatrique s’apprête à explorer ces observations et les résultats d’autres études sur les facteurs de risque de SP et l’exposition à ces facteurs dans une étude de grande envergure subventionnée par une bourse des NIH (résumé S10.007).

Ces présentations et de nombreuses autres prouvent bien que la recherche sur la sclérose en plaques avance à pas de géant.

Betaseron est une marque déposée de Bayer HealthCare Pharmaceuticals.
Copaxone est une marque déposée de Teva Pharmaceutical Industries.
Tysabri est une marque déposée de Biogen Idec et de Elan Pharmaceuticals.

Open navigation