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Méta-analyse sur l’effet nocebo observé dans les essais sur la sclérose en plaques

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Résumé

Méta-analyse visant à évaluer la fréquence et la gravité de l’effet

nocebo dans les essais portant sur les traitements symptomatiques

(TS), les traitements immunomodulateurs (TI) et la sclérose en

plaques (SP). Papadopoulos D, Mitsikostas DD. Mult

Scler. 2010 Jul;16(7):816-28. Mis en ligne le

10 juin 2010

Détails
« Effet nocebo » est un terme mettant l’accent sur le patient, qui désigne les manifestations délétères, désagréables ou indésirables qui surviennent par suite de l’administration d’un placebo (substance inactive qui ressemble à un médicament) et qui sont entièrement imputables à l’attitude pessimiste du patient qui croit ou qui prévoit que la prise du placebo aura des effets délétères, nocifs, désagréables ou indésirables, et non à des réactions chimiques.

Bien que le placebo soit un médicament fictif, les effets délétères, désagréables ou indésirables qu’il peut entraîner sur les plans physiologique, comportemental, émotionnel ou cognitif, eux, sont bien réels.

Les auteurs de l’article ont fait une recherche systématique dans Medline afin de repérer tous les articles portant sur des essais comparatifs avec placebo et répartition aléatoire sur la SP menés entre 1989 et 2009. Ils ont effectué la méta-analyse de la fréquence de l’effet nocebo en regroupant les pourcentages de patients sous placebo qui ont signalé un tel effet. Ils ont calculé la gravité de l’effet nocebo à partir des pourcentages de patients sous placebo qui ont abandonné leur traitement pour cause d’effets indésirables liés à celui-ci.

Les auteurs ont utilisé les données des 56 essais sur les TI et des 44 essais sur les TS qui répondaient aux critères d’admissibilité de la méta-analyse. La fréquence globale de l’effet nocebo s’est établie à 74,4 % (IC à 95 % : 69,92-88,30) dans les essais sur les TI et à 25,3 % (IC à 95 % : 15,24-36,90) dans les essais sur les TS; elle était significativement plus élevée dans les essais sur les TI que dans les essais sur les TS (P < 0,0001). La gravité globale de l’effet nocebo s’est chiffrée à 2,1 % (IC à 95 % : 1,6-2,67) dans les essais sur les TI et à 2,34 % dans les essais sur les TS (IC à 95 % : 1,54-3,29). L’analyse par méta-régression a révélé que la fréquence de l’effet nocebo avait été plus élevée dans les essais sur les TS avec groupes parallèles que dans les essais sur les TS avec permutation (P= 0,013) et que l’effet nocebo avait été plus intense dans les essais de phase II sur les TS que dans les essais de phase III sur ces traitements (P = 0,0001). Enfin, une association a pu être établie entre la gravité de l’effet nocebo observé dans les essais sur les TI et l’année de publication des résultats (P= 0,011) et la fréquence d’administration (P = 0,0082).

Les auteurs ont conclu que l’effet nocebo observé dans les essais sur la SP est important, qu’il s’est nettement accru au cours des dernières années et qu’il a des répercussions considérables sur le protocole des essais cliniques et la pratique clinique. En outre, il existe une association entre l’effet nocebo et certains facteurs liés aux médicaments et aux essais cliniques.

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