Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Selon des chercheurs canadiens, une sous-population de cellules T ciblerait les oligodendrocytes dans le contexte de la SP

    Contexte : les cellules immunitaires et leurs cibles

    On croit que la sclérose en plaques est déclenchée par une série d’événements immunologiques. Toutefois, le mécanisme favorisant la pénétration des cellules immunitaires dans le système nerveux central (SNC) et la formation de lésions demeure inconnu. Or, une sous-population de lymphocytes, en l’occurrence les cellules T CD4, qui d’ordinaire reconnaissent et détruisent les agents pathogènes, se sont montrés capables de détruire les oligodendrocytes dans le contexte de la SP. Ces cellules portent la protéine de surface CD56, tout comme les cellules NK (cellules tueuses), associées à des lésions cellulaires.

    Ces données importantes ont mis au jour les événements à l’origine de la détérioration de la myéline et du déclenchement de la SP. Par ailleurs, des études récentes ont révélé que la CD56 n’est pas la seule molécule qui intervient dans cette réponse et que d’autres protéines associées aux cellules NK, en particulier celles de la famille NKG2C, peuvent y participer.

    La titulaire d’une subvention de fonctionnement de la Société canadienne de la SP, la Dre Nathalie Arbour, et la titulaire d’une bourse de stagiaire à la maîtrise en sciences, Fatma Zaguia, toutes deux de l’Université de Montréal, ont effectué une étude visant à identifier les protéines cellulaires présentes à la surface des cellules T CD4, capables de jouer un rôle dans le processus pathologique de la SP, en collaboration avec d’éminents chercheurs en SP du Canada et de l’étranger. Un compte rendu de leurs travaux a été publié récemment dans la section « In This Issue » de la revue Journal of Immunology, où sont présentés des articles d’une grande valeur scientifique.

    Description de l’étude

    L’étude en question a permis de mesurer la concentration de diverses protéines cellulaires présentes à la surface des cellules T CD4, qui peuvent contribuer à la mort oligodendrocytaire à médiation immunitaire. Pour y parvenir, les chercheurs ont prélevé des échantillons sanguins sur des personnes atteintes de SP et ont effectué une série d’expérimentations cellulaires afin de voir si des molécules telles que les NKG2C sont associées à l’activité toxique des cellules T CD4.

    Résultats

    Cette étude montre que les cellules T CD4 porteuses des molécules de surface NKG2C/CD56 ont des effets nocifs sur les oligodendrocytes, contrairement aux autres protéines liées aux cellules NK, de là l’importance du rôle que joue les NKG2C dans la SP. Les chercheurs ont également découvert que les NKG2C peuvent se lier à des molécules précises à la surface des oligodendrocytes, découverte à l’appui de l’hypothèse selon laquelle les oligodendrocytes constituent la principale cible de cette sous-population de cellules T CD4 autoréactives. Dans le but d’examiner le rôle précis des NKG2C dans la SP, les chercheurs ont examiné et comparé les concentrations de ces cellules dans le sang de personnes non traitées pour la SP et de témoins en bonne santé. Selon leurs constatations, les cellules T CD4 porteuses de NKG2C étaient en plus grand nombre chez les personnes atteintes de SP que chez les témoins.

    Portée

    Cette étude lève le voile sur un nouveau mécanisme par lequel une sous-population précise de cellules T CD4 pourrait reconnaître et détruire les oligodendrocytes dans le contexte de la SP. Or, ce mécanisme est régi par les cellules T CD4 qui portent à leur surface un marqueur cellulaire particulier, présent en plus grand nombre chez les personnes atteintes de SP que chez les témoins. Ces cellules libèrent de grandes quantités d’agents nocifs pour les cellules, ce qui laisse soupçonner qu’elles jouent un rôle dans l’apparition de la SP. Soulignons que les traitements immunorégulateurs courants de la SP ciblent un large éventail de cellules. Aussi, ils ont souvent des effets indésirables sur le système immunitaire et ils augmentent le risque d’infection. Par conséquent, la détermination de cibles précises telles que les NKG2C à la surface des cellules T CD4 nocives peut contribuer à atténuer cette réponse immunitaire défavorable dans le contexte de la SP.

    Sources

    Zaguia et al. Cytotoxic NKG2C+ CD4 T Cells Target Oligodendrocytes in Multiple Sclerosis, The Journal of Immunology, 2013 Mar 15;190(6):2510-8.
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