Société canadienne de la sclérose en plaques

La simvastatine

Aperçu

  • Voie d’administration : orale
  • Classe thérapeutique : statine
  • Nouveau traitement contre la SP progressive
  • Stade du programme de recherche : étude clinique de phase III

La simvastatine est un hypocholestérolémiant (médicament qui abaisse le taux de cholestérol dans le sang) qui est destiné au traitement des maladies vasculaires. Son utilisation pour le traitement de la SP est un exemple d’attribution de nouvelles indications à un médicament, stratégie qui consiste à donner à un médicament déjà commercialisé une indication autre que celle pour laquelle ce dernier a été initialement prévu.

Mode d’action

On croit que la simvastatine, en plus de posséder des propriétés hypocholestérolémiantes, aurait des effets anti-inflammatoires et neuroprotecteurs, ce qui en fait un candidat viable pour le traitement de la SP progressive. Plus précisément, la simvastatine empêche l’activation des cellules T nocives et leur pénétration dans le système nerveux central.

Travaux de recherche et résultats

L’étude MS‑STAT est un essai de phase II d’une durée de deux ans qui a porté sur les effets de la simvastatine administrée à forte dose chez des personnes atteintes de SP progressive. Les 140 personnes qui ont pris part à cet essai ont reçu soit 80 mg de simvastatine par jour, soit un placebo (substance inactive semblable au médicament). Chez les personnes traitées par la simvastatine, on a observé une réduction significative (43 %) de l’atrophie cérébrale, un ralentissement de la détérioration de la capacité fonctionnelle, mesurée d’après le score à l’échelle élaborée des incapacités de Kurtzke (ou échelle EDSS) ainsi qu’une amélioration du score à l’échelle MSIS‑29 (qui permet d’évaluer les répercussions de la SP sur la vie quotidienne), comparativement aux personnes ayant reçu un placebo. Aucune différence n’a été relevée entre le groupe traité et le groupe témoin quant aux mesures obtenues grâce à l’échelle d’évaluation fonctionnelle MSFC (multiple sclerosis functional composite score), laquelle permet d’évaluer la mobilité, la dextérité et la cognition. L’étude n’a pas permis d’observer de différence non plus entre les deux groupes relativement à la quantité de molécules inflammatoires dénombrées. Dans l’ensemble, les résultats de cet essai de phase II montrent que la simvastatine a un bon profil d’innocuité et des effets positifs sur l’atrophie cérébrale et l’incapacité chez les personnes présentant une forme progressive secondaire de SP. Ces résultats sont encourageants et justifient la mise en place d’une étude clinique de phase III (menée auprès d’un très vaste groupe de personnes atteintes de SP) sur l’innocuité, l’efficacité et les effets à long terme de la simvastatine.

Au cours de l’étude de suivi réalisée après l’essai MS‑STAT, les chercheurs ont voulu en savoir plus sur les effets du traitement par la simvastatine sur la cognition et la qualité de vie. Les participants ont subi de nombreux tests qui avaient pour but l’évaluation des troubles cognitifs et neuropsychiatriques. Ils ont également répondu à un questionnaire sur la qualité de vie. Les résultats ont montré une corrélation entre le traitement par la simvastatine et l’amélioration de la fonction du lobe frontal, de même qu’une amélioration autodéclarée de la qualité de vie par les participants. Aucune différence n’a été observée entre le groupe traité et le groupe témoin quant aux autres mesures qui ont été prises en lien avec les fonctions cognitives et neuropsychiatriques.

Par suite de l’étude MS‑STAT, un essai de phase III intitulé MS‑STAT2 a été lancé. Celui-ci a pour objectif d’évaluer la progression de l’incapacité à la suite du traitement par la simvastatine chez 1 180 personnes atteintes de SP progressive secondaire. Pendant trois ans, les participants à l’essai recevront soit la simvastatine (80 mg/jour), soit un placebo. Un changement soutenu de l’incapacité sur une période d’au moins six mois constituera le critère d’évaluation principal. Cet essai clinique commencera au cours de l’été 2017. On s’attend à ce qu’il dure six ans.

Effets indésirables signalés

Le taux de survenue d’événements indésirables graves était sensiblement le même dans le groupe traité par la simvastatine et le groupe témoin. La simvastatine a par ailleurs été bien tolérée et n’a suscité aucune préoccupation en matière d’innocuité.

Références

CHATAWAY, J. et coll. « Effect of high-dose simvastatin on brain atrophy and disability in secondary progressive multiple sclerosis (MS‑STAT): a randomised, placebo-controlled, phase 2 trial », Lancet, 2014; 383(9936):2213-21.

CHAN, D. et coll. « Effect of high-dose simvastatin on cognitive, neuropsychiatric, and health-related quality-of-life measures in secondary progressive multiple sclerosis: secondary analyses from the MS‑STAT randomised, placebo-controlled trial », Lancet Neurol, 2017; 10.1016/S1474-4422(17)30113-8 [publication électronique avant impression].