Société canadienne de la sclérose en plaques

Le daclizumab


Aperçu

  • Nom de marque : Zinbryta (Biogen Idec/AbbVie)
  • Voie d’administration : injection sous-cutanée (une fois par mois)
  • Classe thérapeutique : anticorps monoclonal humanisé
  • Nouveau traitement contre la SP cyclique
  • Stade du programme de recherche: soumis à l'approbation de Santé Canada

Le daclizumab exerce ses effets immunomodulateurs en se liant à CD25.

Mode d’action

Le daclizumab est un inhibiteur compétitif de CD25, la sous-unité alpha du récepteur de l’IL-2, qui se trouve à la surface des cellules immunitaires. En se liant à CD25, il empêche l’activation et la prolifération des cellules immunitaires. Il augmenterait également l’activité des cellules NK CD56+, qui peuvent réguler l’activité du système immunitaire en provoquant la lyse des lymphocytes T.

Travaux de recherche et résultats

Le daclizumab a déjà été utilisé pour la prévention du rejet des greffes de rein.

Dans le cadre d’une étude de phase II dont les résultats ont été publiés en 2004 par Bibiana Bielekova et ses collaborateurs, le daclizumab (1 mg/kg) administré en association avec l’interféron bêta a entraîné une réduction de 78 % des nouvelles lésions et a significativement amélioré plusieurs paramètres cliniques durant un traitement de 1,5 à 2 mois. On a observé des effets positifs comparables dans d’autres études de phase II.

L’étude CHOICE est un essai de phase II de 24 semaines ayant porté sur les effets de l’instauration d’un traitement par le daclizumab à faible ou à forte dose chez des patients atteints de SP cyclique qui prenaient de l’interféron bêta (ces patients ont été surveillés au cours des 48 semaines qui ont suivi le
traitement). L’ajout du traitement par le daclizumab a réduit le nombre de lésions par rapport au traitement par l’interféron bêta seul; cette réduction était de 72 % dans le groupe qui avait reçu une forte dose de daclizumab et de l’interféron bêta et de 25 % dans le groupe qui avait reçu une faible dose de daclizumab et de l’interféron bêta.

Une étude de phase II de 52 semaines dont les résultats ont été publiés par Ralf Gold et son équipe (étude SELECT) a permis de comparer les effets du daclizumab à 150 et à 300 mg à ceux d’un placebo. Les taux de poussées enregistrés dans les deux groupes traités par le daclizumab étaient inférieurs à ceux qui avaient été relevés dans le groupe placebo (réduction de 54 % dans le groupe daclizumab à 150 mg et de 50 % dans le groupe daclizumab à 300 mg). En outre, la proportion de patients qui n’avaient pas subi de poussées était plus élevée dans les groupes ayant reçu le daclizumab (daclizumab à 150 mg : 81 %; daclizumab à 300 mg : 80 %) que dans le groupe placebo.

Biogen Idec et AbbVie ont récemment fait état des résultats de l’étude DECIDE, un essai de phase III ayant été mené auprès de plus de 1800 sujets répartis dans 28 pays. Cette étude avait pour but de comparer les effets du daclizumab (une injection sous-cutanée une fois par mois) à ceux de l’interféron bêta-1a (une injection intramusculaire une fois par semaine) chez des patients atteints de SP cyclique. On a noté une réduction de 45 % du taux annualisé de poussées chez les patients sous daclizumab, comparativement aux patients traités par l’interféron bêta-1a. D’autres résultats indiquent que le daclizumab a entraîné une réduction de 54 % du nombre de nouvelles lésions hyperintenses en T2 et de lésions hyperintenses en T2 ayant augmenté de volume, par rapport à l’interféron bêta-1a. Ces résultats préliminaires ont été divulgués dans un premier temps par voie de communiqué de presse et ils seront présentés en détail à l’occasion d’un prochain congrès scientifique.

Effets secondaires signalés

Les effets secondaires qui ont été signalés étaient les suivants : fatigue, maux de tête, nausées, éruption cutanée, troubles musculosquelettiques, réactions allergiques, infections, élévation des taux d’enzymes hépatiques, problèmes cardiaques et diminution du nombre de plaquettes. Un patient traité par le daclizumab est mort des suites d’un abcès musculaire (plus précisément, un abcès du psoas).

Références

Bielekova B et al. Humanized anti-CD25 (daclizumab) inhibits disease activity in multiple sclerosis patients failing to respond to interferon β. PNAS 2004; 101(23): 8705-8.

Rose JW et al. Treatment of multiple sclerosis with an anti-interleukin-2 receptor monoclonal antibody. Ann Neurol. 2004; 56(6):864–7.

Rose JW et al. Daclizumab phase II trial in relapsing and remitting multiple sclerosis: MRI and clinical results. Neurology. 2007;69(8):785–9.

Bielekova B et al. Effect of anti-CD25 antibody daclizumab in the inhibition of inflammation and stabilization of disease progression in multiple sclerosis. Arch Neurol. 2009; 66(4):483–9.

Bielekova B et al. Intrathecal effects of daclizumab treatment of multiple sclerosis. Neurology 2011; 77(21):1877–86.

Wynn D et al. Daclizumab in active relapsing multiple sclerosis (CHOICE study): a phase 2, randomised, double-blind, placebo-controlled, add-on trial with interferon beta. Lancet Neurol. 2010; 9(4):381–90.

Gold R et al. Daclizumab high-yield process in relapsing-remitting multiple sclerosis (SELECT): a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet. 2013; 381: 2167-75.