Société canadienne de la sclérose en plaques

Le laquinimod

Aperçu

  • Nom de marque : Nerventra (Teva Pharmaceuticals Industries Inc. et Active Biotech)
  • Voie d’administration : orale (comprimé administré une fois par jour)
  • Nouveau traitement contre la SP cyclique
  • Stade du programme de recherche : études de phase III en cours

On croit que le laquinimod module certaines activités anti-inflammatoires et neuroprotectrices et qu’il limite ainsi la démyélinisation et les lésions axonales.

Mode d’action

On croit que le laquinimod module certaines activités anti-inflammatoires et neuroprotectrices et qu’il limite ainsi la démyélinisation et les lésions axonales. En fait, on croit qu’il limite le passage des cellules immunitaires dans le système nerveux central et qu’il modifie le schéma d’expression des cytokines (inhibition des cytokines pro-inflammatoires et augmentation de la sécrétion des cytokines anti-inflammatoires). Des données probantes indiquent que le taux de facteur neurotrophique dérivé du cerveau (ou BDNF, de l’anglais brain-derived neurotrophic factor) augmente après le traitement par le laquinimob. Le BDNF joue un rôle important dans le cerveau, car il favorise la croissance et la survie des neurones et peut contribuer à réduire les lésions axonales.

Travaux de recherche et résultats

L’Agence européenne des médicaments (AEM) a récemment confirmé sa décision initiale en s’opposant une nouvelle fois à l’octroi d’une autorisation de mise en marché du laquinimod pour le traitement de la SP cyclique. Dans un avis publié en mai 2014, l’AEM s’est dite préoccupée par le fait que l’on a n’a pas encore complètement élucidé le mode d’action du laquinimod dans le corps humain, que l’exposition à long terme au laquinimob a été associée à une hausse du nombre de cas de cancer durant les études menées chez l’animal et que l’on n’a pas encore établi les risques auxquels pourraient être exposés les femmes enceintes qui prennent ce médicament et leur bébé à naître. L’AEM en a conclu que les risques liés au traitement par le laquinimod l’emportaient sur ses bienfaits possibles.

Dans le cadre d’une étude clinique de phase II de 24 semaines, des sujets atteints de SP cyclique ont reçu un comprimé de laquinimod à 0,1 ou à 0,3 mg ou un placebo tous les jours. Les patients traités par le laquinimod à 0,3 mg avaient 44 % moins de lésions cérébrales évolutives que les témoins sous placebo. On n’a pas observé de différences significatives entre les groupes pour ce qui est des variables cliniques telles que le taux de poussées et la progression des incapacités. Une étude de suivi de phase II a ensuite été menée sur les effets de l’administration quotidienne de laquinimod à 0,3 ou à 0,6 mg ou d’un placebo sur les lésions cérébrales sur une période de 36 semaines. On a relevé une réduction de 40 % du nombre de lésions dans le groupe traité par le laquinimod à 0,6 mg par rapport au groupe placebo. Il n’y a pas eu de différence d’effet significative entre le laquinimod à 0,3 mg et le placebo. On n’a pas non plus noté de variation significative du taux de poussées et de la progression des incapacités.

On a fait état des résultats de deux études de phase III. La première, l’étude ALLEGRO, visait à comparer les effets du laquinimod à 0,6 mg sur la SP cyclique à ceux d’un placebo sur une période de 24 mois. On a observé une réduction de 23 % du taux annualisé de poussées, une réduction de 36 % de la progression des incapacités et une réduction de 33 % du taux d’atrophie cérébrale dans le groupe ayant reçu le laquinimod, comparativement au groupe placebo. La seconde étude, l’étude BRAVO, avait pour objectif de comparer les effets d’un traitement par le laquinimod à 0,6 mg à ceux d’un placebo et de l’interféron bêta-1a chez des patients atteints de SP cyclique. Le principal paramètre d’évaluation de cette étude était le taux annualisé de poussées. Le laquinimod n’a pas entraîné de réduction significative du taux de poussées par rapport au placebo (tests statistiques de comparaison effectués sans correction des données).

Mentionnons enfin l’étude CONCERTO, une étude de suivi de phase III, dont la fin est prévue en 2018. Cette étude porte sur la progression des incapacités chez des patients qui reçoivent un placebo ou du laquinimod à 0,6 ou à 1,2 mg (étude NCT01707992).

Effets secondaires signalés

Les résultats des études cliniques indiquent que le laquinimod est généralement bien toléré. Les maux de dos, l’élévation des taux d’enzymes hépatiques et les maux de tête sont les effets qui ont été rapportés le plus souvent par les personnes traitées par cet agent. On a signalé la formation d’un caillot sanguin préoccupant dans une grosse veine drainant le foie chez un patient qui recevait 0,6 mg de laquinimod par jour.

Références

Polman C et al. Treatment with laquinimod reduces development of active MRI lesions in relapsing MS. Neurology. 2005; 64(6):987–91

Comi G et al. Effect of laquinimod on MRI-monitored disease activity in patients with relapsing–remitting multiple sclerosis: a multicentre, randomised, double-blind, placebo-controlled phase IIb study. Lancet. 2008; 371(9630):
2085–92.

Comi G et al. Placebo-controlled trial of oral laquinimod for multiple sclerosis. N Engl J Med. 2012; 366(11):1000–9

Vollmer T. A placebo-controlled and active comparator phase III trial (BRAVO) for relapsing remitting multiple sclerosis. Abstract 148. ECTRIMS/ACTRIMS; 2011.