Société canadienne de la sclérose en plaques

L'ocrélizumab


Aperçu

·Nom de marque : Ocrevus (Genentech/Roche)

·Voie d’administration : perfusion intraveineuse (tous les 6 mois)

·Classe thérapeutique : anticorps monoclonal humanisé

·Statut : soumis à l’approbation de Santé Canada; approuvé par la FDA (É.-U.)

On pense que l’ocrélizumab influe sur la réponse immunitaire en provoquant la lyse (destruction) des lymphocytes B lorsqu’il se lie à la protéine CD20, présente à la surface de ces cellules. L’ocrélizumab est également à l’étude en tant que traitement expérimental contre la SP progressive primaire.

Mode d’action

L’ocrélizumab est la forme humanisée du rituximab, soit un anticorps murin dirigé contre la protéine CD20 qui s’est révélé relativement efficace dans le traitement de la SP cyclique. En principe, cet anticorps humanisé est moins immunogène que le rituximab et est donc moins susceptible que ce dernier de provoquer des réactions liées à la perfusion.

Les lymphocytes B sont soupçonnés de participer aux réponses immunitaires anormales observées en présence de SP, et on croit que les effets de l’ocrélizumab sur ces réponses sont attribuables à son action sur les lymphocytes B. En se liant à CD20, protéine exprimée à la surface de ces cellules, l’ocrélizumab provoque leur lyse. Les effets de ce médicament se manifestent donc par une déplétion des lymphocytes B, qui est fonction de la dose administrée.

Travaux de recherche et résultats

Le Dr Ludwig Kappos et son équipe ont mené une étude de phase II de 24 semaines auprès de participants atteints de SP cyclique (poussées-rémissions) qui ont reçu soit un placebo, soit de l’ocrélizumab à faible dose (600 mg) ou à forte dose (2 000 mg), soit de l’interféron bêta‑1a (médicament dont l’emploi a été approuvé pour le traitement de la SP). Après 24 semaines, le nombre de lésions cérébrales évolutives avait diminué dans les deux groupes traités par l’ocrélizumab par rapport au groupe placebo (de 89 % dans le groupe ayant reçu l’ocrélizumab à faible dose et de 96 % dans le groupe traité par l’ocrélizumab à forte dose). De plus, les deux doses d’ocrélizumab se sont révélées plus efficaces que l’interféron bêta‑1a pour réduire les lésions cérébrales évolutives. Le taux annualisé de poussées sur 24 semaines était de 80 % plus faible dans le groupe ayant reçu l’ocrélizumab à faible dose et de 73 % plus faible dans le groupe traité par l’ocrélizumab à forte dose que dans le groupe placebo. Il est également ressorti de cette étude que les deux doses d’ocrélizumab avaient ralenti efficacement l’évolutivité de la SP selon des paramètres cliniques et paracliniques (IRM).

Deux essais cliniques de phase III baptisés OPERA I et OPERA II ont été l’occasion pour une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Stephen Hauser de comparer les effets de l’ocrelizumab (600 mg administrés toutes les 24 semaines) à ceux d’un médicament modificateur de la SP déjà homologué, soit l’interféron bêta-1b (44 µg administrés trois fois par semaine) durant 96 semaines. Selon les résultats obtenus auprès des 1 656 participants aux deux essais, l’ocrelizumab a réduit de façon significative le taux annualisé de poussées comparativement à l’interféron bêta‑1a au bout de deux ans, remplissant ainsi le principal critère d’évaluation des chercheurs. Selon des critères d’évaluation secondaires, les chercheurs ont également constaté que l’ocrélizumab avait retardé la progression des incapacités sur une période de 24 semaines et réduit le nombre de lésions causées par la SP.

En se basant sur les données issues des études déterminantes de phase III consacrées à l’ocrélizumab, la Food and Drug Administration (FDA – Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques) a approuvé ce médicament pour le traitement des formes rémittentes de SP (y compris la SP progressive secondaire accompagnée de poussées.) et celui de la SP progressive primaire. L’ocrélizumab a fait l’objet d’une demande de mise en marché qui est actuellement sous examen par Santé Canada. Il est possible d’en savoir plus à ce sujet en consultant la foire aux questions consacrée à l’ocrélizumab.

Effets secondaires signalés

On a rarement observé d’effets secondaires graves au cours des études cliniques sur l’ocrélizumab. Cependant, il y a eu plus de cas de réactions liées à la perfusion chez les personnes traitées par l’ocrélizumab que chez les témoins sous placebo après la première perfusion. Il est à noter qu’un patient traité par l’ocrélizumab (2 000 mg) est mort des suites d’un œdème cérébral secondaire à une réaction inflammatoire généralisée associée à une défaillance multiviscérale. On n’a pas encore déterminé s’il y a un lien de causalité entre ce décès et le traitement par l’ocrélizumab.

Références

KAPPOS, L. et coll. « Ocrelizumab in relapsing-remitting multiple sclerosis: a phase 2, randomised, placebo-controlled, multicentre trial », Lancet,2011; 378 1779-87.

HAUSER, S. et coll. « Ocrelizumab versus Interferon Beta‑1a in Relapsing Multiple Sclerosis »,N Engl J Med, 2017; 376 221-34.