Société canadienne de la sclérose en plaques

Minocycline

Survol :

  • Voie d’administration : orale
  • Type : tétracycline (antibiotique)
  • Traitement émergent contre : syndrome clinique isolé, SP cyclique
  • Statut : en cours d’évaluation dans des études cliniques de phase III

Mode d’action

En plus de son activité antibactérienne, la minocycline possède des propriétés anti-inflammatoires et neuroprotectrices qui font d’elle un candidat prometteur dans le traitement de la SP. Il a été démontré que la minocycline inhibe l’activité de diverses cellules et molécules pro-inflammatoires et qu’elle prévient l’infiltration de cellules immunitaires dans le système nerveux central.

On suppose que la minocycline favorise la neuroprotection par l’intermédiaire de trois mécanismes : l’inhibition de la mort des cellules productrices de myéline; la réduction des lésions cellulaires touchant les fibres nerveuses grâce à ses propriétés antioxydantes; la protection contre l’excitotoxicité, soit un processus par lequel les cellules nerveuses sont lésées ou détruites en raison d’une stimulation excessive exercée par certaines substances chimiques présentes dans le cerveau.

Travaux de recherche et résultats

Un certain nombre d’études chez l’animal et d’études pilotes réalisées chez l’être humain ont révélé que la minocycline possède des propriétés bénéfiques pour le traitement de la SP. De plus, la Dre Metz et son équipe ont mené une étude clinique de phase II, multicentrique, comparative avec placebo et à double insu qui visait à comparer l’efficacité de la minocycline administrée en association avec l’acétate de glatiramère avec celle de l’acétate de glatiramère administré en association avec un placebo chez 44 participants atteints de SP cyclique. Le traitement par l’association minocycline-acétate de glatiramère a permis de réduire le nombre de lésions visibles à l’IRM, sans toutefois que ce résultat atteigne le seuil de signification statistique.

En 2007, la Dre Metz a reçu du financement de la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP dans le but de réaliser une étude de phase III portant sur l’innocuité et l’efficacité de la minocycline chez des patients qui présentaient des symptômes précoces évocateurs de la SP. À cette étude participaient 142 patients qui ont été répartis au hasard pour recevoir la minocycline administrée par voie orale à raison de 100 mg, deux fois par jour, ou un placebo. Les résultats, non encore publiés, ont été présentés lors du 31e congrès de l’ECTRIMS (comité européen pour le traitement et la recherche dans le domaine de la sclérose en plaques). La Société de la SP et la communauté médicale attendent la publication des résultats afin de mieux comprendre les données qui orienteront par la suite les recommandations sur l’utilisation de la minocycline.

Effets secondaires signalés

Indiquée depuis plusieurs décennies dans le traitement de l’acné vulgaire, la minocycline possède un tableau d’innocuité bien établi. Les effets secondaires à court terme les plus fréquemment signalés chez les patients traités par la minocycline au cours des études sur la SP comprennent : diarrhée; étourdissements ou sensation de tête légère; coloration grise de la peau ou du tissu buccal, y compris les dents; sensibilité au soleil et infection secondaire causée par un champignon pouvant provoquer des démangeaisons rectales ou vaginales.

Document à l’appui

Références

  1. METZ, L. M., D. LI, A. TRABOULSEE et coll. « Glatiramer acetate in combination with minocycline in patients with relapsing-remitting multiple sclerosis: results of a Canadian, multicenter, double-blind, placebo-controlled trial », Mult Scler, 2009; 15(10):1183-94.
  2. ZABAD, R. K., L. M. METZ, T. R. TODORUK et coll. « The clinical response to minocycline in multiple sclerosis is accompanied by beneficial immune changes: a pilot study », Mult Scler, 2007; 13(4):517-26.
  3. ZHANG, Y., L. M. METZ, V. W. YONG et coll. « Pilot study of minocycline in relapsing-remitting multiple sclerosis », Can J Neurol Sci, 2008; 35(2):185-91.