Société canadienne de la sclérose en plaques

Siponimod

Aperçu :

  • Autre dénomination : BAF312 (société pharmaceutique Novartis)
  • Voie d’administration : orale (une fois par jour)
  • Classe thérapeutique : modulateur des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate; immunomodulateur
  • Nouveau traitement contre la SP cyclique et la SP progressive secondaire
  • Stade du programme de recherche : essais cliniques de phase II

Appartenant à la même catégorie de médicaments que le fingolimod (Gilenya), le siponimod fait l’objet d’études ayant pour but d’évaluer sa capacité à réduire le nombre de lésions cérébrales inflammatoires chez des personnes atteintes de SP cyclique. Le siponimod est également à l’étude en tant que traitement expérimental contre la SP progressive secondaire.

Mode d’action

Le siponimod pénètre dans le système nerveux central (SNC) et se lie à des sous-types spécifiques des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate (S1P). On trouve les récepteurs de la S1P à la surface de certaines cellules immunitaires, à savoir les lymphocytes Tet les lymphocytes B, qui jouent un rôle dans la formation des lésions qui touchent le SNC dans le contexte de la SP. En se liant aux récepteurs de la S1P, le siponimod prévient l’activation de ces cellules nocives, plus particulièrement les lymphocytes B et les lymphocytes T CD4+ et CD8+, et leur libération subséquente, à partir des ganglions lymphatiques et du thymus, dans la circulation sanguine, puis dans le cerveau et la moelle épinière.

Travaux de recherche et résultats

Plusieurs études préliminaires menées auprès d’animaux ont démontré que le siponimod réduisait le nombre de globules blancs circulants. Au cours d’une autre étude réalisée avec un modèle murin de SP, le siponimod a permis de freiner l’activité de la maladie et d’éliminer les déficits neurologiques.

Lors de l’étude BOLD, soit un essai de phase II, les chercheurs avaient pour but d’évaluer l’innocuité du siponimod de même que la capacité de ce dernier à réduire le nombre de lésions inflammatoires actives mises en évidence par les examens d’imagerie chez des personnes atteintes de SP cyclique. En tout, 297 personnes recrutées dans 73 centres situés en Europe et en Amérique du Nord ont pris part à cet essai multicentrique, à double insu et comparatif avec placebo. Les chercheurs ont administré aux participants le siponimod, selon différentes doses (0,25 mg, 0,5 mg, 1,25 mg, 2 mg ou 10 mg), ou un placebo afin de déterminer la dose optimale qui permettrait de réduire le nombre de lésions inflammatoires actives mises en évidence par les examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) après trois mois. Les chercheurs ont observé une diminution allant jusqu’à 82 % du nombre de lésions actives chez les participants qui avaient reçu la dose la plus élevée du siponimod, comparativement au placebo.

Au cours de la phase de prolongation de cette étude, qui a duré douze mois et à laquelle ont pris part 263 personnes du groupe initial, les chercheurs ont constaté que le nombre de lésions actives mises en évidence par les examens d’imagerie était resté bas, particulièrement chez les participants qui avaient reçu la dose maximale du siponimod. Ils ont également relevé un faible taux annualisé de poussées chez les participants qui avaient reçu le médicament à l’étude par rapport au placebo.

Effets secondaires signalés

Lors de l’essai de phase II mené auprès de personnes atteintes de SP cyclique, les effets indésirables les plus communs ont été les maux de tête, un ralentissement du rythme cardiaque, des étourdissements, des infections nasales et des infections de la gorge.

References

GERGELY, P. et coll. « The selective sphingosine 1-phosphate receptor modulator BAF312 redirects lymphocyte distribution and has species-specific effects on heart rate », Br J Pharmacol, 2012; 167(5):1035-47.

LEWIS, N. D. et coll. « Circulating monocytes are reduced by sphingosine-1-phosphate receptor modulators independently of S1P3 », J Immunol, 2013; 190(7):3533-40.

SELMAJ, K. et coll. « Siponimod for patients with relapsing-remitting multiple sclerosis (BOLD): an adaptive, dose-ranging, randomised, phase 2 study », Lancet Neurol, 2013; 12(8):756-67.

KAPPOS, L. et coll. « Safety and Efficacy of Siponimod (BAF312) in Patients With Relapsing-Remitting Multiple Sclerosis: Dose-Blinded, Randomized Extension of the Phase 2 BOLD Study », JAMA Neurol, 2016; doi: 10.1001/jamaneurol.2016.1451. [Publication électronique avant impression].