Société canadienne de la sclérose en plaques

Siponimod

Aperçu :

  • Autre dénomination : BAF312
  • Compagnie pharmaceutique : Novartis Pharmaceuticals AG
  • Voie d’administration : orale (une fois par jour)
  • Classe thérapeutique : modulateur des récepteurs de la sphingosine‑1‑phosphate (S1P1R); immunomodulateur
  • Traitement émergent contre la sclérose en plaques progressive secondaire
  • Statut : essais cliniques de phase III achevés

Mode d’action

Le siponimod appartient à la même catégorie de médicaments que le fingolimod (Gilenya). Il agit en pénétrant dans le système nerveux central (SNC) pour se lier à des sous-types spécifiques des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate (S1P). On trouve les récepteurs de la S1P à la surface de certaines cellules immunitaires, à savoir les lymphocytes T et les lymphocytes B, qui jouent un rôle dans la formation des lésions qui touchent le SNC dans le contexte de la SP. En se liant aux récepteurs de la S1P, le siponimod prévient l’activation de ces cellules nocives, plus particulièrement les lymphocytes B et les lymphocytes T CD4+ et CD8+, et leur libération subséquente, à partir des ganglions lymphatiques et du thymus, dans la circulation sanguine, puis dans le cerveau et la moelle épinière.

Travaux de recherche et résultats

Étude EXPAND : essai clinique de phase III

Des chercheurs ont mené un essai de phase III (étude EXPAND), multicentrique, à répartition aléatoire, à double insu, à groupes parallèles et comparatif avec placebo dans le but d’évaluer l’innocuité, la tolérabilité et l’efficacité du siponimod chez des personnes atteintes de SP progressive secondaire (SPPS). Cet essai a été effectué auprès de 1 645 personnes âgées de 18 à 60 ans et vivant dans 31 pays différents. Ces dernières étaient atteintes de SPPS et avaient obtenu un score de 3,0 à 6,5 à l’échelle élaborée d’incapacités EDSS. Les participants ont été répartis de façon aléatoire dans deux groupes, le premier (groupe traité) devant recevoir 2 mg du médicament à l’étude par voie orale une fois par jour, et le second (groupe témoin), un placebo, sur une période de trois ans ou jusqu’à ce que des données confirment la progression de l’incapacité. Les résultats de l’étude EXPAND ont démontré que le siponimod avait satisfait au paramètre d’évaluation principal, lequel consistait en une réduction du risque de progression confirmée de l’incapacité, observée dans un délai de trois mois. Ce risque a été réduit de 21 % chez le groupe traité par rapport au groupe témoin après trois mois, et de 26 % après six mois. Les données d’imagerie ont quant à elles démontré que le siponimod avait permis de ralentir le taux d’atrophie cérébrale de 23 % et de diminuer le volume des lésions en T2 d’environ 80 % après 12 mois et après 24 mois. Une réduction du taux annualisé de poussées de 55 % a également été observée. En revanche, le traitement par le siponimod n’a eu aucun impact sur les résultats du test de la marche chronométrée sur 8 m (Timed 25 foot walk) ni sur les résultats obtenus sur l’échelle SP de déambulation (MS Walking Scale).

Effets secondaires signalés

Les effets indésirables du siponimod les plus fréquemment signalés lors de l’étude EXPAND sont les suivants : diminution du nombre de globules blancs, élévation des enzymes hépatiques, réduction du rythme cardiaque lors de l’amorce du traitement, œdème maculaire, hypertension, réactivation du virus varicelle-zona (zona), et convulsions.

Références

KAPPOS, L. et coll. « Siponimod versus placebo in secondary progressive multiple sclerosis (EXPAND): a double-blind, randomised, phase 3 study », Lancet, 2018; 391(10127):1263-1273.

GERGELY, P. et coll. « The selective sphingosine 1-phosphate receptor modulator BAF312 redirects lymphocyte distribution and has species-specific effects on heart rate », Br J Pharmacol, 2012; 167(5):1035-47.

Kappos L, et coll. « Siponimod (BAF312) for the Treatment of Secondary Progressive Multiple Sclerosis: Design of the Phase 3 EXPAND Trial », Neurology (Meeting Abstracts), 12 fév. 2013.

KAPPOS, L. et coll. « Siponimod (BAF312) for the treatment of secondary progressive multiple sclerosis: Design of the phase 3 EXPAND trial », Mult Scler Relat Disord, 2014; 3(6):752.

LEWIS, N. D., et coll. « Circulating monocytes are reduced by sphingosine-1-phosphate receptor modulators independently of S1P3 », J Immunol, 2013; 190(7):3533-40.