Ce que vous devez savoir à propos de la maladie à coronavirus 2019
Société canadienne de la sclérose en plaques

Intimité

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Une relation intime satisfaisante repose en grande partie sur une communication ouverte et franche, la confiance, des attentes et des buts communs ainsi que sur le respect mutuel et l’attention réciproque. La SP peut entraîner des difficultés dans les relations intimes au sein d’un couple en raison 1) des modifications qu’elle peut imposer aux rôles et aux responsabilités des deux partenaires, 2) du renoncement obligé aux attentes et aux projets d’avenir du couple, 3) des changements dans la fonction et les sensations sexuelles et 4) de l’accroissement de la difficulté à parler des sensations désagréables et des craintes.

La SP peut perturber directement et indirectement la fonction sexuelle

Même s’ils diffèrent quelque peu d’une étude à l’autre, les résultats de la recherche montrent clairement que les personnes qui vivent avec la SP présentent plus souvent des difficultés sexuelles que les personnes qui ne sont pas atteintes de cette maladie. Il existe heureusement d’innombrables sources d’aide et de soutien pour les personnes aux prises avec ce genre de troubles. Votre médecin sera en mesure d’entamer le processus de résolution des problèmes que vous pourriez avoir en cernant la cause de ceux-ci, en vous proposant des solutions médicales ou autres ou en vous orientant vers un spécialiste, au besoin.

Effets possibles de la SP sur la fonction sexuelle

La SP peut altérer la fonction et les sensations sexuelles. Ses effets peuvent être directs (troubles primaires) ou indirects (troubles secondaires et troubles tertiaires).

Troubles primaires

L’excitation sexuelle est générée par le système nerveux central (SNC) grâce à la transmission de messages entre le cerveau, les organes sexuels et d’autres parties du corps, le long des fibres nerveuses de la moelle épinière. Et comme c’est le cas des autres symptômes de la SP, les troubles sexuels peuvent survenir n’importe quand, sans cause apparente. Les troubles primaires, entraînés directement par la démyélinisation de fibres nerveuses du cerveau ou de la moelle épinière, comprennent :

  • une diminution de la libido ou l’absence de désir sexuel;
  • l’altération des sensations génitales, causée par des symptômes comme l’engourdissement, la douleur ou l’hypersensibilité;
  • une diminution du tonus du muscle entourant le vagin;
  • une diminution de la lubrification vaginale et de l’engorgement du clitoris;
  • une réduction de la fréquence ou de l’intensité des orgasmes ou les deux.

Troubles secondaires

Outre les changements provoqués directement par la détérioration des fibres nerveuses du SNC, des troubles sexuels peuvent être causés par d’autres symptômes de la SP ou par des médicaments employés pour traiter ces symptômes, dont les plus problématiques sont la fatigue, la spasticité, les troubles vésicaux, intestinaux, sensoriels et cognitifs, la diminution du tonus des muscles non génitaux, l’altération des sensations, les tremblements et la douleur.

Troubles tertiaires

Les effets tertiaires sur la réponse et les sensations sexuelles sont d’ordre psychologique, social et culturel. Ils peuvent toucher les deux partenaires et comprendre l’anxiété liée à la performance, une diminution de l’estime de soi, la dépression, le découragement, la culpabilité ainsi que les changements de rôles dans la famille ou la société.

Prise en charge des troubles sexuels primaires

Perte de la libido. Il n’existe actuellement aucun traitement médical reconnu de la perte de la libido chez la femme. Il arrive parfois que tout finisse par rentrer dans l’ordre. Sinon, la perte ou la baisse de la libido peut être permanente. De nombreux facteurs peuvent expliquer ce phénomène : la démyélinisation, la fatigue, l’angoisse, la diminution de l’estime de soi et la dépression. Les femmes peuvent avoir du plaisir même en l’absence d’une libido puissante.

Changements sensoriels. Les changements sensoriels, tel l’engourdissement de la région vaginale, peuvent rendre le coït désagréable ou empêcher l’atteinte de l’orgasme. Cet inconfort peut être soulagé en passant doucement un sac de gel froid ou un sac de pois surgelés sur les parties génitales. Par ailleurs, on peut remédier à l’engourdissement en stimulant davantage les parties génitales. Dans certains cas, la stimulation orale ou manuelle du clitoris sera suffisante pour permettre à la femme d’atteindre l’orgasme. Sinon, un vibrateur ou autre accessoire sexuel pourra augmenter l’intensité des stimuli.

Diminution de la lubrification vaginale. La diminution de la lubrification vaginale rend le coït désagréable. Il existe pourtant une solution simple : un lubrifiant hydrosoluble. Certains, comme le K-Y Liquidmd et l’Astroglidemd, sont offerts en vente libre. Évitez les lubrifiants à base d’huile, comme la gelée de pétrole, car ils peuvent emprisonner les bactéries et causer des infections.

Faiblesse du muscle pubo-coccygien. Les exercices de Kegel peuvent contribuer au raffermissement du muscle pubo-coccygien (entourant le vagin) et à l’amélioration de la réponse et des sensations sexuelles. Pour localiser ce muscle, stoppez le débit urinaire lors d’une miction. Lorsque vous l’aurez localisé, contractez-le une douzaine de fois, deux fois par jour, mais non pas en urinant, car les contractions effectuées lors des mictions pourraient nuire à la vidange complète de la vessie, ce qui favorise les infections.

Atteinte de l’orgasme. Les gens sont portés à croire que l’orgasme est le but ultime des activités sexuelles, mais pourquoi faudrait-il adhérer à cette idée? En d’autres termes, ces activités peuvent procurer une grande satisfaction, même en l’absence d’orgasme. L’incapacité temporaire ou permanente d’atteindre l’orgasme ne fait pas disparaître le besoin d’intimité ni le besoin d’exprimer sa sexualité. « Faire l’amour » n’implique pas nécessairement le coït.

Redéfinition de la sexualité. Les femmes atteintes de SP peuvent souhaiter donner une définition toute personnelle à la sexualité, qui peut alors être plus axée sur des formes de toucher réconfortantes comme les cajoleries, les caresses et les massages. Certaines personnes devront explorer des activités exigeant moins de mobilité. Bien des gens ne sont pas à l’aise à l’égard de la masturbation. Il n’en reste pas moins que la plupart des sexologues actuels sont d’avis que les activités sexuelles pratiquées en solo aident les gens à redéfinir et à réorienter leur sexualité.

Redécouverte de son corps. Certains symptômes de la SP entraînent des changements dans les réponses du corps aux stimuli. L’auto-exploration est un exercice simple qui consiste à repérer par le toucher les zones érogènes du corps. Elle permet de détecter les changements survenus et de localiser les régions engourdies et celles qui procurent du plaisir ou des sensations désagréables. Certains exercices plus avancés dans ce domaine impliquent les deux partenaires.

Prise en charge des troubles sexuels secondaires

De nombreux troubles sexuels attribuables aux symptômes de la SP (telles la douleur, la spasticité et la fatigue) ou au traitement de cette maladie (comme le recours à une sonde ou encore les effets secondaires d’un médicament) peuvent être pris en charge avec l’aide de votre médecin.

Prise en charge des troubles sexuels tertiaires

Sentiment d’être séduisante. Être séduisante a beaucoup à voir avec le fait de croire en sa capacité de séduction. Prenez soin de vous en adoptant un régime alimentaire sain, en prévoyant des moments de détente et en vous adonnant à des activités physiques qui vous plaisent.

Maintien de pensées sexuelles. Qu’est-ce qui vous excite sexuellement? Qu’est-ce qui vous fait perdre tout intérêt sexuel? Quelles pensées entrent en conflit avec votre sexualité ou diminuent votre libido? L’autocritique joue un rôle important dans le maintien de la vie sexuelle, en particulier si la SP a émoussé votre désir. Vous pouvez raviver votre enthousiasme en entretenant davantage de pensées positives.

Accentuation de la sentimentalité. Apportez à votre quotidien une touche sentimentale. Vous pouvez, par exemple, souper devant un feu de foyer, prendre un bain aux chandelles, contempler à deux le coucher de soleil ou le clair de lune, vous tenir la main ou vous conter fleurette. Mais par-dessus tout, ne renoncez jamais aux plaisirs de l’intimité physique et affective.

L’information qui vous est présentée ici vous est offerte grâce à l’initiative « SHOPPERS. AIMEZ. VOUS. », dont l’objectif est de promouvoir la santé des femmes avant tout.

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