Société canadienne de la sclérose en plaques

Vaccins

Selon la 7e édition du Guide canadien d’immunisation (2006), l’Institute of Medicine de la National Academy of Sciences écarte tout lien de cause à effet entre la vaccination contre la rougeole, la rubéole, les oreillons (RRO), l’hépatite B et la grippe (influenza) et les troubles du spectre autistique ou les affections démyélinisantes, y compris la SP. Par conséquent, les enfants et les adultes qui ont de tels problèmes de santé peuvent recevoir sans tarder d’autres doses du vaccin RRO, du vaccin contre l’hépatite B ou du vaccin contre la grippe, de même que tout autre vaccin recommandé devant être administré systématiquement. Pour en savoir plus sur le sujet, veuillez visiter le site de Canada.ca

On a étudié l’efficacité et l’innocuité de certains vaccins chez les personnes atteintes de SP. Il semble selon une étude que les vaccins contre le tétanos, l’hépatite B et la grippe n’augmentent pas le risque à court terme de poussées de SP[i]. D’après une autre étude, les vaccins contre l’hépatite B, la grippe, le tétanos, la rougeole et la rubéole n’augmentent pas le risque de SP ou de névrite optique[ii].

On n’a pas encore publié de données cliniques sur l’innocuité des vaccins énumérés ci-dessous chez les personnes atteintes de SP. Par conséquent, prenez le temps de discuter de ces vaccins avec votre médecin de famille et votre neurologue : la méningite, la typhoïde, l’hépatite A, la coqueluche et l’encéphalite japonaise.

Quelques cas précis

Vaccin contre la fièvre jaune : Une étude ouverte (sans insu) de petite envergure a révélé que chez les personnes atteintes de SP cyclique qui avaient été vaccinées contre la fièvre jaune en prévision d’un voyage, le risque de poussées était nettement plus élevé au cours des six semaines suivant la vaccination que durant le reste de la période de suivi de deux ans. Étant donné que la fièvre jaune peut être mortelle, il est nécessaire dans le cas des personnes atteintes de SP qui doivent se rendre dans une région où sévit cette maladie infectieuse de mettre en balance le risque d’infection et le risque accru de poussées de SP.

Vaccin contre la varicelle : La vaccination contre la varicelle peut être envisagée tout particulièrement chez les personnes atteintes de SP qui n’ont pas d’antécédents de varicelle, celles qui ne présentent pas de signes témoignant d’une immunité acquise contre la varicelle et celles qui ont l’intention d’entreprendre un traitement susceptible d’inhiber l’immunité à médiation cellulaire, pourvu que le vaccin soit administré bien avant l’instauration de ce traitement.

Vaccin injectable contre la grippe saisonnière (y compris la grippe H1N1) pour 2017-2018

Le vaccin de 2017-2018 contre la grippe saisonnière est une préparation qui confère à elle seule l’immunité contre trois souches du virus de la grippe : la souche H3N2, une souche du type B et la souche H1N1 de cette année.

Le vaccin injectable contre la grippe est un vaccin « inactivé » qui est recommandé chez toutes les personnes âgées de plus de six mois. Après des études poussées menées auprès de personnes atteintes de SP, on considère que ce vaccin est relativement sans danger. Il peut être administré aux personnes qui sont traitées par un interféron, l'acétate de glatiramère, la mitoxantrone, le natalizumab, le tériflunomide, le diméthylfumarate, l’alemtuzumab ou le fingolimod. Cela dit, il faut éviter d’administrer un vaccin vivant après un traitement par le Lemtradamc.

L’innocuité de l’immunisation au moyen de vaccins vivants ou vivants atténués après un traitement par Ocrevus n’a pas fait l’objet d’études; une telle vaccination n’est pas recommandée pendant le traitement et jusqu’à la reconstitution des lymphocytes B.

Les patients ne doivent pas recevoir de vaccins vivants ou vivants atténués durant le traitement par Mavenclad, ni après le traitement par tant que la numération leucocytaire du patient n’est pas dans les limites normales.

Les personnes en proie à une forte poussée de SP qui les empêche de vaquer à leurs activités quotidiennes doivent laisser s’écouler de quatre à six semaines entre l’apparition des symptômes et la prise du vaccin antigrippal.

FluMistMD est un vaccin à virus vivant (on parle aussi de « vaccin antigrippal à virus vivant atténué ») qui est administré au moyen d’un vaporisateur nasal. L’emploi de ce vaccin n’est pas recommandé chez les personnes atteintes de SP. Les vaccins à virus vivant atténué contiennent un virus dont le pouvoir pathogène (pouvoir de déclencher une infection) a été affaibli, mais qui n’a pas été complètement inactivé.

Il existe un vaccin antigrippal à forte dose (FluadMD) destiné aux personnes de plus de 65 ans. Les effets de ce vaccin n’ont été étudiés dans aucun des groupes d’âge de la population atteinte de SP.

Vaccin contre la varicelle : L’administration de ce vaccin devrait être envisagée par les personnes atteintes de SP qui n’ont jamais eu la varicelle, qui ne présentent aucun signe d’immunité contre cette maladie et qui envisagent de prendre un médicament contre la SP ayant le potentiel d’affaiblir l’immunité à médiation cellulaire, notamment le fingolimod, le natalizumab et le diméthylfumarate. Soulignons que le vaccin doit être administré six semaines avant le début du traitement par un médicament contre la SP.

Vaccin contre l’hépatite B : Ce vaccin est recommandé chez tous les enfants, adolescents et adultes susceptibles de contracter l’hépatite B, soit une infection pouvant être mortelle. En 2002, l’Institute of Medicine a étudié attentivement les données qui ont été publiées dans des revues scientifiques et médicales examinées par les pairs sur le lien qui pourrait exister entre la vaccination contre l’hépatite B et les maladies du système nerveux. Il en a conclu qu’il n’y a pas d’association entre la vaccination contre l’hépatite B et l’apparition de la SP. Veuillez consulter le site du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI).

Vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) :

GARDASIL®9 est un vaccin indiqué chez les filles et les femmes de 9 à 45 ans pour la prévention de l’infection par les virus du papillome humain (VPH) des types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 et des maladies suivantes causées par les VPH de ces types contenus dans le vaccin : cancers du col de l’utérus, de la vulve et du vagin causés par les VPH des types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 ; verrues génitales (condylomes acuminés) causées par les VPH des types 6 et 11 et des lésions précancéreuses ou dysplasiques suivantes causées par les VPH des types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58.

GARDASIL®9 est indiqué chez les filles et les femmes de 9 à 26 ans pour la prévention des maladies suivantes : cancer de l’anus causé par les VPH des types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58; néoplasies intraépithéliales anales (AIN) de grade 1, de grade 2 et de grade 3 causées par les VPH des types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58.

Garçons et hommes GARDASIL®9 est indiqué chez les garçons et les hommes de 9 à 26 ans pour la prévention de l’infection par les VPH des types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 et des maladies suivantes causées par les VPH de ces types contenus dans le vaccin : cancer de l’anus causé par les VPH des types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58; verrues génitales (condylomes acuminés) causées par les VPH des types 6 et 11 et des néoplasies intraépithéliales anales (AIN) de grade 1, de grade 2 et de grade 3 causées par les VPH des types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58.

Après avoir examiné des renseignements du Canada et de l’international au sujet de l’innocuité du vaccin Gardasil contre le VPH, Santé Canada informe la population canadienne que les avantages du vaccin continuent de l’emporter sur les risques. L’ensemble des éléments probants continue de démontrer que ce vaccin peut être utilisé sans danger et qu’il n’y a pas de nouveaux risques pour la sécurité associés à son utilisation.

Vaccin contre la variole : Les effets du vaccin contre la variole n’ont jamais été étudiés chez les personnes atteintes de SP. Par ailleurs, des experts canadiens en santé publique ont déclaré qu’une vaccination préventive massive des personnes en bonne santé n’est pas recommandée pour le moment, puisque l’on n’a recensé aucun cas de variole récemment. Rappelons toutefois que la variole est une maladie grave, généralement mortelle, et que ce vaccin devrait être offert à toutes les personnes atteintes de SP susceptibles de la contracter, car elles courront de trop grands risques si elles ne se font pas vacciner.

Vaccins contre le zona : En général, les spécialistes de la SP déconseillent d’administrer des vaccins à virus vivant aux personnes atteintes de SP, parce que ce type de vaccin peut accroître l’activité de la maladie. Cela dit, Zostavax est un cas un peu particulier. En effet, la plupart des gens contractent la varicelle durant l’enfance, et le virus persiste dans l’organisme après la guérison de l’infection. Autrement dit, la plupart des gens sont porteurs du virus. Par conséquent, il est bien possible que la vaccination par Zostavax puisse être bénéfique et sans danger pour une personne atteinte de SP qui a déjà eu la varicelle ou qui a obtenu des résultats positifs au test de dépistage des anticorps dirigés contre le virus varicelle-zona. Toutefois, il appartient à chacun de discuter avec son médecin des bienfaits potentiels et des risques associés à la prise de ce vaccin.

Shingrix est un vaccin non vivant stérile pour injection intramusculaire indiqué pour la prévention du zona chez les adultes de 50 ans ou plus. Dans les études cliniques, Shingrix s’est avéré efficace dans plus de 90 % des cas de zona chez les personnes de 50 ans ou plus, y compris les 70 à 80 ans et même au-delà de 80 ans. Shingrix a conféré une protection soutenue contre le zona pendant quatre ans. Comme n’importe quel autre vaccin, Shingrix pourrait ne pas conférer une protection complète à toutes les personnes vaccinées.

Considérations particulières

Les personnes en proie à une forte poussée de SP qui les empêche de vaquer à leurs activités quotidiennes doivent laisser s’écouler de 4 à 6 semaines entre l’apparition des symptômes et la prise d’un vaccin.

Les personnes qui suivent un traitement immunosuppresseur (traitement qui affaiblit le système immunitaire : mitoxantrone, azathioprine, méthotrexate, cyclophosphamide ou corticothérapie de longue durée) doivent consulter leur neurologue avant de recevoir un vaccin à virus vivant. En effet, toute personne dont le système immunitaire est affaibli est exposée à un risque accru d’infection par le virus contenu dans le vaccin.

En général, on estime que les vaccins inactivés sont sans danger pour les personnes qui sont traitées par un interféron, l'acétate de glatiramère, la mitoxantrone, le natalizumab ou le fingolimod.

Il se peut qu’un vaccin qui est administré dans les trois mois qui suivent la prise d’une préparation d’immunoglobuline n’exerce pas son plein effet. De même, il se peut qu’un vaccin qui est administré durant un traitement par le natalizumab ou le fingolimod n’exerce pas son plein effet.


i New England Journal of Medicine (Confavreux et coll., 2001).
ii Archives of Neurology (DeStefano et coll., 2003).
iii Archives of Neurology (Farez & Correale, 2011).
D’après des renseignements tirés de Canada.ca et de la National MS Society (organisme états-unien de la SP).