Société canadienne de la sclérose en plaques

Traitements complémentaires et parallèles

Le terme « médecine complémentaire et parallèle » (MCP) regroupe les méthodes issues de diverses traditions et pratiques. Ce type de médecine propose des approches variées, dont la pratique de l’exercice, l’utilisation de produits de santé naturels, de plantes médicinales, de produits homéopathiques et de vitamines, l’acupuncture, la massothérapie, la méditation et la prière. De nombreux Canadiens atteints de sclérose en plaques recourent à ce type de médecine pour soulager leurs symptômes de SP et améliorer leur qualité de vie. En général, les approches auxquelles on a recours en complément aux traitements médicamenteux sont dites « complémentaires », et celles qui sont utilisées seules sont dites « parallèles ».

L’emploi de ces approches ne repose généralement pas sur des données scientifiques probantes. Toutefois, il commence à en être autrement. En effet, bon nombre de traitements relevant de la médecine complémentaire et parallèle font maintenant l’objet d’essais cliniques bien contrôlés. Au cours des dernières années, par exemple, nous avons constaté une augmentation substantielle du nombre de travaux de recherche et d’essais cliniques consacrés à la vitamine D ou aux bienfaits de l’exercice.

On recommande aux personnes atteintes de SP qui explorent les options offertes quant à la prise en charge de cette maladie de rester en étroite communication avec leur équipe soignante.

Les personnes qui envisagent de recourir à une MCP devraient se poser les questions suivantes:

  • Pour quel(s) trouble(s) cette approche est-elle recommandée?
  • Ce traitement a-t-il fait l’objet d’études d’innocuité et d’efficacité chez les personnes atteintes de SP?
  • Quels sont les bienfaits attendus?
  • Existe-t-il des risques ou des effets secondaires connus liés à son utilisation?
  • Quelle quantité est recommandée, par qui et selon quelle source?
  • Les personnes atteintes de certains troubles ou maladies (comme la SP) devraient-elles éviter de recourir à cette approche?
  • Combien cela coûte-t-il?

Les réponses à ces questions peuvent permettre à ceux qui envisagent de recourir à une MCP de voir si les bienfaits du traitement justifient les risques auxquels ils s’exposent.

Des effets secondaires et des interactions indésirables ou involontaires peuvent survenir lorsqu’on combine différentes approches, peu importe les traitements utilisés, qu’il s’agisse d’herbes médicinales ou de produits de santé naturels. Il convient par ailleurs de souligner que le fait de provenir d’une source naturelle ne garantit pas l’innocuité d’un produit.

Voici quelques recommandations à l’intention des personnes qui décident de recourir à une MCP.

Assurez-vous que votre équipe soignante est au courant de tous les médicaments que vous prenez.
Il est important que l’équipe soignante connaisse tous les médicaments ou produits (y compris ceux en vente libre) que les personnes atteintes de SP prennent en même temps que les médicaments qui leur sont prescrits.

Les médicaments prescrits par votre médecin ont été évalués dans le cadre d’essais cliniques soigneusement conçus, et leur innocuité de même que leur efficacité ont été reconnues par les spécialistes en SP. Ne cessez donc pas de prendre vos médicaments, même si vous décidez d’ajouter un produit de MCP à votre traitement.

Les études cliniques bien conçues s’avèrent le meilleur moyen de s’assurer de l’innocuité et de l’efficacité d’un traitement. Voici pourquoi :

  • Le seul moyen d’évaluer l’innocuité et l’efficacité d’un traitement consiste à en étudier les effets sur un grand nombre de personnes durant une période de temps suffisante.
  • L’efficacité d’un nouveau traitement ne peut être prouvée qu’en comparant celui-ci à un placebo ou à un autre traitement qui s’est déjà montré efficace.

Tenez un journal sur votre état de santé.

Notez tous les médicaments, produits et traitements auxquels vous recourez ainsi que les changements que vous observez. Utilisez le formulaire fourni ici pour lister vos médicaments d’ordonnance, les médicaments que vous vous procurez en vente libre ainsi que les vitamines, les produits naturels et les compléments alimentaires que vous prenez.

Méthodes favorisant le bien-être physique et psychologique

Régimes alimentaires et suppléments

On a proposé de nombreux régimes alimentaires en guise de traitement de la SP, mais à ce jour, aucun d’entre eux ne s’est révélé efficace pour prévenir cette maladie ou ralentir son évolution. D’ailleurs, il vaut mieux user de la plus grande prudence à cet égard, car certains régimes spéciaux peuvent être dispendieux, voire dangereux. Les spécialistes en SP vous conseillent de suivre les recommandations qui sont émises pour la population en général, soit d’adopter un régime faible en gras et à teneur élevée en fibres. Les personnes atteintes de SP se demandent aussi parfois si elles devraient prendre des compléments alimentaires. Or, les essais cliniques menés auprès de personnes atteintes de SP n’ont pas fourni de données probantes étayant l’utilité des suppléments vitaminiques, sauf pour ce qui est de la vitamine D. Cliquer ici pour lire les dernières nouvelles sur la recherche en lien avec l’alimentation et l’activité physique.

Vitamine D

La vitamine D favorise l’absorption du calcium et une bonne santé des os en général. Elle a aussi des effets positifs sur le système immunitaire. C’est pourquoi les chercheurs étudient, d’une part, le lien possible entre un apport insuffisant en vitamine D et le risque de SP et, d’autre part, les effets sur la SP de la prise de suppléments de cette vitamine. Les sources de vitamine D sont les huiles de poisson, les suppléments vitaminiques et l’exposition au soleil. Mais avant d’apporter des changements draconiens à votre régime alimentaire ou d’augmenter votre consommation de vitamines, consultez votre médecin ou un nutritionniste.

Voir Bien manger : Guide pour les personnes atteintes de sclérose en plaques.

Acupuncture

L’acupuncture est une branche de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à traiter les patients en introduisant des aiguilles ultra fines dans la peau en des points précis du corps. Cette pratique est graduellement introduite dans la médecine occidentale, suivant les résultats probants de certaines études sur son efficacité contre toutes sortes de maladies.

Marijuana

Dans le contexte de la SP, la marijuana est habituellement utilisée pour traiter la spasticité et la douleur associée à cette maladie. Bien que son utilisation à des fins médicales ne soit pas approuvée dans notre pays, Santé Canada a autorisé l’accès à la marijuana séchée aux personnes auxquelles ce produit a été prescrit par un médecin. De plus, l’emploi du Sativexmd (GW Pharmaceuticals), produit dérivé du cannabis, a reçu l’approbation de Santé Canada pour le traitement de la douleur associée à la SP.

De vastes études comparatives sont en cours afin d’évaluer l’efficacité de la marijuana et de ses dérivés contre les symptômes de SP.

Voir le Règlement sur la marihuana à des fins médicales pour en apprendre davantage sur la marijuana utilisée à des fins médicales.

Interventions complémentaires à éviter

Retrait des amalgames dentaires

Il n’existe aucune donnée probante sur la relation entre l’apparition ou l’aggravation de la SP et le mercure contenu dans les amalgames dentaires; par conséquent, il n’y a aucune raison de les faire retirer. Bien que l’empoisonnement aux métaux lourds, tels le mercure, le plomb ou le manganèse, puisse affecter le système nerveux et provoquer des symptômes comme le tremblement et la faiblesse, son processus de détérioration n’est pas le même que celui de la SP.

Traitement par le venin d’abeille

En dépit des allégations de longue date selon lesquelles le venin d’abeille aurait des effets bénéfiques sur les personnes atteintes de SP, une étude clinique aléatoire de 24 semaines n’a pas permis de montrer que cette substance pouvait diminuer l’activité de la maladie, l’incapacité du patient ou sa fatigue, ni qu’elle pouvait améliorer la qualité de vie.