Santé des femmes et SP

Les répercussions de la SP varient grandement d’une personne à l’autre, et certains aspects de la santé touchent différemment les hommes et les femmes. Dans la présente section, nous aborderons certaines des situations les plus couramment vécues par les femmes atteintes de SP et donnerons des conseils pratiques sur la prise en charge à envisager dans pareils cas au quotidien.

Menstruations

Selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, le cycle menstruel normal a une durée de 21 à 35 jours, et les menstruations durent en moyenne de trois à huit jours chez la majorité des femmes. Certains médicaments utilisés pour la prise en charge de la SP peuvent causer une irrégularité du cycle menstruel, notamment un flux menstruel inhabituellement léger ou abondant, des microrragies (saignements légers) entre les cycles ou l’arrêt temporaire des menstruations.

Les femmes atteintes de SP déclarent souvent que leurs symptômes s’aggravent à l’approche de leurs menstruations ou durant celles-ci. Cela dit, on ne dispose que de peu de données de recherche sur les effets des menstruations sur la SP.

De nombreux produits d’hygiène féminine sont offerts sur le marché, mais certains peuvent être plus faciles d’utilisation que d’autres selon les symptômes de SP présents, notamment les modifications de la fonction cognitive, la réduction de la mobilité, le tremblement et la spasticité. Alors que l’utilisation de tous les produits requiert une certaine dextérité manuelle, certains peuvent être plus faciles à employer que d’autres. Les femmes aux prises avec une modification des facultés cognitives, dont la mobilité des membres supérieurs ou inférieurs est restreinte, qui présentent un tremblement ou de la spasticité peuvent trouver difficile de recourir aux tampons, qui requièrent d’être changés toutes les 4 à 6 heures.

La coupe menstruelle peut, pour sa part, être insérée dans le vagin et y demeurer jusqu’à 12 heures. Cette coupe, faite de silicone, est lavable et réutilisable pendant un an (à remplacer annuellement). Les serviettes hygiéniques et les protège-dessous jetables offrent divers degrés de protection et doivent être changés fréquemment au cours de la journée. Des serviettes hygiéniques réutilisables en tissus sont également offertes, mais comme elles tiennent en place sur la culotte à l’aide d’une bande de type Velcro et doivent être lavées avec du détergent, elles pourraient s’avérer peu commodes pour certaines femmes.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les effets secondaires liés au cycle menstruel des médicaments contre la SP, veuillez consulter votre fournisseur de soins de santé ou votre pharmacien.

Contraception

La plupart des femmes qui reçoivent un diagnostic de sclérose en plaques sont en âge de procréer. Certains médicaments utilisés dans le traitement de la SP entraînent un risque accru chez les femmes enceintes ou qui allaitent, car ils pourraient avoir des effets nuisibles chez le fœtus ou le bébé. De plus, certains médicaments visant à soulager les symptômes de SP pourraient réduire l’efficacité de certains types de contraceptifs. Les précautions et les mises en garde sur l’innocuité des médicaments en matière de grossesse et d’allaitement sont énumérées dans la monographie de chaque médicament approuvé par Santé Canada. Il importe de comprendre les interactions possibles entre les médicaments ou les suppléments qui sont pris en même temps. On conseille aux femmes de parler avec leur fournisseur de soins de santé ou leur pharmacien pour bien comprendre les interactions médicamenteuses possibles.

Dispositifs intra-utérins (DIU)

Un dispositif intra-utérin (DIU) est un petit appareil en forme de T qui est placé dans l’utérus pour prévenir la grossesse. Les DIU sont des méthodes contraceptives à long terme et réversibles. Il en existe deux types : les DIU en cuivre, et ceux qui libèrent un progestatif (une hormone, le lévonorgestrel). Les DIU en cuivre peuvent demeurer dans l’utérus pendant environ douze ans, alors que les DIU à base d’hormone doivent être remplacés tous les trois à cinq ans, selon le produit utilisé. Ces deux types de dispositifs doivent être installés par un fournisseur de soins de santé.

Implant contraceptif (non offert au Canada)

L’implant contraceptif est un bâtonnet en plastique souple (environ de la taille d’une allumette) qui est inséré sous la peau du haut du bras.

L’implant libère lentement une dose constante d’une hormone progestative pendant une période pouvant atteindre trois ans. L’implant provoque l’épaississement de la glaire cervicale et l’amincissement de l’endomètre, ce qui empêche les spermatozoïdes d’entrer dans l’utérus.

Contraceptifs hormonaux combinés (CHC)

Les contraceptifs hormonaux combinés (CHC) comprennent les contraceptifs oraux combinés à faible dose, le timbre hormonal et l’anneau vaginal. Comme ces contraceptifs entraînent un risque accru de thromboembolie veineuse (caillot sanguin), les femmes qui présentent des troubles de la mobilité de longue date seraient mieux servies par un autre moyen contraceptif.

Timbre contraceptif hormonal

Le timbre hormonal s’applique sur la peau d’une des régions suivantes : fesse, bas du ventre, haut du bras ou haut du torse. Un nouveau timbre est mis en place chaque semaine pendant trois semaines. Celui-ci libère de l’estrogène et un progestatif (des hormones) dans la circulation sanguine pour prévenir la grossesse.

Anneau contraceptif hormonal (anneau vaginal)

L’anneau hormonal est un petit anneau en plastique souple qu’on insère soi-même dans le vagin pour fermer le col de l’utérus. Il contient de l’estrogène ou de la progestérone (des hormones) ou les deux, selon le produit prescrit. L’anneau demeure en place pendant trois semaines consécutives. Les femmes qui présentent une spasticité des membres supérieurs ou une dextérité moindre pourraient trouver que cette méthode contraceptive n’est pas un choix optimal.

Contraceptif injectable (injection contraceptive)

Le contraceptif injectable est un moyen de contraception hautement efficace et réversible qui contient un progestatif, mais pas d’estrogène. Il est administré par injection intramusculaire quatre fois par année, par un fournisseur de soins de santé. L’injection hormonale empêche les ovaires de libérer un ovule, épaissit la glaire cervicale pour empêcher qu’un spermatozoïde atteigne un ovule et modifie l’endomètre dans l’utérus pour rendre l’implantation de l’ovule fécondé difficile[i]

La majorité des méthodes contraceptives sont sécuritaires pour les femmes atteintes de SP, à l’exception des contraceptifs hormonaux combinés (anneau vaginal, timbre hormonal ou contraceptifs oraux à faible dose) chez les femmes dont la mobilité est réduite, en raison du risque de caillots sanguins, comme cela a été mentionné précédemment.

Ménopause

La ménopause peut survenir de l’âge de 40 à 58 ans, bien que la majorité des femmes la vivent au début de la cinquantaine. On en pose généralement le diagnostic lorsqu’une femme n’a pas eu ses règles pendant douze mois consécutifs[i]. Durant la ménopause, le corps cesse de produire de l’estrogène en quantité suffisante, ce qui entraîne des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil et des troubles urinaires, dont bon nombre recoupent les symptômes courants de la SP. Certaines femmes disent que les symptômes de la ménopause aggravent leurs symptômes de SP. Comme la majorité des symptômes de la ménopause peuvent être soulagés efficacement par divers médicaments, on recommande aux femmes de consulter leur fournisseur de soins de santé pour discuter des options thérapeutiques dont elles disposent.

Il ne semble pas que la SP modifie le moment où survient la ménopause[ii], et aucune donnée ne permet d’affirmer que la ménopause a un effet positif ou négatif sur le taux de poussées ou l’évolution de la SP. La génétique et le tabagisme sont deux facteurs connus de l’apparition précoce de la ménopause. Des études portent à croire que les femmes qui fument sont ménopausées environ deux ans plus tôt que les femmes qui ne fument pas. De plus, le tabagisme pourrait accélérer l’évolution de la SP.

Hormonothérapie

L’hormonothérapie est un traitement composé de médicaments d’ordonnance que les femmes peuvent utiliser pour prendre en charge les symptômes associés à la ménopause. Elle peut aussi être utilisée pour prévenir l’ostéoporose. Les femmes atteintes de SP qui présentent d’importantes incapacités et des périodes prolongées d’immobilité (en position assise ou couchée) pourraient être exposées à un risque accru de thrombose ou de caillots sanguins. Dans leur cas, l’hormonothérapie pourrait ne pas convenir. L’hormonothérapie est déconseillée aux femmes qui ont beaucoup fumé, qui ont déjà subi une thrombose veineuse ou qui ont eu un cancer particulier ou une maladie grave du cœur, du foie ou des reins.

D’autres stratégies peuvent aider à soulager les symptômes de la ménopause, notamment l’exercice physique régulier, le repos suffisant, une alimentation équilibrée, des stratégies de rafraîchissement, l’abandon du tabagisme et la consommation restreinte d’alcool et de caféine. Toutes les formes d’hormonothérapie (comprimés, timbres, gels) peuvent être employées par les femmes atteintes de SP. Les femmes qui envisagent de recourir à l’hormonothérapie ou à tout autre traitement visant la prise en charge de la ménopause devraient consulter leur fournisseur de soins de santé. Des ressources utiles peuvent être consultées sur le site de la North American Menopause Society (en anglais).

Santé des os

L’ostéoporose se caractérise par une fragilisation des os et donc par une hausse du risque de fractures. Elle peut constituer un problème chez les femmes atteintes de SP à mobilité réduite, qui prennent des corticostéroïdes depuis longtemps ou dont l’utilisation de ces agents est excessive, car ces situations peuvent entraîner une diminution de la densité osseuse et un risque accru d’ostéoporose. Il existe de nombreux moyens de prévenir l’ostéoporose, qui comprennent l’adoption d’un bon régime alimentaire et d’un programme d’exercice régulier, de même que la prise de médicaments favorisant la densité osseuse. Le calcium et la vitamine D renforcent les os et aident à prévenir l’ostéoporose. Les femmes devraient envisager de prendre jusqu’à 4 000 UI de vitamine D par jour, sous forme de supplément, pendant l’hiver ou si elles risquent d’être peu exposées au soleil.

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’exercice et l’activité physique, de même que sur l’alimentation et la vitamine D. L’organisme Ostéoporose Canada peut également fournir davantage d’information à ce sujet (1 800 463‑6842, osteoporosecanada.ca).

​Information supplémentaire

Ostéoporose Canada

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