Société canadienne de la sclérose en plaques

SP progressive

Les formes progressives de SP comprennent la forme progressive secondaire, la forme progressive primaire et la forme progressive récurrente.

La forme progressive secondaire succède à la forme cyclique (poussées-rémissions) : au fil du temps, les poussées et les rémissions se font de moins en moins précises, puis on assiste à une progression continue de la maladie, qui peut être ponctuée de phases de plateau. Environ la moitié des personnes atteintes d’une forme cyclique de SP verront la maladie évoluer vers une forme progressive secondaire au cours des 10 à 20 ans suivant le diagnostic. Nombre de celles dont la forme progressive s’accompagne de poussées continuent de prendre un médicament modificateur de l'évolution de la SP (MMÉSP).

La forme progressive primaire se caractérise par une lente accumulation d’incapacités, sans poussées définies. Environ 10 pour 100 des personnes atteintes de SP présentent cette forme de la maladie, qui est généralement diagnostiquée chez des personnes de plus de 40 ans. Soulignons qu’autant d’hommes que de femmes en sont atteints, alors que la forme récurrente peut toucher jusqu’à trois fois plus de femmes que d’hommes. Plusieurs autres caractéristiques cliniques différencient la forme progressive primaire de la forme récurrente, dont les suivantes :

  • Au début de la maladie, la plupart des personnes qui reçoivent un diagnostic de SP progressive primaire ont de la difficulté à marcher, signe d’une atteinte médullaire (moelle épinière), alors que celles qui reçoivent un diagnostic de SP cyclique présentent souvent des troubles visuels ou sensoriels. À l’IRM, on voit moins de lésions cérébrales et plus de lésions médullaires chez les personnes atteintes d’une forme progressive primaire de SP que chez les personnes atteintes d’une forme cyclique de cette maladie.
  • Dans les cas de SP progressive primaire, une atrophie (diminution du volume) du cerveau et de la moelle épinière est observée au premier stade de la maladie.

La forme progressive récurrente est la forme la plus rare de la SP. En effet, elle ne se manifeste que dans environ 5 pour 100 des cas. Elle se caractérise dès le départ par une aggravation soutenue de la maladie, accompagnée de poussées occasionnelles. Étant donné que cette forme de SP comporte un processus inflammatoire, le recours aux MMÉSP peut s’avérer bénéfique.

Bien que d’immenses progrès aient été accomplis dans le ralentissement ou la prévention de la progression des formes récurrentes de la SP, lesquelles sont relativement bien maîtrisées par les MMÉSP actuels, ces derniers ne sont pas efficaces contre les formes progressives de SP parce qu’ils ciblent le processus inflammatoire, principal composant des formes récurrentes de cette maladie. Les formes progressives de SP semblent impliquer principalement une atrophie neuronale (détérioration des neurones ou neurodégénérescence), qui peut découler ou non d’un processus inflammatoire et qui ne répond pas aussi bien que les formes récurrentes aux traitements anti-inflammatoires actuels.

Alors qu’aucun médicament modificateur de l’évolution de la SP n’a encore été approuvé pour le traitement de la SP progressive, les personnes présentant une forme progressive primaire ou progressive secondaire de SP et leur équipe soignante disposent de bons moyens pour prendre la maladie en charge, y compris la réadaptation et le traitement des symptômes.

Vivre avec une forme progressive de SP s’apparente à la poursuite d’un but. Certains jours sont plus difficiles que d’autres, mais grâce à de l’information et du soutien, vous pourrez bien vivre avec la SP.