Société canadienne de la sclérose en plaques

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18 millions de dollars alloués à trois projets de recherche internationaux visant à stopper la sclérose en plaques progressive

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L’International Progressive MS Alliance, fer de lance de la collaboration internationale dans l’étude des formes progressives de la SP et l’élaboration de traitements contre celles-ci


Le 15 septembre 2016, LONDRES, Royaume-Uni
– Dans le cadre d’une démarche mondiale sans précédent pour stopper la SP, l’International Progressive MS Alliance (alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive – l’Alliance) a alloué six millions de dollars à trois subventions de réseaux de recherche, soit 18 millions destinés à accélérer les études sur la SP progressive. Plus de 2,3 millions de personnes vivent avec la SP dans le monde, et plus d’un million d’entre elles présentent une forme progressive de cette maladie.

L’Alliance regroupe plusieurs organismes de SP du monde, qui collaborent à l’avancement de la recherche sur la SP progressive, axée tant sur des médicaments modificateurs de l'évolution de la SP que sur des moyens de soulager les symptômes. Les subventions de réseaux de recherche s’étalent sur plusieurs années et fournissent des sommes importantes à des réseaux internationaux de chercheurs et d’établissements ayant déjà collaboré et montré qu’ils pouvaient réaliser des percées cruciales dans les connaissances sur la SP progressive et le traitement de celle-ci.

Comme le Canada affiche le plus fort taux de SP du monde, comptant plus de 100 000 personnes atteintes de cette maladie, selon les estimations, il est tout naturel qu’un des titulaires de ces subventions provienne du Canada. Le Dr Douglas Arnold, del’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, Université McGill, dirigera une équipe de 16 chercheurs du monde entier qui se penchera sur l’élaboration de la prochaine génération de biomarqueurs d’IRM de la progression clinique de la SP progressive à être utilisés en tant qu’outils d’évaluation dans le cadre d’essais de phase 2. De nombreux Canadiens collaborent aux études subventionnées, dont le Dr Jack Antel, de l’Université McGill (projets 2 et 3), et le Dr Alexandre Prat, de l'Université de Montréal (projet 3), ce qui témoigne de l’immense contribution du Canada à la recherche internationale sur la sclérose en plaques.

Collaboration et investissements visant à faire avancer la recherche sur la SP progressive

Pour les trois titulaires d’une subvention de réseau de recherche, l’aventure a commencé en 2014, soit au moment où ils ont reçu l’une des 21 subventions « Défi innovation » décernées par l’Alliance. En 2015, l’Alliance a versé 11 subventions supplémentaires à des équipes internationales et multidisciplinaires se consacrant précisément à la recherche de réponses aux questions soulevées par la SP progressive (subventions de planification d’un réseau de recherche) – soit un investissement cumulé de 33 millions de dollars. Les subventions de réseaux de recherche ont pour but de hâter les avancées dans les domaines suivants :

  • Recherche visant la découverte de médicaments, comprenant la détermination et la validation de cibles moléculaires et cellulaires, le criblage et la caractérisation de médicaments candidats, qu’il s’agisse de médicaments faisant l’objet de nouvelles indications ou de médicaments administrés aux êtres humains pour la première fois.
  • Recherche visant la découverte de biomarqueurs biologiques ou d’imagerie ou le développement ou la validation de marqueurs existants.
  • Essais de validation d’hypothèse et conception d’essais, y compris des essais sur la remyélinisation, la neuroprotection et l’accroissement de la plasticité cérébrale.

Les onze lauréats des subventions accordées en 2015 dans le cadre du concours de subventions de planification d’un réseau de recherche ont été invités à soumettre une demande de subvention de réseau de recherche en 2016. La valeur de chacune de ces subventions de quatre ans est de six millions de dollars.

« Certains des travaux de recherche les plus prometteurs du monde sont menés ici même, au Canada », souligne Yves Savoie, président et chef de la direction de la Société canadienne de la SP. « J’ai bon espoir qu’en travaillant de concert avec les meilleurs chercheurs en SP du monde, nous avancerons beaucoup plus rapidement vers des solutions pour les Canadiens qui vivent avec la sclérose en plaques. »

Collaboration internationale en vue de répondre à une question cruciale sur la SP

C’est dans une proportion pouvant aller jusqu’à 65 p. 100 que les personnes qui vivent avec la SP risquent de présenter une forme progressive secondaire de la maladie, et 15 p. 100 de l’ensemble de cette population recevront d’emblée un diagnostic de SP primaire progressive. C’est pourquoi la collaboration et l’accélération du rythme de la recherche pour stopper la SP est devenue une priorité à l’échelle internationale. Les trois projets qui recevront une subvention de réseau de recherche porteront sur des priorités visant principalement à découvrir rapidement des moyens de traiter la SP progressive.

Titulaire de la subvention/projet no 1 :

Chercheur principal : Douglas Arnold, M.D., Université McGill (Canada), en collaboration avec 16 chercheurs des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Suisse

Titre du projet : Identification d’un biomarqueur pour l’évaluation de l’évolution de l’incapacité au cours des essais cliniques

Le Dr Douglas Arnold, de l’Université McGill, a fait progresser de manière remarquable l’élaboration de la prochaine génération d’outils d’évaluation de l’évolution de la SP progressive. Son équipe de recherche fait figure de pionnière en ce qui a trait à l’identification de marqueurs de l’évolution de la SP sur les examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et à l’utilisation de ces marqueurs au cours d’essais cliniques de phase II sur les traitements contre la SP progressive. Les travaux de recherche du Dr Arnold visent à explorer l’hypothèse selon laquelle l’évolution de la SP qui est associée à la formation des lésions cérébrales peut être mise en évidence par IRM avant qu’elle ne puisse être décelée au cours d’un examen clinique, probablement parce que le cerveau est en mesure de compenser jusqu’à un certain point les lésions qu’il a subies. Les outils novateurs qui sont mis au point par le Dr Arnold et par son équipe sont essentiels pour la planification des essais cliniques de phase III de grande envergure qui viseront l’homologation des nouveaux traitements. Par ailleurs, l’étude du Dr Arnold ouvre de nouvelles perspectives extraordinaires qui contribueront au traitement préventif des personnes dont la SP progressive n’est pas encore manifeste.

Titulaire de la subvention/projet no 2 :

Chercheur principal : Gianvito Martino, M.D., Division des sciences neurologiques, Hôpital San Raffaele, Milan (Italie), en collaboration avec 13 chercheurs de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, d’autres pays d’Europe, du Canada et des États-Unis

Titre du projet : Utilisation de la bio-informatique et de la programmation cellulaire pour créer une plateforme in vitro permettant de découvrir de nouveaux médicaments contre la sclérose en plaques progressive (étude BRAVEinMS)

Les chercheurs de l’étude BRAVEinMS s’efforcent d’identifier des molécules dotées de propriétés neuroprotectrices (c’est-à-dire capables de protéger les cellules nerveuses, ou neurones) et/ou capables de favoriser la remyélinisation (réparation de la myéline). Pour ce faire, ils se proposent de mener une étude en trois phases distinctes qui consisteront à : i) repérer des médicaments ou des composés intéressants à l’aide d’outils de bio-informatique sophistiqués conçus spécialement pour reproduire virtuellement les processus pathologiques qui sous-tendent la SP; ii) sélectionner parmi ces médicaments et ces composés ceux qui ont la capacité de protéger les cellules nerveuses ou de favoriser la remyélinisation en réalisant des tests in vitro sur des cellules nerveuses et des cellules productrices de myéline prélevées sur des rongeurs et des êtres humains; et iii) évaluer chez des modèles animaux de la SP progressive le potentiel thérapeutique des médicaments « candidats » qui auront été retenus à l’issue du processus de sélection in vitro.

L’équipe de recherche croit que l’étude BRAVEinMS lui permettra de repérer quelques molécules dotées d’un fort potentiel thérapeutique contre la SP progressive, qui n’avaient pas encore été mises au jour. Plus précisément, au cours des quatre ans qui suivront la mise en route de cette étude, elle prévoit identifier un ou deux composés destinés à l’usage humain qui pourront être utilisés dans le cadre d’essais de phase I ou II menés auprès de personnes atteintes de SP progressive. Dans cette perspective, elle s’est donné pour objectif d’entreprendre un essai clinique d’ici la fin de l’année 2020.

Titulaire de la subvention/projet no 3 :

Chercheur principal : Francisco Quintana, Ph. D., Brigham and Women's Hospital (États-Unis), en collaboration avec huit chercheurs des États-Unis, du Canada et d’Israël, dont un chercheur de Sanofi Genzyme

Titre du projet : Mise au point d’un éventail de nouveaux médicaments contre la SP progressive secondaire

Le projet du Dr Quintana a pour but de repérer des médicaments candidats susceptibles d’être efficaces contre la SP progressive, qui pourront faire l’objet d’essais cliniques menés chez l’être humain au cours des quatre années qui suivront sa mise en route. Ce projet s’articule autour d’une idée centrale, à savoir que le fait de cibler des éléments du système immunitaire inné qui sont présents dans le système nerveux central permettra de mettre au jour des stratégies thérapeutiques efficaces contre la SP progressive. Normalement, le système immunitaire inné a pour fonction de protéger l’organisme contre les infections. Mais, le Dr Quintana et d’autres chercheurs ont découvert que des cellules de ce système qui sont présentes dans le système nerveux central favorisent l’activité de la SP et d’autres maladies. Pour sa part, l’équipe du Dr Quintana a récemment cerné les mécanismes biologiques qui régissent la réponse immunitaire innée. Elle a également établi qu’en modifiant ces mécanismes par génie génétique, il est possible d’inhiber la formation de lésions nerveuses et d’influer sur l’évolution de la SP chez des modèles animaux précliniques de cette maladie. Cela dit, on ne dispose pour l’instant d’aucun médicament candidat capable de moduler l’activité des cellules du système immunitaire inné.

L’étude du Dr Quintana consistera à i) cerner les mécanismes biologiques qui régissent les réponses immunitaires innées au sein du système nerveux central; ii) évaluer les effets de médicaments candidats sur le système immunitaire inné dans des modèles expérimentaux de SP progressive; iii) analyser comment les médicaments candidats exercent leurs effets bénéfiques; et iv) repérer d’autres cibles thérapeutiques intéressantes et d’autres médicaments candidats qui influent sur le système immunitaire inné en présence d’une SP progressive.

En dépit des avancées effectuées dans le traitement des autres formes de SP, des entraves significatives ont jalonné la recherche sur la SP progressive, en raison de l’absence d’un schéma évolutif clairement défini. « Étant moi-même atteinte d’une forme progressive de SP, je peux dire que la recherche collaborative menée à l’échelle internationale sur l’une des formes de SP les moins bien comprises me donne beaucoup d’espoir », déclare Caroline Sincock, du Royaume-Uni.

« Je vis avec la SP progressive depuis 20 ans et je suis très enthousiaste au sujet de l’Alliance », affirme Marie Vaillant, vice-présidente du conseil d’administration de la Fédération internationale de la SP et présidente du conseil d’administration de la Division de l’Ontario et du Nunavut de la Société canadienne de la SP. « Favoriser la collaboration entre les chercheurs du monde entier voués à l’approfondissement des connaissances sur le processus évolutif de la SP, concevoir des essais cliniques et mettre au point de nouveaux traitements s’avèrent essentiels pour les personnes atteintes d’une forme progressive de SP, qui ne disposent encore d’aucun traitement. »

LES FAITS

À propos de la SP progressive. La sclérose en plaques est une maladie chronique caractérisée par la perturbation de la transmission des signaux nerveux dans le cerveau et les autres parties de l’organisme. Sous sa forme progressive, elle s’aggrave au fil des ans. Graduellement, la SP progressive altère les fonctions et les capacités des personnes qui en sont atteintes, compromettant ainsi la vision, la mobilité, la cognition, l’aptitude au travail, voire l’autonomie de ces dernières. La SP touche des gens dans chacun des pays où elle a fait l’objet d’études. Dans le monde, on dénombre plus de 2,3 millions de cas de sclérose en plaques, parmi lesquels figurent plus d’un million de personnes présentant une forme progressive de cette maladie.

À propos de la sclérose en plaques et de la Société canadienne de la SP

Le Canada affiche le plus fort taux de sclérose en plaques du monde. Cette maladie chronique souvent invalidante cible le système nerveux central, qui comprend le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques. La SP est l’une des affections neurologiques les plus répandues parmi les jeunes adultes du Canada. Elle se manifeste généralement chez les personnes âgées de 15 à 40 ans, qui en subiront les effets imprévisibles toute leur vie. La Société de la SP offre des services aux personnes atteintes de SP et à leur famille et subventionne la recherche sur la cause et le remède de cette maladie. Pour faire un don à la Société de la SP ou pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous à scleroseenplaques.ca ou composez le 1 800 268-7582.

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À propos de l’Alliance : Le regroupement baptisé International Progressive MS Alliance (alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive – l’Alliance) constitue une initiative sans précédent dont l’objectif est de permettre la mise en commun de ressources actuelles et la collaboration entre les spécialistes de la SP à l’échelle mondiale, de sorte qu’on puisse trouver des réponses aux questions soulevées par la sclérose en plaques progressive et élaborer des moyens d’éradiquer cette dernière. L’Alliance est dirigée par les organismes de la SP des États-Unis, du Canada, de l’Italie, de l’Australie et du Royaume-Uni ainsi que par la Fédération internationale de la sclérose en plaques. Le financement et les ressources nécessaires à ses activités lui sont assurés par ces organismes et d’autres, à savoir les organismes de la SP du Danemark, de l’Espagne, de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Pour en savoir plus au sujet de l’Alliance, visitez le www.ProgressiveMSAlliance.org (site en anglais).

Personne-ressource – médias :
Matthew Higginson, Société canadienne de la SP
416 922-6065, poste 3159
matthew.higginson@mssociety.ca