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La SP pédiatrique dans les faits

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L’étude de la Dre Banwell procure des données essentielles sur la SP pédiatrique et nous rapproche du moment où la composante génétique de la SP sera enfin élucidée

Lorsque la Dre Brenda Banwell et son équipe ont lancé l’étude canadienne sur les maladies démyélinisantes pédiatriques (Canadian Pediatric Demyelinating Disease Study), en 2004, la plupart des Canadiens ignoraient alors que la sclérose en plaques (SP) pouvait se déclarer durant l’enfance. Or, grâce aux travaux financés par la Société canadienne de la SP, il a pu être établi que, chaque année, de nombreux enfants canadiens reçoivent un diagnostic de SP.

Au cours des 15 dernières années, les chercheurs chargés de cette étude ont recruté et suivi des enfants dans 23 centres de recherche, y compris tous les hôpitaux pédiatriques du Canada. Les enfants ont été vus une première fois au moment de leur premier épisode de troubles neurologiques, après quoi ils ont fait l’objet d’un suivi qui était assuré annuellement et à l’occasion de chaque poussée démyélinisante (caractérisée par la détérioration de la gaine de myéline entourant les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière). Des renseignements détaillés sur leurs symptômes, leurs antécédents familiaux, et leur santé physique et cognitive ont été recueillis à chaque visite. Des échantillons sanguins et des clichés du cerveau réalisés par IRM (imagerie de résonance magnétique) ont également été analysés.

Parmi les 585 enfants ainsi suivis figurent 133 témoins en santé et 96 enfants ayant reçu un diagnostic de SP. Les données recueillies par les chercheurs ont permis de démontrer qu’environ un enfant canadien sur 100 000 est en proie chaque année à une première poussée évocatrice de la SP. Plus de 90 p. 100 des enfants concernés se rétablissent bien de ce premier épisode, mais quelque 20 p. 100 des enfants pourtant remis finissent par recevoir un diagnostic de SP.

L’un des objectifs clés des chercheurs participant à l’étude est de comprendre pourquoi la SP s’installe chez certains enfants, alors que les autres ne subissent qu’une seule poussée démyélinisante. Le fait de découvrir les raisons pour lesquelles certains enfants subissent une seule poussée et ne voient jamais leur état évoluer vers la maladie chronique qu’est la SP permettrait d’élaborer des stratégies utiles pour le traitement de cette affection et de mener des travaux similaires auprès de personnes adultes.

À ce jour, les chercheurs ont pu constater que les enfants qui finissent par recevoir un diagnostic de SP sont plus susceptibles d’avoir contracté une infection par le virus d’Epstein-Barr et ont un taux de vitamine D moindre comparativement aux enfants qui ne subissent qu’une seule poussée démyélinisante. Les chercheurs ont aussi relevé un déséquilibre entre le nombre de cellules immunitaires « bénéfiques » (celles qui régulent les réactions immunitaires) et le nombre de cellules immunitaires « nocives » (celles qui attaquent le cerveau) chez les enfants atteints de SP.

Au moins 30 p. 100 des enfants qui vivent avec la SP sont aux prises avec des troubles de l’apprentissage et de la mémoire, et les analyses effectuées à l’aide de l’IRM ont montré que, par rapport à ceux qui n’ont pas la SP, ces enfants ont un cerveau plus petit, qui ne se développe pas comme il le devrait. Ces observations cruciales soulignent la nécessité de trouver urgemment des façons de protéger le cerveau et d’améliorer sa capacité de réparation dans le contexte de la SP.

Afin d’accroître la portée de cette étude, la Société canadienne de la SP a fait en sorte que le Children’s Hospital of Philadelphia, soit l’un des plus prestigieux hôpitaux pédiatriques des États-Unis, y participe également. Aux côtés du réseau états-unien baptisé US Pediatric Network of MS Centers, notre organisme soutient aussi une étude consacrée à ce qu’on appelle communément le « microbiote intestinal », constitué des bactéries qui résident dans l’intestin. Il collabore aussi avec d’autres centres de recherche internationaux dans le but de permettre une meilleure compréhension de la génétique de la SP.

Pour en savoir plus sur tous les travaux de recherche auxquels la Société canadienne de la SP a contribué cette année, veuillez vous reporter au numéro d’automne du bulletin Progrès en SP.

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