Société canadienne de la sclérose en plaques

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Les résultats préliminaires d’une étude démontrent qu’un traitement par cellules souches mésenchymateuses est sans danger dans le contexte de la SP

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L’analyse en cours des données recueillies portera sur les effets du traitement sur la régénérescence et la réparation

Le 10 octobre 2019. – C’est en septembre dernier, lors du Congrès du Comité européen pour le traitement et la recherche dans le domaine de la sclérose en plaques (ECTRIMS), qu’ont été présentés les premiers résultats de l’essai clinique international MESEMS (MEsenchymal StEm cells for Multiple Sclerosis), au cours duquel on a mis à l’épreuve un traitement par cellules souches mésenchymateuses (CSM) contre la sclérose en plaques. Les données recueillies lors de cette étude ont permis de démontrer que le traitement par CSM est sans danger pour les personnes atteintes de SP. Aucune différence n’a par ailleurs été constatée quant aux événements indésirables graves associés au traitement par CSM et comparativement au traitement placebo (solution inactive). Soulignons également que les résultats obtenus n’ont pas permis de mettre en évidence des effets statistiquement significatifs relativement au principal paramètre d’évaluation, soit le nombre de lésions rehaussées par un agent de contraste et mesurées par IRM à 24 semaines chez les participants ayant reçu le traitement par CSM. Les chercheurs ont toutefois décelé une forte tendance à la baisse du taux de poussées chez les participants ayant reçu le traitement par CSM, comparativement au groupe témoin. Les chercheurs poursuivent l’analyse des données recueillies afin de vérifier si le traitement à l’étude a eu une incidence sur d’autres mesures cliniques et d’IRM, notamment sur la réparation de la myéline.

Les CSM, qui sont présentes dans de nombreuses parties de l’organisme, notamment la moelle osseuse, la peau et les graisses, se sont montrées capables d’atténuer l’inflammation et de réparer le tissu nerveux, ce qui en fait de bons candidats pour le traitement de la SP.

Les données préliminaires de l’étude ont été présentées au Congrès de l’ECTRIMS par le Dr Antonio Uccelli, directeur scientifique à l’Hôpital San Martino, à Gênes, et cochercheur principal, et le Dr Mark Freedman, neurologue et directeur de la recherche sur la SP de l’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Institut de recherche sur le cerveau et le psychisme de l’Université d’Ottawa. L’étude MESCAMS (MEsenchymal Stem cell therapy for CAnadian MS patients) constitue le volet canadien de cet essai. Elle a été dirigée par le Dr Mark S. Freedman et le Dr James Marriott (du Centre des sciences de la santé de Winnipeg et de l’Université du Manitoba) et a été financée en partie par la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP, Research Manitoba, les Services alimentaires A&W du Canada Inc. et un bailleur de fonds privé.

« Cet essai clinique est le fruit d’efforts immenses consentis sur la scène internationale, auxquels ont contribué bon nombre de chercheurs, de bailleurs de fonds et de personnes atteintes de SP. La confirmation de l’innocuité des CSM en tant qu’option thérapeutique contre la SP constitue une étape majeure et un résultat important de l’étude », selon le Dr Freedman. « Nous espérons que l’analyse approfondie des données nous permettra de déterminer s’il existe un lien entre les réponses biologiques au traitement par CSM observées chez certains participants, comme la réduction des poussées ou des lésions sur les clichés d’IRM, et des données probantes de régénération tissulaire. »

Au Canada, l’étude croisée de phase II, comparative avec placebo, à répartition aléatoire et à double insu dont il est ici question s’est déroulée dans deux centres de recherche, à savoir l’Hôpital d’Ottawa et le Centre des sciences de la santé de Winnipeg. Ont pris part à cette étude des personnes atteintes de SP cyclique n’ayant pas répondu de façon optimale aux traitements existants, de même que des personnes aux prises avec une forme progressive primaire ou secondaire de la SP. Au cours de l’étude, les chercheurs ont évalué les effets indésirables pouvant être associés au traitement, ainsi que les bienfaits cliniques possibles pouvant découler de celui-ci, y compris l’atténuation de l’inflammation cérébrale, la réduction du nombre de poussées et de la progression des incapacités, et d’autres indicateurs de régénérescence possible au sein du système nerveux central (SNC).

« Cet essai nous a permis de démontrer l’innocuité des cellules souches mésenchymateuses; nous devons maintenant nous pencher sur l’ensemble des données afin de déceler tout élément qui nous indiquerait comment nous pouvons nous y prendre pour pousser nos travaux de recherche encore plus loin », indique le Dr Marriott. « La mise au point d’approches novatrices comme celle-ci est cruciale pour les quelque 77 000 Canadiens qui vivent avec la SP. »

« Les options thérapeutiques à base de cellules souches s’avèrent des plus prometteuses pour les personnes atteintes de SP. Nous sommes fiers d’investir dans des travaux de recherche portant sur les CSM en tant que traitement possible de la SP. Nous attendons avec intérêt les résultats entiers de cette étude. Nous sommes ravis d’offrir notre appui aux chercheurs de notre pays, qui contribuent à tracer la voie au chapitre de l’exploration et de la mise au point de nouveaux traitements contre la SP », souligne Pamela Valentine, Ph. D., présidente et directrice de la Société canadienne de la SP.

Les chercheurs procèdent actuellement à l’analyse de l’ensemble des données recueillies lors de l’étude; les conclusions de leurs travaux seront rendues publiques au cours des prochains mois.

Pour en savoir plus sur l’étude MESCAMES, cliquez ici.

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