Société canadienne de la sclérose en plaques

Rebif

RebifMD (interféron bêta-1a)
Numéros d’identification du médicament :
Rebif — 22 μg 02237319
Rebif — 44 μg 02237320
Rebif — trousse de départ 02281708
Rebif — cartouche multidose de 66 μg 02318253
Rebif — cartouche multidose de 132 μg 02318261
EMD Serono Canada Inc.

Rebif (interféron bêta-1a) est un type d’interféron bêta obtenu à partir de cellules de mammifères, au moyen de techniques de recombinaison de l’ADN (série de procédés utilisés pour réunir des segments d’ADN). L’interféron bêta est produit de façon naturelle dans l’organisme, en réponse à l’action de divers facteurs déclencheurs, tels des virus.

Indications et usage clinique

Rebif est indiqué pour le traitement :

  1. des formes récurrentes de SP (soit des formes caractérisées par des poussées, telles la forme cyclique (poussées-rémissions) et la forme progressive secondaire qui s’accompagne de poussées), dans le but de diminuer la fréquence et la gravité des poussées, de freiner l’aggravation des incapacités physiques, de restreindre le recours aux stéroïdes, de réduire le nombre d’hospitalisations attribuables à la SP ainsi que le nombre de lésions cérébrales mises en évidence par l’imagerie par résonance magnétique (IRM);
  2. syndrome clinique isolé (SCI) : des personnes dont l’état risque d’évoluer vers une SP cliniquement certaine (SPCC) et qui présentent au moins deux lésions cérébrales révélées par l’IRM. Ce traitement vise à retarder l’apparition d’une SPCC.

Administration et posologie

La dose couramment prescrite est de 44 μg, administrée à raison de trois fois par semaine. Rebif peut également être prescrit à 22 μg, dose également administrée trois fois par semaine. Rebif est administré par auto-injections sous-cutanées (sous la peau), à raison de trois fois par semaine. Ce médicament est présenté dans une seringue préremplie.

Mode d’action

Dans le contexte de la SP, Rebif exerce ses principaux effets en bloquant l’activité de certaines cellules immunitaires et en limitant leur passage dans le système nerveux central, où elles participent à la réaction inflammatoire et s’attaquent à la myéline.

Effets indésirables

Les effets indésirables les plus fréquents de Rebif comprennent des symptômes pseudogrippaux (fatigue, frissons, fièvre, douleurs musculaires et sudation) et des réactions au point d’injection (œdème, rougeur, décoloration de la peau et douleur). La plupart d’entre eux ont tendance à disparaître au fil du temps.

Cette liste d’effets indésirables de Rebif est partielle. Veuillez consulter la monographie de produit de Rebif pour connaître les effets indésirables potentiellement graves de ce médicament. Il importe que les personnes atteintes de SP discutent avec leur médecin des effets indésirables de tout médicament qu’elles envisagent de prendre (*Santé Canada, monographie de produit de Rebif).

Anticorps neutralisants

Chez certaines personnes traitées par l’interféron bêta, il y a production d’anticorps neutralisants. On ne sait pas toutefois si ces anticorps « neutralisent » complètement les bienfaits cliniques du traitement, quoique certaines études aient montré qu’une augmentation de ces anticorps était associée à une diminution de l’efficacité du médicament. Les recherches se poursuivent dans ce domaine ainsi que sur la mise au point d’une méthode normalisée permettant de déceler ces anticorps.

Remboursement du coût

Le coût de traitement par Rebif s’élève à environ 24 000 $ par année. Une bonne partie du coût du médicament peut être remboursée aux personnes qui répondent aux critères de prescription, et ce, en vertu de régimes d’assurance privée ou collective ou de programmes de médicaments provinciaux.

Essais cliniques

Essais cliniques sur la SP cyclique (poussées-rémissions)

Étude PRISMS : Prevention of Relapses and Disability by Interferon beta-1a Subcutaneously in Multiple Sclerosis (Prévention des poussées et des incapacités dans le contexte de la sclérose en plaques, par des injections sous-cutanées d’interféron bêta-1a)

L’étude PRISMS a permis de comparer les effets de Rebif administré à deux doses différentes (44 μg et 22 μg, trois fois par semaine) à ceux d’un placebo (substance inactive) chez 560 personnes atteintes de la forme cyclique (poussées-rémissions) de la SP. Durant les deux années de l’étude, les deux doses de Rebif se sont montrées plus efficaces que le placebo quant à la diminution du nombre et de la fréquence des poussées de SP. Le nombre de poussées a diminué d’environ un tiers chez les patients qui ont été traités par la dose la plus élevée de Rebif. De plus, la progression de l’incapacité a été ralentie dans les groupes traités par Rebif, et la proportion de patients qui n’ont subi aucune poussée était plus élevée dans ces groupes que dans le groupe placebo1. Un autre compte rendu, portant sur les résultats des examens d’IRM, a révélé que Rebif avait réduit le nombre de lésions cérébrales, comparativement au placebo2.

Essais cliniques auprès de personnes ayant subi un épisode unique de troubles neurologiques évocateurs de la SP

Étude ETOMS : Effects of Early Treatment on Conversion to Definite MS (Effets du traitement précoce sur le développement d’une SP certaine).

Cette étude avait pour objet les effets de Rebif sur la survenue de poussées de SP parmi 308 personnes atteintes de SP, dont l’état risquait d’évoluer vers une SP cliniquement certaine, mais chez qui la maladie n’avait pas encore été diagnostiquée. Après deux années de traitement, les participants du groupe traité étaient moins nombreux (34 %) à présenter une SP cliniquement certaine que ceux du groupe témoin (45 %), ce qui représente une réduction du risque de SP de 24 %. Rebif a également eu un effet positif sur la fréquence des poussées et sur les résultats de l’IRM, comparé au placebo3.

Essais cliniques sur la SP progressive secondaire

Étude SPECTRIMS : Secondary-Progressive Efficacy Clinical Trial of Recombinant Interferon beta-1a in MS (Essai clinique sur l’efficacité de l’interféron bêta-1a recombinant dans le contexte de la SP progressive secondaire)

Dans le cadre de l’étude SPECTRIMS, 618 personnes atteintes d’une forme progressive secondaire de SP ont été traitées soit par Rebif soit par un placebo, durant trois ans. Les résultats montrent que Rebif n’a pas freiné l’évolution de la maladie. Ce médicament a cependant permis de réduire le nombre de poussées de SP4, comparativement au placebo. Il a également été associé à une diminution du nombre de lésions cérébrales mises en évidence par l’IRM5.

Programme d’information sur le médicament

Source de renseignements supplémentaires à l’intention des personnes atteintes de SP : Programme Soutien Personnalisé, au 1 877 777‑3243.

Références

  1. PRISMS STUDY GROUP (Groupe de l’étude PRISMS). « Randomised double-blind placebo-controlled study of interferon beta-1a in relapsing/remitting multiple sclerosis », Lancet, 1998; 352: 1498-1504.
  2. LI, D. K. B., D. W. PATY, UBC MS/MRI ANALYSIS RESEARCH GROUP (Groupe de recherche sur les examens d’IRM dans le contexte de la SP), PRISMS STUDY GROUP (Groupe de l’étude PRISMS). « Magnetic resonance imaging results of the PRISMS trial: a randomized, double-blind, placebo-controlled study of interferon-beta1a in relapsing-remitting multiple sclerosis », Ann Neurol, 1999; 46: 197-206.
  3. COMI, G., M. FILIPPI, F. BARKHOF et coll. « Effect of early interferon treatment on conversion to definite multiple sclerosis: a randomised study », Lancet, 2001; 357: 1576-1582.
  4. SPECTRIMS STUDY GROUP (Groupe de l’étude SPECTRIMS). « Randomized controlled trial of interferon beta-1a in secondary progressive MS », Neurology, 2001; 56: 1496-1504.
  5. LI, D. K. B., G. J. ZHAO, D. W. PATY et coll. « Randomized controlled trial of interferon beta-1a in secondary progressive MS: MRI results », Neurology, 2001; 56: 1505-1513.

RebifMD est une marque déposée de EMD Serono Canada Inc.