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Société canadienne de la sclérose en plaques

Nouvelles récentes sur la recherche en SP

Optimisation du traitement contre la sclérose en plaques : nouvelles recommandations du CMSWG (Canadian Multiple Sclerosis Working Group)

Le Canadian Multiple Sclerosis Working Group (CMSWG – groupe de travail canadien sur la sclérose en plaques), regroupant des neurologues membres du Réseau canadien des cliniques de SP, vient de réviser ses recommandations destinées à optimiser l’utilisation des médicaments modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP) chez les personnes atteintes de quelque forme que ce soit de SP et parmi diverses populations particulières (femmes enceintes, enfants et adolescents). Ces recommandations fournissent des lignes directrices quant à l’amorce d’un traitement, au suivi du patient et au changement de médicament, et visent à assurer un traitement optimisé selon l’état de santé de chaque patient et l’évolution de la maladie chez ce dernier. Les seize recommandations du groupe sont résumées ci-après. Pour en savoir plus à ce sujet, il suffit d’accéder à la description de chaque recommandation en cliquant ici.

Instauration du traitement

Les critères diagnostiques établis en 2017 et révisés récemment permettent aux neurologues canadiens de poser un diagnostic de sclérose en plaques plus rapidement et de manière plus exacte qu’auparavant, ce qui implique qu’il est maintenant possible de recourir plus précocement à un MMÉSP. Il est notamment recommandé que les personnes qui viennent de recevoir un diagnostic de SP cyclique commencent sans délai un tel traitement afin de réduire, dans leur cas, les risques d’aggravation des incapacités au fil du temps. Les personnes chez qui un diagnostic de SP progressive primaire (SPPM) a été posé pourraient répondre aux critères établis pour l’amorce d’un traitement par l’ocrélizumab, soit l’unique MMÉSP approuvé pour cette forme de SP. Les personnes atteintes d’une forme progressive primaire de SP qui sont âgées de moins de 55 ans et celles chez qui une phase active de cette maladie a été diagnostiquée récemment ont des chances accrues de répondre à un traitement par l’ocrélizumab.

Le choix du MMÉSP à utiliser devrait être établi conjointement par le neurologue et son patient. Lors du processus décisionnel, les personnes atteintes de SP devraient aborder avec leur médecin toutes les questions et les préoccupations qu’elles pourraient avoir relativement aux différents MMÉSP ainsi qu’aux risques et aux bienfaits de ces médicaments.

En plus du recours à un MMÉSP, de nombreuses autres stratégies peuvent être envisagées par les personnes atteintes de SP et leur équipe soignante quant à la prise en charge de cette maladie. Il peut s’agir d’apporter des changements à son mode de vie – comme l’abandon du tabagisme, l’adoption d’une alimentation équilibrée, le maintien d’un poids santé et la pratique de l’exercice – et de prendre en charge d’éventuels troubles de santé mentale et autres maladies concomitantes (hypertension, diabète, etc.).

Suivi du patient, changement de traitement et cessation du traitement

De façon régulière, les neurologues doivent surveiller l’évolution de la SP chez leurs patients à l’aide de techniques d’évaluation normalisées, y compris l’échelle élaborée d’incapacité (EDSS), l’épreuve de la marche chronométrée sur 8 m (timed 25-foot walk) ainsi que divers tests de la fonction cognitive. Le suivi est une composante clé du traitement de la SP. Il permet de déterminer si le patient répond au MMÉSP qui lui est administré, s’il est nécessaire d’opter pour un MMÉSP plus efficace, ou si un autre plan de traitement doit être envisagé. Chaque patient devrait consulter son neurologue traitant relativement à la fréquence de ses visites de suivi.

De plus, la réponse du patient au MMÉSP utilisé doit être évaluée au moyen d’examens par IRM annuels, dont les résultats seront comparés par le neurologue à ceux du premier examen par IRM réalisé après l’instauration du MMÉSP (examen de référence). Si l’un des examens d’IRM de suivi révèle la formation d’au moins trois nouvelles lésions au cours d’une année de traitement par un MMÉSP, un changement de traitement pourrait être recommandé. À l’inverse, si les résultats d’IRM d’un patient demeurent stables (aucune nouvelle lésion constatée) durant plusieurs années, il n’est généralement plus nécessaire de procéder à un suivi annuel par IRM.

Diverses analyses en laboratoire (tests sanguins, mesure de la tension artérielle, analyse d’urine) et vaccins de rappel s’imposent avant l’amorce d’un traitement par un MMÉSP, de même que durant le traitement (dans le cas de certains MMÉSP) conformément aux recommandations en matière de surveillance.

Bon nombre de personnes qui ont d’abord reçu un diagnostic de SP cyclique verront leur état évoluer vers la forme progressive secondaire de la SP (SPPS), caractérisée par une progression plus graduelle, par des poussées moins fréquentes ou l’absence de poussées, ainsi que par une accumulation des incapacités. Après l’apparition de cette forme de SP, il convient généralement de continuer de prendre le MMÉSP administré jusqu’alors. Un nouveau médicament approuvé pour le traitement des personnes qui présentent une forme active de SPPS est maintenant offert au Canada, alors qu’il ne l’était pas au moment de l’établissement des nouvelles recommandations. Il s’agit du siponimod, dont l’utilisation pourrait convenir à certaines personnes qui en sont aux premiers stades d’une SPPS en phase active (caractérisée par des poussées et de nouvelles lésions mises en évidence par l’IRM).

Les neurologues peuvent envisager la possibilité de cesser un traitement par un MMÉSP dans le cas des patients atteints de SP qui ont plus de 60 ans et dont l’état s’est révélé stable (absence de poussées et activité de la maladie non décelée par IRM) au cours des cinq dernières années.

Grossesse et MMÉSP

Les femmes qui envisagent de concevoir un enfant sont invitées à en discuter avec leur neurologue. Si une grossesse est possible, il est préférable d’attendre que la maladie soit stable depuis quelque temps. Les femmes qui souhaitent avoir un enfant doivent obtenir des conseils sur l’utilisation des MMÉSP, car certains de ces médicaments sont contre-indiqués avant la conception, pendant la grossesse ainsi que lors de l’allaitement. Il importe de comprendre les risques potentiels des MMÉSP en ce qui a trait à la grossesse et à l’allaitement. Des résultats de recherche donnent à penser que l’allaitement pourrait freiner l’activité de la SP après l’accouchement.

MMÉSP et SP pédiatrique

Bien que la SP soit rare parmi les enfants, cette maladie peut faire son apparition chez certains d’entre eux. Les facteurs susceptibles d’accroître le risque de SP chez les enfants et les adolescents comprennent une carence en vitamine D, le tabagisme, l’exposition à la fumée secondaire et l’obésité. Le recours à un MMÉSP est recommandé pour le traitement des enfants ayant reçu un diagnostic de SP. Un seul MMÉSP, à savoir le fingolimod, a été approuvé par Santé Canada pour les cas de SP pédiatrique. Toutefois, tous les MMÉSP utilisés dans le traitement des adultes atteints de SP le sont également dans la prise en charge de la SP pédiatrique et contribuent probablement au ralentissement de l’activité de cette maladie chez les jeunes. Les enfants traités par un MMÉSP doivent faire l’objet d’un suivi continu visant à permettre la prise en charge des effets secondaires du médicament employé ainsi que l’évaluation de la réponse à ce dernier.


Pour en savoir plus à ce sujet, il suffit d’accéder à la description de chaque recommandation en cliquant ici.

Pour consulter l’article publié au sujet des nouvelles recommandations du CMSWG, veuillez cliquer ici (en anglais).

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