Société canadienne de la sclérose en plaques

Sclérose en plaques progressive

La sclérose en plaques (SP) progressive est décrite comme l’accumulation graduelle de lésions nerveuses et d’incapacités cliniques; cela dit, comme on est loin d’avoir établi une définition exacte de cette maladie et d’avoir fait toute la lumière sur les processus pathologiques sous-jacents à celle-ci, il est difficile de poser un diagnostic précis dans ce cas et de trouver des traitements efficaces.

Il existe diverses formes de SP progressive. La SP progressive primaire (SPPP) est caractérisée par une progression continue des symptômes. Environ 15 p. 100 des personnes atteintes de SP présentent cette forme de la maladie. La SPPP diffère considérablement de la SP cyclique, soit la forme de SP qui est diagnostiquée le plus souvent (environ 85 p. 100 des diagnostics de SP), et ce, à plusieurs égards : elle est souvent diagnostiquée après 40 ans, sa fréquence est la même chez les deux sexes, et elle n’est presque jamais diagnostiquée durant l’enfance. La SP progressive secondaire (SPPS) se déclare sous une forme cyclique, qui évolue avec le temps vers une forme progressive. La SPPS peut être active (évolution par poussées) ou non (évolution permanente en l’absence de poussées). Des études réalisées avant la mise au point des médicaments modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP; également appelés immunomodulateurs) indiquaient qu’à peu près la moitié des personnes atteintes de SP cyclique finissent par voir leur maladie évoluer vers une SPPS au cours des 10 à 20 ans qui suivent l’établissement du diagnostic initial. Des données probantes montrent que l’instauration précoce d’un traitement par un MMÉSP peut influer sur l’évolution de la SP et retarder cette transition vers la SPPS; cela dit, il faut poursuivre les travaux pour déterminer dans quelle mesure les médicaments utilisés actuellement agissent sur la progression de la maladie.

Défis relatifs à la recherche sur la SP progressive

Force est de constater qu’au cours des deux dernières décennies, il y a eu une forte augmentation du nombre de travaux de recherche sur la SP et de nouveaux traitements contre cette maladie. À ce jour, Santé Canada a approuvé plus d’une douzaine de MMSÉP pour le traitement de la SP (on compte notamment un médicament contre la SPPP et plusieurs médicaments contre la SPPS en phase active). Ces médicaments, dont l’innocuité et l’efficacité ont été démontrées dans le traitement des formes cycliques de la SP, ciblent principalement l’inflammation du système nerveux central (SNC). Or, on a établi que l’inflammation contribue dans une moindre mesure à l’évolution de la SP progressive, qui est essentiellement caractérisée par une neurodégénérescence et une défaillance des mécanismes de réparation (remyélinisation). C’est ce qui explique en partie pourquoi les anti-inflammatoires qui sont utilisés dans le traitement de la SP cyclique n’influent à peu près pas sur l’évolution de la SP progressive.

Des essais cliniques rigoureux et bien conçus se poursuivent en vue de la collecte de données de recherche solides et de la mise au point de traitements novateurs contre la SP progressive. Malgré cela, les chercheurs doivent surmonter des obstacles de taille pour atteindre cet objectif. Par exemple, ils ont l’habitude d’évaluer l’activité de la SP cyclique en mesurant la fréquence des poussées et l’évolution des lésions cérébrales. Ces deux paramètres d’évaluation ont été mis à l’épreuve à maintes reprises et constituent désormais des indices fiables de l’efficacité de tout médicament destiné au traitement de cette forme de SP. Cela dit, ils ne se sont pas révélés aussi utiles dans le cas de la SP progressive, qui, comme on l’a mentionné précédemment, diffère de la SP cyclique à plusieurs égards. Par conséquent, il est difficile d’évaluer les effets des traitements sur la SP progressive et de déceler une progression de la maladie (contrairement à la SP cyclique). Reste à identifier des biomarqueurs (marqueurs biologiques qui permettent de détecter la présence d’une maladie ou de mesurer l’efficacité d’un traitement) de la progression de la SP. Fort heureusement, des progrès prometteurs ont été réalisés dans ce domaine de recherche.

À cette première difficulté s’ajoute la probabilité que le nombre de participants aux essais cliniques sur la SP progressive soit faible et que le taux d’abandon, lui, soit élevé. Ensuite, comme les patients atteints de SP progressive sont généralement plus âgés que ceux qui sont atteints de SP cyclique et qu’ils sont plus susceptibles qu’eux d’avoir des maladies concomitantes (c’est-à-dire d’autres maladies qui coexistent avec la SP), il peut être difficile d’interpréter les résultats de ces essais. Quoi qu’il en soit, un certain nombre d’études canadiennes et internationales prometteuses qui sont menées actuellement sur la SP progressive contribueront à l’identification de biomarqueurs, à la définition de facteurs de risque génétiques, à la compréhension de la physiopathologie de cette maladie, ainsi qu’au traitement et à la réadaptation des personnes qui en sont atteintes. Poursuivez votre lecture pour obtenir un complément d’information à ce sujet.

Traitements de la SP progressive

La progression de la SP est essentiellement attribuable à une neurodégénérescence (perte de neurones provoquée ou non par un processus inflammatoire) et à une défaillance des mécanismes de réparation, comme la remyélinisation. Il est donc essentiel de poursuivre les travaux sur ces mécanismes non inflammatoires pour déceler de nouvelles cibles de traitement de la SP progressive. Les personnes qui vivent avec une SPPP à un stade précoce ou une SPPS en phase active ont déjà quelques options à leur disposition. À ce jour, l’Ocrevusmd (ocrélizumab) est le seul MMÉSP à avoir reçu un avis de conformité avec conditions au Canada pour le traitement de la SPPP à un stade précoce, qui est définie par la durée de la maladie et le degré d’incapacité (mesuré au moyen de l’échelle d’incapacités de Kurtzke ou échelle EDSS) et par des signes d’inflammation caractéristiques de la SP à l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’Ocrevus agit comme un immunomodulateur, c’est-à-dire qu’il se lie aux lymphocytes B (type de globules blancs) potentiellement nocifs et provoque la destruction de ces cellules chez les personnes atteintes de SP. Pour en savoir plus sur le mode d’action de l’Ocrevus, vous pouvez consulter la page consacrée à ce produit.

Santé Canada a également approuvé le Mayzentmc (siponimod) pour le traitement de la SPPS en phase active chez l’adulte en cas d’activité de la maladie révélée par des poussées ou la présence de signes d’inflammation caractéristiques de la SP sur les examens d’IRM. Le traitement par ce médicament vise à retarder la progression des incapacités physiques. Veuillez vous reporter à la page consacrée au Mayzent pour obtenir davantage d’information sur ce produit.

Mentionnons en outre que certaines préparations à base d’interféron ont été approuvées par Santé Canada pour le traitement de la SPPS en phase active. Il s’agit de l’interféron bêta-1a (Avonexmd, Rebifmd) et de l’interféron bêta-1b (Extaviamd et Betaseronmd).

Les personnes qui vivent avec la SPPS ou la SPPP peuvent également avoir recours à la réadaptation et à des stratégies de prise en charge des symptômes pour maîtriser leur maladie. Plus particulièrement, il a été établi que l’exercice constitue une intervention associée à un bon rapport coût-efficacité et ayant des effets bénéfiques sur les fonctions motrices et cognitives des personnes atteintes de SP. Nous encourageons les personnes qui vivent avec une forme progressive de la SP à se renseigner auprès de leur équipe soignante sur les options thérapeutiques qu’elles ont à leur disposition.

Pour obtenir de l’information sur les récents travaux de recherche sur la SP progressive et sur les traitements en préparation contre cette maladie, consultez la page du site Web de la Société de la SP intitulée Traitements à l’étude.

Contribution du Canada à la recherche sur la SP progressive

La Société canadienne de la SP a placé la SP progressive aux premiers rangs de ses priorités en matière de recherche. Sont résumées ci‑dessous quelques études de recherche financées par la Société canadienne de la SP et la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP, qui pourraient avoir des répercussions tangibles dans les principaux domaines de recherche dignes d’intérêt : cause de la SP et facteurs de risque de cette maladie, diagnostic de la SP, SP progressive, réparation et remyélinisation, fonctions cognitives et santé mentale, et modifications des habitudes de vie.

1. Titre de l’étude : Caractérisation des voies inflammatoires et neurodégénératives qui sous-tendent l’expression clinique de la SP progressive primaire

Mme Jacqueline Quandt, Ph. D. (Université de la Colombie-Britannique), et son équipe se sont proposé de caractériser le premier modèle murin (souris) de SP porteur d’une mutation génétique à l’origine d’une forme familiale de la SPPP. L’élaboration d’un nouveau modèle animal reproduisant fidèlement les caractéristiques de la SPPP permettra aux chercheurs d’approfondir leur compréhension des mécanismes sous-jacents à cette maladie et de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques.

2. Titre de l’étude : Amélioration de la fonction cognitive chez les personnes atteintes de SP progressive : essai à répartition aléatoire et à simple insu, mené auprès de plusieurs groupes de participants, dont un groupe témoin, et consacré à la réadaptation cognitive et à l’exercice aérobique (étude CogEx)

L’étude CogEx menée par le Dr Anthony Feinstein (Centre des sciences de la santé Sunnybrook) et son équipe de recherche internationale consiste à déterminer si la réadaptation cognitive, les exercices aérobiques ou l’association de ces deux types d’intervention permettront l’amélioration des fonctions cognitives des personnes atteintes de SP progressive.

3. Titre de l’étude : Exploration des interactions entre les cellules immunitaires et la microglie dans le contexte de la SP progressive

Ce projet financé par une subvention d’étude coopérative par équipe et mené par Mme Jennifer Gommerman, Ph. D. (Université de Toronto), et le Dr Alexandre Prat (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) portera sur les facteurs moléculaires qui régissent la progression de la SP. Les chercheurs visent à mettre au jour le processus de transition entre la SP cyclique et la SPPS et à recueillir des données qui leur permettront d’expliquer pourquoi bon nombre des médicaments actuellement utilisés dans le traitement de la SP s’avèrent inefficaces contre la SPPS.

Pour en savoir davantage sur les études subventionnées par la Société de la SP, cliquez ici.

L’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive : une initiative internationale sans précédent

Il y a plus de 2,8 millions de personnes qui vivent avec la SP dans le monde. Jusqu’à 65 p. 100 des personnes atteintes de SP cyclique voient leur maladie évoluer vers une SPPS.

C’est en 2012 que l’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive (couramment appelée l’Alliance) a été établie par ses six membres fondateurs (soit la Société canadienne de la SP, les organismes italiens, hollandais, britannique et états-unien de la SP et la Fédération internationale de la SP), qui ont décidé d’unir leurs efforts pour mettre en valeur et accélérer les progrès thérapeutiques en vue de stopper la SP progressive. Dans un premier temps, l’Alliance s’est attelée à réunir les plus grands experts de la SP du monde, afin qu’ils cernent les lacunes importantes qui existent sur le plan des connaissances sur la SP progressive et du traitement de cette maladie, et, partant de là, les progrès à réaliser pour changer la vie des personnes qui en sont atteintes.

Le rôle de moteur du progrès que s’est donné l’Alliance s’articule autour de trois grands objectifs :

1. Exercer un leadership international : s’assurer que la recherche cible les entraves à l’élaboration de traitements, est intégrée à l’ensemble de la collectivité de la SP, et fait l’objet d’évaluations et de raffinements systématiques.

2. Favoriser l’innovation : mettre à profit les travaux de recherche en cours et susciter de nouvelles découvertes et la réalisation de nouvelles études en mettant en place un programme de financement de grande envergure.

3. Faciliter le financement : mobiliser des ressources à l’échelle internationale afin de subventionner les meilleurs projets de recherche, quel que soit leur pays d’origine, et mobiliser l’énergie de la communauté scientifique de façon à obtenir rapidement les résultats qui recèlent le plus de potentiel et qui influeront le plus sur la vie des personnes aux prises avec la SP progressive.

En 2016, l’Alliance a annoncé la liste des lauréats des Collaborative Network Awards, prix d’excellence destinés à subventionner des réseaux de recherche coopérative internationaux axés sur la recherche transformatrice. Trois des réseaux de recherche les plus prometteurs se sont vus accorder un montant total de 12,4 millions d’euros (soit approximativement 18,6 millions de dollars canadiens) sur trois ans :

1. Titre de l’étude : Identification d’un biomarqueur pour l’évaluation de l’évolution de l’incapacité au cours des essais cliniques

Ce réseau de recherche est dirigé par le Dr Douglas Arnold, de l’Université McGill (Canada), en collaboration avec 16 chercheurs des Pays-Bas, du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Suisse. Le Dr Arnold consacre ses efforts à l’élaboration de la prochaine génération d’outils d’évaluation de l’évolution de la SP progressive. Son équipe de recherche fait figure de pionnière en ce qui a trait à l’identification de marqueurs de l’évolution de la SP sur les examens d’IRM et à l’utilisation de ces marqueurs au cours d’essais cliniques en phases préliminaires sur les traitements contre la SP progressive.

2. Titre de l’étude : Utilisation de la bio-informatique et de la programmation cellulaire en vue de la création d’une plateforme in vitro permettant de découvrir de nouveaux médicaments contre la sclérose en plaques progressive (étude BRAVEinMS)

Ce réseau de recherche est dirigé par le Dr Gianvito Martino, de la Division des neurosciences de l’Hôpital San Raffaele de Milan (Italie), qui collabore avec 13 autres chercheurs de l’Europe (de l’Italie, de la France et de l’Allemagne, entre autres), du Canada et des États-Unis. Il s’emploie à identifier les molécules les plus susceptibles d’être utilisées à des fins thérapeutiques contre la SP progressive. Il s’agit de molécules qui pourraient exercer des effets neuroprotecteurs, ou être capables de stimuler la réparation de la myéline, ou encore être dotées de ces deux propriétés. Les membres du réseau prévoient sélectionner plusieurs bons candidats pour les essais cliniques d’ici la fin de leur projet.

3. Titre de l’étude : Mise au point d’un éventail de nouveaux médicaments contre la SP progressive

Ce réseau de recherche est dirigé par M. Francisco Quintana, Ph. D., du Brigham and Women’s Hospital (États-Unis), en collaboration avec huit chercheurs des États-Unis, du Canada et d’Israël, dont un chercheur de Sanofi Genzyme. Il s’est donné pour objectif de repérer des médicaments candidats susceptibles d’être efficaces contre la SP progressive d’ici la fin du projet.

Cliquez ici pour en savoir plus sur les réseaux de recherche coopérative de l’Alliance.


Quoi de neuf du côté de l’Alliance?

En mai 2019, l’Alliance a convoqué les membres de ces trois réseaux de recherche à une réunion visant à marquer l’atteinte de la mi-parcours de ces projets ambitieux et au cours de laquelle étaient prévus un point d’information sur l’état d’avancement des travaux et l’exploration de possibilités et d’éventuelles collaborations susceptibles d’accélérer les progrès. Consultez notre blogue pour obtenir un complément d’information sur les progrès réalisés.

À la suite de cette réunion, Jon Strum, membre du comité scientifique directeur de l’Alliance, a fait le commentaire suivant : « Cela m’a rappelé l’annonce des subventions accordées aux réseaux de recherche collaborative, il y a deux ans. À l’époque, l’analyse se limitait au cadre conceptuel. Mais nous voici maintenant à mi-parcours, témoins de l’ampleur des avancées scientifiques et des progrès réels qui ont été réalisés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le travail qui a été accompli est impressionnant. Le progrès est porteur d’espoir, et nous n’aurions pas pu imaginer une plus grande source d’espoir que cette réunion sur les travaux en cours. »

En 2019, l’Alliance a mis sur pied le programme de bourses de recherche axée sur les défis posés par la SP progressive dans le but de financer des propositions de recherche qui remettent en question les théories actuelles sur cette affection ou les approches traditionnelles utilisées pour l’étude des mécanismes qui sous-tendent la SP. L’objectif de ce programme de financement est de donner à des chercheurs la possibilité de mettre au jour des mécanismes encore inconnus qui pourraient être à l’origine de la SP progressive et dont l’étude permettrait de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques à exploiter pour ralentir ou stopper la progression de l’incapacité. L’Alliance s’est proposé de financer des propositions de recherche particulièrement risquées qui pourraient aboutir à un changement de paradigme. La valeur maximale de chaque bourse est de 75 000 € (environ 110 000 $) pour une période de 12 mois, et jusqu’à 15 bourses pourraient être attribuées dans le cadre de ce programme. Les décisions en matière de financement sont prévues en 2021.

En outre, l’Alliance a entrepris de nouvelles initiatives stratégiques en vue d’accélérer les activités en cours et les progrès réalisés et a formé des équipes de mise en œuvre composées de membres de son comité scientifique directeur, de membres de son forum de l’industrie, d’experts de renommée internationale et de personnes touchées par la SP. Les activités de ces équipes de mise en œuvre s’articuleront essentiellement autour de trois axes fondamentaux de la recherche sur la SP progressive :

  • établissement de stratégies permettant d’accélérer les essais cliniques sur la SP progressive;
  • identification de biomarqueurs de la SP progressive;
  • amélioration du bien-être des personnes qui vivent avec la SP progressive (stratégies non médicamenteuses).

En septembre 2020, l’équipe de mise en œuvre de l’Alliance qui se consacre à l’identification de biomarqueurs de la SP progressive a publié un premier article dans la revue Neurology, qui présente des données probantes sur l’un des biomarqueurs les plus prometteurs, à savoir le neurofilament à chaîne légère (NfL). Composante importante des cellules nerveuses, le NfL est libéré dans la circulation sanguine en cas de lésion nerveuse ou de neurodégénérescence. De récentes études sur la SP ont permis de démontrer que le taux sanguin de NfL pourrait fournir de l’information sur les effets des traitements chez les personnes atteintes de SP cyclique ou de SP progressive. Il permet en outre de prédire les taux de poussées, la détérioration tissulaire cérébrale et la progression des incapacités, et peut être utilisé comme marqueur de la réponse aux traitements. Cet article ainsi que les travaux continus de l’Alliance permettront de faire un pas de plus vers l’atteinte de l’objectif qui consiste à accélérer la découverte de nouveaux traitements contre la SP progressive. Pour en savoir plus sur le NfL, veuillez consulter la section « Nouvelles récentes sur la recherche en SP » de notre site Web.


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